Qu’est-ce que l’aromathérapie ? Définition et bons usages
L’aromathérapie, c’est l’usage des huiles essentielles, ces essences très concentrées que l’on tire des plantes aromatiques, pour le confort et le bien-être : un massage à l’huile parfumée, une inhalation quand le nez est pris, quelques gouttes dans un diffuseur. Elle n’est pas reconnue comme une médecine en France, et chaque huile s’emploie avec des précautions précises : nous les résumons ici, et nos règles d’utilisation des huiles essentielles les détaillent une à une.
Une définition simple
Le mot vient du grec arôma, l’arôme, et therapeia, le soin. Il a été popularisé par le chimiste lyonnais René-Maurice Gattefossé, qui publie en 1937 un livre intitulé Aromathérapie : les huiles essentielles hormones végétales.
Une huile essentielle est une substance odorante et volatile que l’on extrait le plus souvent en distillant la plante à la vapeur d’eau : fleurs, feuilles, écorces, graines ou tiges selon l’espèce. Pour les agrumes, on presse l’écorce sans la chauffer. Malgré son nom, elle ne contient aucun corps gras, et elle ne se mélange pas à l’eau pour autant.
Sa composition change d’une plante à l’autre, et même d’une sous-espèce à l’autre, comme le rappelle l’Anses. Deux flacons vendus sous le même nom courant peuvent donc contenir deux produits différents, et seule l’étiquette permet de les distinguer.
Ce que l’aromathérapie n’est pas
Une huile essentielle vendue en flacon n’est pas un médicament. La plupart sont en vente libre, chez le pharmacien, en magasin spécialisé ou ailleurs, et l’ANSM rappelle qu’elles « ne doivent pas revendiquer d’indications thérapeutiques », puisque leur composition n’est pas garantie pour un effet de soin.
La DGCCRF va dans le même sens : « Toute allégation laissant penser qu’une huile essentielle en vente libre pourrait prévenir ou traiter une pathologie est interdite. » Ses règles dépendent de l’usage annoncé par le fabricant sur le flacon (cosmétique, alimentaire ou autre), d’où l’importance du mode d’emploi.
Une petite liste d’huiles fait exception : elles ne se vendent qu’en pharmacie, en raison de leurs propriétés toxiques pour le système nerveux, irritantes, phototoxiques ou cancérogènes. On y trouve la grande absinthe, la sauge officinale, le thuya, l’hysope, la rue ou le sassafras. Pour l’ANSM, leur rapport bénéfice/risque est négatif, et « il est préférable de ne pas les délivrer ».
Pour quelques huiles, l’Agence européenne du médicament décrit un usage traditionnel. C’est le cas de l’huile essentielle de lavande vraie, employée pour soulager les signes légers de stress et d’épuisement et pour aider au sommeil (EMA).
Qui doit s’en passer ?
Par prudence, nous ne conseillons aucune huile essentielle chez l’enfant : jamais chez un enfant de moins de 12 ans, et pas sans avis médical chez l’adolescent, quelle que soit l’huile et quelle que soit la voie, y compris diffusée dans la pièce où il se trouve.
Pendant la grossesse et l’allaitement, nous n’en employons jamais : la DGCCRF les y déconseille, et nous allons plus loin. Elle les déconseille aussi chez les personnes âgées et chez les personnes souffrant d’une maladie chronique. En cas d’asthme ou d’épilepsie, mieux vaut s’en passer, sauf avis contraire du médecin ; une personne allergique fait d’abord le test au pli du coude. Le détail, profil par profil, est sur notre page des contre-indications des huiles essentielles.
Comment s’en servir
- Sur la peau, toujours diluée dans une huile végétale (amande douce, jojoba, olive), jamais pure. Avant la première fois, faites un test au pli du coude : les dilutions et le déroulé du test sont sur notre page des règles d’utilisation, citée plus haut.
- En diffusion, avec un appareil prévu pour cela et sans jamais chauffer l’huile, en aérant bien la pièce. Certaines huiles ne se diffusent pas, et une personne asthmatique s’en abstient.
- En inhalation, au-dessus d’un bol d’eau chaude : nous réservons ce geste à l’adulte, et notre méthode pour faire une inhalation dit quelles huiles écarter.
- Jamais versée telle quelle dans le bain : elle ne se dissout pas dans l’eau, flotte à la surface et peut irriter la peau.
