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Comment faire manger des légumes aux enfants sans forcer ?

Comment faire manger des légumes aux enfants sans forcer ?

Virginie Verglas Mis à jour le 30/09/2026 6 min

Votre enfant repousse les haricots verts qu’il avalait sans broncher l’an dernier ? Rassurez-vous, c’est l’une des étapes les plus banales de l’enfance. Manger Bouger, le site de Santé publique France, le résume dans son titre même : entre 2 et 6-8 ans, votre enfant s’oppose, et c’est normal (Manger Bouger). Cette phase se traverse avec de la patience, de la répétition et quelques bonnes recettes de famille.

Pourquoi l’enfant ne veut pas manger de légumes

Jusqu’à 2 ans environ, la plupart des enfants acceptent assez facilement les nouveaux aliments. Ensuite, beaucoup deviennent plus « difficiles », parfois pendant plusieurs années, et peuvent même rejeter ce qu’ils aimaient avant, les légumes en premier (même source).

Cette méfiance a un nom : la néophobie alimentaire, la réticence à goûter un aliment inconnu. Selon l’Association française de pédiatrie ambulatoire, 77 % des enfants sont néophobes entre 2 et 10 ans (Santé.fr, fiche de l’AFPA). Les enfants sont spontanément attirés par le gras et le sucré, et rejettent l’acide et l’amer, deux saveurs fréquentes dans les légumes verts. Cette prudence est naturelle, et l’éducation au goût l’apprivoise peu à peu.

Proposer, reproposer, sans jamais forcer

Remettez le légume sur la table, encore et encore. L’AFPA conseille de présenter le même aliment 7 à 8 fois en moyenne lorsqu’il a été refusé au départ, et sous des formes différentes (Santé.fr, même fiche). Un légume n’a pas le même goût ni le même aspect en salade, en tarte ou dans un pot-au-feu, rappelle aussi Manger Bouger.

Un soir de fatigue, nous avons presque toutes insisté pour une dernière bouchée ou promis le dessert. Voici ce qui aide davantage :

  • Ne forcez pas. Insister transforme le repas en bras de fer. Moins vous vous braquez, plus il y a de chances que l’enfant y regoûte d’ici quelques semaines ou quelques mois (Manger Bouger).
  • Pas de chantage. « Si tu manges ton poisson, tu auras une glace » associe la nourriture à la récompense ou à la punition, et ne donne aucune valeur à l’aliment (Manger Bouger).
  • Ne compensez pas. S’il refuse un plat, évitez de lui donner plus de dessert ou un gros goûter à la place, et prévenez la nounou ou les grands-parents qui le gardent (Manger Bouger).
  • Servez de petites portions. Inutile de l’obliger à finir son assiette : un enfant apprend à écouter sa faim et sa satiété (Santé.fr).

Le faire participer, de l’étal à la casserole

Un enfant goûte plus volontiers ce qu’il a choisi, touché, préparé. Emmenez-le au marché, laissez-le choisir une courge ou une botte de radis, nommez les légumes ensemble. Au retour, confiez-lui des tâches à sa taille : laver les légumes, écosser les petits pois, équeuter les haricots, déchirer la salade, tourner la cuillère dans la soupe tiède, hors du feu.

Pas de jardin ? Un pied de tomates ou du basilic en pot sur le balcon suffit à lui faire sentir des odeurs et découvrir des formes, suggère Manger Bouger. Et le jour de la cueillette, il sera fier de goûter sa propre récolte.

Le plus efficace reste de manger soi-même les légumes avec plaisir, à la même table, télévision éteinte (Santé.fr). L’enfant imite bien plus qu’il n’obéit.

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Nos astuces de grand-mère en cuisine

Dans une crèche où les enfants se servaient eux-mêmes, 15 % ont choisi le chou-fleur en salade, contre 56 % le chou-fleur en gratin (Santé.fr, fiche de l’AFPA). Nos grands-mères le savaient sans avoir lu d’étude :

  • Le gratin. Une béchamel et un peu de fromage adoucissent l’amertume. Notre gratin de chou-fleur crémeux est souvent la porte d’entrée vers ce légume mal aimé.
  • La soupe et le velouté. Mixés, les légumes perdent la texture qui rebute. La soupe de potimarron, douce et un peu sucrée, plaît aux petits dès l’automne.
  • Les galettes. Croustillantes, elles se mangent avec les doigts. Nos galettes de quinoa aux légumes mêlent carottes et poireaux.
  • Le plat de famille revisité. Dans un hachis parmentier végétarien, carottes, champignons et lentilles se glissent sous la purée gratinée.
  • Les bâtonnets et la sauce. Carottes, concombre ou radis crus à tremper dans un fromage blanc aux herbes : ajouter une sauce aide aussi, note l’AFPA.
  • L’assiette qui amuse. Des rondelles de courgette pour les yeux, une lamelle de poivron pour le sourire : un visage dans l’assiette décrispe les plus méfiants.

Un mot sur les légumes « cachés » dans les plats : ils apportent des fibres et des vitamines, mais un enfant qui ne voit jamais la carotte n’apprend pas à aimer la carotte. Nous conseillons de jouer franc jeu (« il y a de la courgette dans ce gâteau, tu la sens ? ») et de servir aussi le légume sous une forme reconnaissable, même en toute petite quantité.

Quand consulter ?

Le plus souvent, cette phase passe sans laisser de trace sur la santé de l’enfant. Parlez-en à votre médecin ou au pédiatre si :

  • l’enfant perd du poids ou si sa courbe de croissance décroche dans son carnet de santé ;
  • il ne mange plus qu’un seul type d’aliments ou une poignée d’aliments, ce que l’AFPA appelle l’hyper-sélectivité, avec un risque de carences (Santé.fr) ;
  • il a peur de manger, par crainte de s’étouffer ou de vomir ;
  • les repas sont devenus une source d’angoisse pour toute la famille, ou l’enfant évite les repas avec les autres.

Ces signes peuvent évoquer un trouble de la prise alimentaire évitant/restrictif (ARFID), qui se distingue d’un enfant simplement difficile : dans ce dernier cas, seuls quelques aliments sont refusés, et l’appétit, la croissance et le développement restent normaux (Manuel MSD). Seul un médecin peut faire la différence et orienter, si besoin, vers un spécialiste.

FAQ

Jusqu’à quel âge dure la néophobie alimentaire ?

Elle apparaît le plus souvent vers 2 ans et s’atténue en général entre 6 et 8 ans, d’après Manger Bouger. Certains enfants restent difficiles plus longtemps, sans que ce soit inquiétant tant qu’ils grandissent bien.

Mon enfant ne veut pas manger de légumes, faut-il le forcer ?

Non. Forcer, punir ou promettre un dessert rend le légume encore moins désirable. Proposez-le régulièrement, en petite quantité et sous des formes variées, et mangez-en vous-même devant lui : c’est la répétition qui finit par payer, 7 à 8 fois en moyenne selon l’AFPA.

Faut-il cacher les légumes dans les plats des enfants ?

Glisser des légumes dans une sauce, une purée ou un gâteau ne fait pas de mal, mais ne suffit pas. Pour que l’enfant apprenne à les aimer, il doit aussi les voir et les reconnaître : dites-lui ce qu’il y a dans son assiette et servez le légume entier à côté.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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