Comment éloigner les punaises diaboliques de la maison ?
En octobre, la punaise diabolique cherche un endroit à l’abri du froid pour passer l’hiver, et nos maisons font l’affaire. Elle ne pique pas, ne mange rien chez vous et ne s’y reproduit pas : ce qui gêne, c’est sa présence et l’odeur qu’elle laisse quand on l’écrase. Pour une punaise isolée, un bocal et une feuille de papier suffisent. Quand elles arrivent par dizaines, on sort l’aspirateur, coiffé d’un vieux bas. Et pour qu’il en entre moins l’an prochain, on reprend les joints et les moustiquaires, sans aucun insecticide.
Pourquoi elles entrent chez vous à l’automne
Cette punaise vient d’Asie et a été observée pour la première fois en France en 2012, près de Strasbourg. Depuis 2020, les signalements se multiplient à travers le territoire, en particulier dans les vergers, note la Chambre d’agriculture d’Occitanie. Les adultes passent l’hiver dans des « sites protégés (écorces, crevasses, habitations…) », et c’est à l’automne qu’on les remarque, « surtout quand ils rentrent dans les habitations », d’après la fiche de reconnaissance de l’Anses et de l’Inrae (Anses et Inrae, fiche de reconnaissance de la punaise diabolique). Elles se glissent par les fentes autour des fenêtres, des portes, des tuyaux et des cheminées.
Le bulletin de santé du végétal de la Chambre d’agriculture d’Occitanie est net : elle « ne pique pas l’humain et les animaux », et même en grand nombre, « aucun danger » (BSV Occitanie, Punaise diabolique). L’Université du Maryland ajoute qu’elle ne fait aucun mal à la maison et ne ronge pas le bois.
Pas de nichée à craindre non plus. L’Université Purdue précise qu’elle ne se nourrit pas et ne se reproduit pas dans les maisons, et la fiche de l’Anses situe les pontes à partir de juin, dehors, sur les plantes. Elle gêne surtout pendant les journées douces et ensoleillées de l’hiver et du printemps, quand on la dérange.
La punaise de lit est un tout autre insecte, qui pique et qui vit dans la literie : elle demande d’autres gestes, comme le lavage à 60 °C.
À quoi la reconnaître
Elle mesure 12 à 17 mm, en forme de petit bouclier, d’un brun jaunâtre piqueté de noir. Deux détails la trahissent : des anneaux blancs sur les antennes, et un bord d’abdomen tacheté de clair et de foncé, bien visible de chaque côté des ailes. D’après l’Anses, l’espèce la plus proche en France est la punaise grise, et c’est avec elle, rapporte la Chambre d’agriculture d’Occitanie, qu’elle a d’abord été confondue en Alsace.
Sortir celle qui est là, sans l’écraser
Dérangée ou écrasée, elle libère une odeur forte et désagréable. D’après l’Université du Maryland, cette odeur se dissipe assez vite, mais autant ne pas la provoquer (University of Maryland Extension, Tips for dealing with brown marmorated stink bugs).
Ce qu’il vous faut : un bocal ou un grand verre, une feuille de papier un peu rigide (une carte postale convient).
- Posez le bocal retourné sur la punaise, contre la vitre ou le mur.
- Glissez la feuille entre le bocal et le support, doucement, jusqu’à fermer l’ouverture.
- Retournez le tout en gardant la feuille plaquée contre le bord.
Reste à décider de la suite. Vous pouvez la relâcher dehors, loin de la façade. Les services de vulgarisation américains préfèrent une autre fin, parce qu’une punaise remise dehors en octobre revient chercher l’abri qu’elle avait trouvé : ils la font tomber dans un récipient d’eau savonneuse, ce qui, selon l’Université Purdue, atténue aussi son odeur (Purdue University Extension, Brown marmorated stink bug in homes). L’Université du Maryland donne la recette : un quart du récipient rempli d’eau, avec une cuillère à café de liquide vaisselle.
Sur un rebord de fenêtre ou le long d’une plinthe, la balayette et la pelle font le même travail que le bocal, sans contact.
Quand elles sont des dizaines : l’aspirateur et un vieux bas
Une colonie posée dans l’encadrement d’une fenêtre ne se ramasse pas une à une. L’aspirateur va plus vite, avec un défaut connu : les punaises aspirées laissent leur odeur dans le sac, le bac et le tuyau pendant un moment. Le vieux bas garde les punaises hors du sac.