- Par la bouche, jamais sans l’avis d’un médecin.
Une huile essentielle ne se met jamais sur les muqueuses, ni dans le nez, les yeux ou l’oreille, même diluée. Après un massage, lavez-vous soigneusement les mains.
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Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienBien choisir un flacon
Le nom latin d’abord. Le nom courant ne suffit pas : la lavande vraie (Lavandula angustifolia) et la lavande aspic (Lavandula latifolia) sont deux huiles différentes, et la seconde, qui contient du camphre, ne s’emploie jamais chez l’enfant.
La partie distillée ensuite : fleur, feuille, écorce ou zeste ne donnent pas la même huile.
Le chémotype, quand il existe. On appelle ainsi la molécule dominante d’une huile, qui peut changer pour une même espèce de plante. Le romarin, par exemple, se vend à camphre, à cinéole ou à verbénone, et le romarin à camphre a ses propres interdits. L’ANSM cite le chémotype parmi les éléments qui définissent une huile de qualité pharmaceutique, avec sa dénomination scientifique exacte.
Le bio, enfin, garantit une plante cultivée sans pesticides de synthèse. L’huile reste aussi concentrée et porte les mêmes précautions. La DGCCRF précise que seules les huiles de qualité alimentaire peuvent porter le logo AB ou l’eurofeuille.
Ranger ses flacons
Gardez les huiles essentielles en hauteur, hors de portée des enfants, et jamais à côté des produits de soin des bébés. Selon l’Anses, plus d’un tiers des accidents rapportés aux centres antipoison viennent d’une confusion avec un autre produit au flacon semblable. C’est la première cause d’accident chez le bébé de moins d’un an, à qui un proche donne l’huile à la place de sa vitamine D.
Quand consulter ?
- Quand un trouble dure : l’ANSM écrit que les huiles essentielles « ne doivent pas être utilisées de façon prolongée (au-delà de quelques jours) sans avis médical », et qu’il faut consulter un médecin si rien ne s’améliore après quelques jours.
- Quand la peau réagit (rougeur, brûlure, démangeaisons) après une application : arrêtez, lavez à l’eau et au savon doux, et demandez un avis si la réaction persiste.
- En cas d’accident (huile avalée, projetée dans l’œil, appliquée pure en grande quantité) : appelez un centre antipoison, et le 15 en cas de convulsion, de gêne respiratoire ou de perte de connaissance. Les bons gestes, et ceux à éviter, sont sur notre page en cas de surdosage d’huile essentielle.
Questions fréquentes
Combien de temps se garde un flacon ouvert ?
La durée dépend de l’huile : suivez la date et les conditions indiquées sur le flacon, que vous garderez bien fermé, en verre teinté, à l’abri de la lumière et de la chaleur. Certaines huiles s’altèrent avec le temps : l’Anses recommande de conserver l’arbre à thé, le niaouli et le cajeput au frais et dans l’obscurité, pour éviter la formation d’une substance toxique, l’ascaridole.
Peut-on utiliser des huiles essentielles sur un animal ?
Nous n’en conseillons aucune sur un animal sans l’avis de son vétérinaire. Le Centre antipoison animal et environnemental de l’Ouest note que les chats y sont particulièrement sensibles : ils représentent 70 % des appels qu’il reçoit pour une huile essentielle, les chiens environ 20 %. Si votre animal montre des troubles après une exposition, conduisez-le chez le vétérinaire.
Un diffuseur d’huiles essentielles est-il sans effet sur l’air de la maison ?
Pas tout à fait. L’Anses a relevé des irritations des yeux, du nez et de la gorge, et des effets respiratoires, avec des sprays et diffuseurs utilisés normalement. Ces produits émettent des composés organiques volatils qui peuvent contribuer à la pollution de l’air intérieur. L’Anses conseille de limiter ces sources et de bien aérer les pièces fermées.
Sources
- ANSM, médicaments à base de plantes et huiles essentielles
- Anses, huiles essentielles : risques et précautions (2024)
- Anses, VigilAnses n° 24, huiles essentielles (décembre 2024)
- Anses, sprays et diffuseurs à base d’huiles essentielles (2020)
- Agence européenne du médicament, huile essentielle de lavande
- Centre antipoison animal et environnemental de l’Ouest, huiles essentielles
- DGCCRF, fiche pratique « Les huiles essentielles » (15/12/2023)
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.