État grippal : les remèdes de grand-mère, et quand consulter
L’état grippal ressemble à une grippe en plus léger : fièvre, maux de tête, nez qui coule, frissons, fatigue, courbatures. Il passe le plus souvent en quelques jours. Ce qui aide, c’est le repos et beaucoup à boire ; autour de ces deux gestes, nos grands-mères avaient leurs tisanes et leurs petits remèdes, qui rendent ces jours plus confortables sans soigner l’infection elle-même. Pour une vraie grippe, voyez nos remèdes de grand-mère contre la grippe.
Se reposer et boire
Tant que la fièvre est là, l’Assurance Maladie conseille de boire régulièrement et abondamment, de porter des vêtements légers et de laisser de côté couettes et édredons, qui risquent de faire grimper la température (ameli.fr). Pour les linges frais et les autres gestes contre la fièvre de l’adulte, voyez nos remèdes de grand-mère contre la fièvre.
La tisane de romarin au gingembre
C’est la boisson chaude de la maison quand on se sent patraque. Mettez quelques brins de romarin et quelques fines tranches de gingembre frais dans une casserole d’eau frémissante, ajoutez si vous le souhaitez un peu de citron et de thym, laissez infuser un quart d’heure, filtrez et buvez chaud. Elle réchauffe, elle parfume, et surtout elle aide à boire assez.
Notre conseil : gardez-la pour l’adulte, en dehors de la grossesse et de l’allaitement. L’Agence européenne du médicament réserve à l’adulte les préparations médicinales de gingembre contre les petits troubles digestifs, et ne les recommande pas pendant la grossesse ni l’allaitement (EMA, rhizome de gingembre).
L’écorce de saule blanc
Nos grands-mères la faisaient bouillir contre la fièvre, bien avant l’aspirine, dont elle est la lointaine cousine : elle contient de la salicine. L’Agence européenne du médicament reconnaît l’écorce de saule, sur la base de son ancienneté d’emploi, pour soulager la fièvre liée à un rhume, chez l’adulte seulement. Elle demande de consulter si la fièvre dépasse 39 °C, dure, s’aggrave ou s’accompagne d’un violent mal de tête (EMA, Salicis cortex).
Ses interdits, selon la même source, et ils sont larges :
- jamais chez l’enfant ni chez l’adolescent ;
- jamais en cas d’allergie à l’aspirine ou aux anti-inflammatoires, ni d’asthme lié à ces médicaments ;
- jamais en cas d’ulcère de l’estomac en évolution, de maladie grave du foie ou des reins, de trouble de la coagulation ou de déficit en G6PD ;
- jamais au troisième trimestre de la grossesse, et pas conseillée pendant les deux premiers trimestres ni pendant l’allaitement.
Elle peut provoquer des réactions allergiques et des troubles digestifs. Notre conseil : préférez une écorce vendue en pharmacie et suivez sa notice ; ne l’associez ni à l’aspirine, ni à un anti-inflammatoire comme l’ibuprofène, ni à un anticoagulant sans l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLe magnésium dans l’assiette
Fruits secs, amandes, céréales complètes, chocolat noir, crustacés : nos grands-mères remettaient ces aliments sur la table quand la fatigue s’installait. Le magnésium participe au fonctionnement normal des muscles et du système nerveux. Notre conseil : dans l’assiette, pas de souci ; en ampoules ou en comprimés, suivez la dose de la boîte, et en cas d’insuffisance rénale, pas de complément de magnésium sans avis médical.
La propolis
La propolis, cette résine que les abeilles récoltent sur les bourgeons, fait partie des remèdes de la ruche que l’on sort à l’arrivée de l’hiver, en sirop, en spray ou en gomme à mâcher. C’est une tradition, pas un traitement de l’infection. Une réserve importante : l’Anses écrit que les produits de la ruche doivent être évités par les personnes ayant de l’asthme ou un terrain allergique, et en particulier par les personnes allergiques aux pollens (Anses, avis 2017-SA-0215). Si vous en prenez, suivez la notice du produit.
Quand consulter ?
Consultez rapidement votre médecin traitant si vous êtes enceinte, si vous avez plus de 65 ans, une maladie chronique ou un traitement qui affaiblit l’immunité, si c’est un bébé qui est malade, si la fièvre dépasse 40 °C, ou si les symptômes vous paraissent inhabituels pour une grippe.
Consultez très vite en cas d’essoufflement au repos ou de difficultés pour respirer, de fièvre qui réapparaît après une amélioration, de toux avec des crachats purulents ou du sang, de diarrhée avec déshydratation, ou de troubles de la conscience (ameli.fr).
Notre conseil : si la respiration devient très difficile, même au repos, ou si la personne est confuse ou n’arrive plus à rester éveillée, n’attendez pas le rendez-vous et appelez le 15.
Pour les enfants, les gestes et les signes d’alerte sont différents : voyez la fièvre de l’enfant, et quand consulter.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.