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Feuille de myrtille et diabète : ce que l'on sait

Feuille de myrtille et diabète : ce que l’on sait

Virginie Verglas Mis à jour le 04/09/2026 4 min

Ce qu’il faut savoir avant tout le reste

Le diabète est une maladie chronique qui se soigne avec un médecin, un traitement et une surveillance régulière. Aucune tisane ne le traite, aucune plante ne remplace un médicament, et on ne modifie jamais son traitement sur la foi d’une tisane.

Ce qui suit décrit ce que nos grands-mères faisaient de la feuille de myrtille, et ce qu’on en sait aujourd’hui. Ce n’est pas la même chose qu’un remède.

Ce que les agences en disent

L’Agence européenne du médicament n’a établi aucune monographie pour la feuille de myrtille. Ses monographies portent sur le fruit, frais et sec (EMA, Myrtilli fructus siccus), et pas pour le diabète. Autrement dit : la partie de la plante que ce remède emploie n’est reconnue pour rien en Europe.

C’est un usage traditionnel, et il se présente comme tel. Les feuilles contiennent des composés auxquels on prête un effet sur la glycémie, mais cet effet n’est pas établi au point qu’une agence le retienne.

Avant d’essayer : les précautions

Parlez-en à votre médecin avant de commencer, et pas après. Si vous prenez un traitement contre le diabète, l’idée même d’une tisane censée faire baisser la glycémie doit être discutée avec lui : l’effet supposé de la tisane pourrait s’ajouter à celui du médicament, et c’est ainsi qu’on passe en hypoglycémie.

Trois réserves, et ce sont les nôtres, faute d’une agence qui se soit prononcée sur cette feuille : nous ne la conseillons pas aux personnes sous insuline sans avis médical, ni à forte dose, ni de façon prolongée.

Nous l’écartons également chez les femmes enceintes et allaitantes et chez les enfants de moins de 12 ans, par prudence et non sur la foi d’un texte officiel.

Le remède de nos grands-mères

Ce qu’il vous faut : 10 g de feuilles de myrtille séchées, 1 litre d’eau, une casserole et une passoire.

  1. Faites bouillir l’eau.
  2. Hors du feu, incorporez les feuilles de myrtille.
  3. Laissez infuser dix minutes.
  4. Filtrez.

Nos grands-mères en buvaient deux tasses par jour, sans dépasser quatre semaines. Pas en continu.

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Reconnaître une hypoglycémie, et quoi faire

L’Assurance Maladie définit l’hypoglycémie comme « une glycémie trop basse (inférieure à 0,7 g/L) » et en donne les signes : « sueurs, pâleur, sensation de faim anormale, nausées légères ; nervosité, tremblements, palpitations, irritabilité ; fourmillements ou picotements autour de la bouche ; vertige, maux de tête, vision trouble ; sensation de faiblesse, perte d’équilibre ; accélération du rythme cardiaque, sensation d’angoisse » (ameli.fr, Diabète : hypoglycémie, hyperglycémie et acidocétose).

Ce qu’on fait : « l’équivalent de 15 g de sucre (3 morceaux de sucre) est préconisé », et « il est recommandé de se reposer (s’asseoir ou s’allonger) pendant quelques minutes ». Ayez toujours de quoi vous resucrer sur vous.

Le risque concerne surtout les personnes dont le traitement comprend des sulfamides, des glinides ou de l’insuline.

Quand consulter, et quand appeler le 15

Si les signes d’hypoglycémie ne cèdent pas : l’Assurance Maladie demande de refaire « une seconde mesure 15 minutes plus tard. Si votre glycémie n’est pas remontée, “resucrez-vous” de nouveau ».

« Si la situation semble s’aggraver, appelez le 15 ou faites-le appeler par un proche », écrit-elle. Elle précise qu’« exceptionnellement, des convulsions ou une perte de conscience peuvent survenir » (ameli.fr, Diabète : hypoglycémie, hyperglycémie et acidocétose).

On ne resucre jamais quelqu’un qui n’est pas parfaitement conscient, et on ne lui donne rien par la bouche, au risque d’une fausse route. Si la personne somnole, ne répond plus ou perd connaissance, c’est le 15 tout de suite, et rien d’autre.

Et une hypoglycémie qui se répète se signale à son médecin. C’est le signe qu’un ajustement est nécessaire, et cet ajustement est le sien : on ne modifie jamais son traitement soi-même.

Ce qui compte vraiment, et qui n’est pas une astuce

L’alimentation, l’activité physique et le suivi régulier font davantage que toutes les tisanes réunies. Nous avons rassemblé les aliments à privilégier quand on est diabétique, et six aliments qui aident au quotidien. Le fenugrec, l’autre remède traditionnel, appelle exactement les mêmes réserves.

FAQ

Le fruit de la myrtille a-t-il les mêmes effets ?

Non, et c’est une confusion fréquente : la feuille et le fruit n’ont ni la même composition ni les mêmes usages. Le fruit est un aliment, et il se mange sans précaution particulière.

Peut-on remplacer son traitement par cette tisane ?

Non, jamais, et c’est la seule réponse possible. Un diabète mal contrôlé abîme les reins, les yeux, les nerfs et les vaisseaux, silencieusement et pendant des années avant que cela ne se voie.

Que veut dire « diabète léger » ?

Rien de médical : ce n’est pas une catégorie médicale. On lit souvent cette expression à propos des remèdes de plantes, et elle laisse croire qu’il existerait un diabète qu’on pourrait traiter tout seul. Ce n’est pas le cas.

Où trouve-t-on des feuilles de myrtille ?

En herboristerie, en pharmacie ou en magasin bio, séchées. Vérifiez la provenance et évitez la cueillette personnelle si vous ne connaissez pas parfaitement la plante.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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