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Arrêter la cigarette : les effets jour après jour

Arrêter la cigarette : les effets jour après jour

Virginie Verglas Publié le 01/10/2026 6 min

Quand on arrête de fumer, le corps commence à récupérer dans les heures qui suivent : après 8 heures, le monoxyde de carbone dans le sang est divisé par deux. En quelques jours, on respire mieux et le goût revient ; un an plus tard, le risque d’AVC rejoint celui d’un non-fumeur. Entre-temps, le manque de nicotine se fait sentir quelques semaines. Si vous n’avez pas encore choisi votre date, notre guide pour arrêter de fumer et passer le cap du sevrage aide à la préparer.

Ce qui change, étape par étape

Tabac info service décrit les bienfaits de l’arrêt du tabac en six étapes :

AprèsCe qui change
quelques heuresle taux de monoxyde de carbone dans le sang diminue ; dès 8 heures, il est divisé par deux et vous êtes mieux oxygéné
quelques joursvous respirez mieux, le goût et l’odorat reviennent peu à peu
quelques semainesvous toussez moins, vous avez plus d’énergie, la peau est plus belle et la mine meilleure
quelques moisle souffle revient de plus en plus, les performances sportives s’améliorent
un anle risque d’accident vasculaire cérébral redevient celui d’une personne n’ayant jamais fumé ; le risque d’infarctus du myocarde diminue de moitié
dix ansles risques de cancer de la bouche, du poumon et de la vessie ont bien diminué, et l’espérance de vie se rapproche peu à peu de celle des non-fumeurs

Si vous pensez qu’à quelques cigarettes par jour le risque est faible, lisez ce que risque un petit fumeur.

Les premiers jours : envies et sommeil

« Une envie de fumer dure seulement 2 à 3 minutes », rappelle Tabac info service, qui conseille de se dire que dans 5 minutes elle sera passée. Et ces envies seront, d’après le même service, « de plus en plus rares, et de moins en moins fortes ».

Le sommeil peut se dérégler : on se réveille la nuit, on cogite, on fait des rêves mouvementés. Si vous portez un patch et faites souvent des cauchemars, Tabac info service conseille de l’enlever avant de vous coucher.

Les premières semaines : le manque

L’Assurance maladie cite « irritabilité, difficultés de concentration, humeur dépressive, troubles du sommeil ou de l’appétit ». Tabac info service détaille ce qu’on peut ressentir :

  • une toux qui surprend, alors qu’on vient d’arrêter : les poumons évacuent ce qu’ils ont accumulé, tout le monde ne tousse pas, et « cette toux est transitoire et ne va pas durer » (si elle persiste, voyez « Quand consulter ? » plus bas) ;
  • un transit plus lent : la nicotine le facilitait, le corps doit s’habituer, et la gêne passe vite ; le service conseille au moins 1,5 litre d’eau par jour, des pruneaux, des fruits, des légumes et un peu de marche ;
  • plus d’appétit, des envies de grignoter, d’autant que le goût revient ;
  • de l’irritabilité ou de la colère, signes du manque de nicotine ;
  • du mal à se concentrer, un effet passager.

Pour l’humeur, Tabac info service donne un repère : « 6 à 8 semaines après l’arrêt du tabac, l’humeur est meilleure ».

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Ce qui aide à passer chaque cap

Les substituts nicotiniques calment le manque des premières semaines. Patch pour la journée, gomme ou pastille pour les envies soudaines : Tabac info service conseille d’associer les deux et d’adapter leur nombre ou leur dosage à ce que vous ressentez. Depuis le 1er janvier 2019, « la grande majorité des substituts nicotiniques sont remboursés à 65 % », sur ordonnance d’un médecin, d’une sage-femme, d’un infirmier, d’un chirurgien-dentiste ou d’un masseur-kinésithérapeute.

Le 39 89 est la ligne gratuite de Tabac info service. Un conseiller répond à vos questions, puis, si vous le souhaitez, un tabacologue vous suit : toujours le même, qui vous rappelle au moment que vous avez choisi.

Le premier mois est le cap à viser. Selon le site du Mois sans tabac, « arrêter de fumer pendant 30 jours multiplie par 5 les chances d’arrêter pour de bon ». C’est le principe du défi de novembre : notre page Mois sans tabac explique comment s’inscrire et obtenir le kit gratuit.

Quand consulter ?

L’Assurance maladie recommande de voir son médecin traitant ou son pharmacien avant d’utiliser des substituts, pour choisir la dose et la forme. Parlez-en à un professionnel de santé dans ces cas :

  • signes de surdosage sous substituts (maux de tête, nausées, vomissements, vision trouble, douleurs abdominales, diarrhée, sueurs froides, tremblements) : retirez le patch, lavez la peau sans savon, cessez toute nicotine et consultez immédiatement votre médecin ;
  • manque qui persiste sous substituts (irritabilité, anxiété, difficultés de concentration, envie de fumer) : le dosage est peut-être trop faible, votre médecin ou votre pharmacien l’ajuste ;
  • une tristesse qui dure malgré les substituts : le dosage est peut-être insuffisant, parlez-en au 39 89 ou à votre médecin ; et avec des antécédents d’anxiété ou de dépression, Tabac info service juge qu’un suivi par un professionnel de santé est « fortement recommandé » pendant l’arrêt ;
  • une toux qui apparaît et persiste sans cause apparente, des crachats de sang, un essoufflement récent ou une voix qui s’enroue : l’Assurance maladie demande de consulter son médecin traitant, y compris quand le tabac est arrêté depuis longtemps.

Une douleur intense derrière le sternum, qui serre la poitrine comme un étau et peut gagner la mâchoire ou le bras gauche : appelez le 15 ou le 112.

FAQ

Arrêter de fumer peut-il provoquer un cancer ?

Non. Il arrive qu’un cancer du poumon soit découvert peu après l’arrêt, et Tabac info service cite une étude où le délai d’apparition après l’arrêt était de 2,7 ans. Mais « ce n’est pas l’arrêt du tabac » qui cause ce cancer, répond le service, c’est le tabagisme des années précédentes. Et arrêter au moment du diagnostic augmente la durée et le taux de survie.

Combien de temps dure un traitement par substituts nicotiniques ?

En général entre 3 et 6 mois, selon Tabac info service. Si vous ne vous sentez pas prêt à vous en passer au bout de six mois, mieux vaut prolonger que d’arrêter trop vite.

Est-il trop tard pour arrêter après des années de tabac ?

Non. Pour l’Institut national du cancer, arrêter de fumer est le moyen de prévention le plus efficace contre le risque de cancer, et « il n’est jamais trop tard pour s’arrêter de fumer », quel que soit l’âge et même après des années.

Sources

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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