Ce qu’il vous faut : un bas ou un mi-bas en nylon, un élastique, un récipient d’eau savonneuse.
- Enfilez l’ouverture du bas sur l’extérieur du tube de l’aspirateur, puis poussez le pied du bas à l’intérieur du tube pour qu’il forme une poche.
- Maintenez le bord du bas contre le tube avec l’élastique, comme le conseille l’Université d’État de l’Oregon (Oregon State University Extension, fiche sur les punaises dans la maison).
- Aspirez les punaises : elles restent prisonnières du bas, sans atteindre le sac.
- Éteignez l’aspirateur, retirez le bas en tenant l’ouverture fermée, et videz-le dans l’eau savonneuse.
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLe piège de la lampe, pour la nuit
L’Université Purdue décrit un piège qui ne coûte rien. Le soir, dans une pièce où elles sont nombreuses, posez une bassine ou un plat creux d’eau savonneuse, et orientez vers l’eau une lampe de bureau posée à côté du plat, jamais au-dessus, toutes les autres lumières éteintes. Attirées par la lumière, les punaises tombent dans l’eau. Lampe et plat se posent sur un support stable, hors de portée des enfants et des animaux.
Fermer les passages avant l’automne
Pour l’Université du Maryland, empêcher l’entrée reste la meilleure méthode. Les punaises cherchent leur abri en septembre et en octobre : c’est donc à la fin de l’été qu’on fait le tour de la maison.
- Les fentes autour des fenêtres, des portes et des passages de tuyaux ou de câbles se rebouchent au mastic silicone. Ce sont aussi les portes d’entrée des araignées, qui rentrent elles aussi à l’automne.
- Les portes et fenêtres doivent fermer bien à plat : un bourrelet de bas de porte ou un joint de fenêtre neuf ferme le jour qui reste.
- Les moustiquaires abîmées se réparent ou se changent, et elles doivent être bien ajustées au cadre. Sur une porte-fenêtre qu’on ouvre souvent, une moustiquaire magnétique se pose sans percer.
On ne bouche jamais une entrée ou une sortie d’air, ni la grille d’une ventilation : le gouvernement et Santé publique France rappellent de ne « jamais » les obstruer, à cause du monoxyde de carbone (Gouvernement et Santé publique France, Intoxications au monoxyde de carbone). On rebouche les fentes autour, jamais la grille elle-même.
Les gestes qui n’aident pas
- L’écraser : c’est le plus sûr moyen de répandre son odeur.
- Pulvériser un insecticide : nous n’en conseillons aucun, et l’Université du Maryland juge ces produits généralement inefficaces contre elle, dedans comme dehors. Ils ne tuent pas toutes les punaises et n’empêchent pas les suivantes d’entrer.
- Laisser les punaises aspirées dans l’aspirateur : sans le bas, le sac garde l’odeur.
Une punaise diabolique dans la maison est une locataire d’hiver encombrante, mais sans danger. Avec des joints en bon état, il en entre moins, et celles qui passent ressortent au bocal ou à l’aspirateur, sans qu’on ait à les écraser.
FAQ
La punaise diabolique abîme-t-elle les fruits et les légumes du jardin ?
Oui : c’est au verger et au potager qu’elle fait des dégâts. D’après la fiche de l’Anses et de l’Inrae, elle se nourrit en piquant les feuilles, les tiges et les fruits, qui se décolorent et se tachent dans la chair, et elle s’attaque au pommier, au poirier, au cerisier, à la vigne, au haricot et au poivron. La Chambre d’agriculture d’Occitanie y ajoute les tomates et les aubergines.
Pourquoi les retrouve-t-on toujours en groupe ?
Une fois qu’une punaise a trouvé un abri pour l’hiver, elle émet des substances qui attirent les autres, explique l’Université d’État de l’Oregon. D’où ces petits rassemblements dans le même angle de fenêtre. C’est aussi pour cela que l’université conseille de jeter les punaises ramassées dans l’eau savonneuse, qui réduit ces substances.
Faut-il signaler une punaise diabolique ?
Si vous voulez aider à suivre sa progression, l’Inrae a mis en place l’application Agiir, qui permet de la reconnaître et d’envoyer ses observations (Inrae, Agiir, punaise diabolique). La fiche de l’Anses renvoie aussi vers la FREDON de votre région.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.