Velouté de potiron onctueux sans crème
Un velouté de potiron se rate presque toujours au même endroit, et ce n’est pas la cuisson : c’est le bouillon. On en met trop dès le départ, on obtient une soupe claire, et on ajoute de la crème pour rattraper l’onctuosité qu’on vient de diluer. La méthode de nos grands-mères fait l’inverse : peu de liquide, une longue cuisson à couvert, et un mixage patient. La question du liquide se pose de la même façon avec l’autre légume d’eau du potager, la courgette, dont nous avons aussi un velouté.
| Préparation | Cuisson | Portions | Difficulté | Coût |
|---|---|---|---|---|
| 20 min | 30 min | 4 en plat, 6 en entrée | Facile | Très économique |
Les ingrédients
- 1 kg de chair de potiron (soit environ 1,5 kg entier)
- 1 pomme de terre moyenne
- 1 oignon
- 50 cl de bouillon de volaille ou de légumes, chaud
- 20 g de beurre
- 1 pincée de noix de muscade
- Sel, poivre
La préparation pas à pas
- Coupez le potiron en deux et retirez les graines et les filaments à la cuillère. Pelez-le, puis coupez la chair en cubes de 3 cm. Épluchez la pomme de terre et coupez-la de même.
- Émincez l’oignon et faites-le fondre 5 minutes dans le beurre, à feu doux, sans le colorer : un oignon roussi donnerait au velouté un goût qui masque celui du potiron.
- Ajoutez les cubes, versez seulement 50 cl de bouillon chaud, salez légèrement et couvrez. Remuez une fois au bout de cinq minutes : tant que le potiron n’a pas rendu son eau, le liquide n’arrive qu’au tiers des cubes, et un goût de brûlé est le seul raté qu’on ne rattrape pas. Laissez ensuite cuire 25 minutes à feu moyen. La pointe d’un couteau doit traverser la chair sans résistance.
- Mixez longuement, deux bonnes minutes, au mixeur plongeant de préférence. C’est ici que se joue l’onctuosité : un mixage court laisse des micro-morceaux qui donnent une texture granuleuse, et c’est cela qu’on croit rattraper avec de la crème. Au blender, procédez par à-coups et ne remplissez qu’aux deux tiers : un liquide brûlant dans un bol fermé pousse le couvercle.
- Rallongez d’un peu de bouillon chaud si c’est trop épais. Faites-le dans ce sens-là et pas dans l’autre : détendre un velouté prend dix secondes, l’épaissir demande une cuisson de plus. Muscade, poivre, sel, et servez chaud.
Nos astuces
- Potiron ou potimarron, ce n’est pas la même chose à l’épluchage. Le potiron se pèle. Le potimarron, non : sa peau devient fondante à la cuisson et elle apporte un goût de châtaigne. Si vous prenez du potimarron, lavez-le et gardez la peau.
- La pomme de terre est le vrai liant. Son amidon donne du corps au velouté et remplace la crème sans rien apporter au goût. Prenez-la à chair farineuse (bintje, agata) : une charlotte ou une ratte lieront beaucoup moins. Une seule suffit au départ : en mettre deux d’emblée donne une purée.
- Le potiron est très aqueux, il rend son eau en cuisant. C’est pour cela qu’on part avec si peu de bouillon : le légume fournit le reste.
- Ne jetez pas les graines. Rincez-les, séchez-les, salez-les et passez-les 15 minutes à 180 °C : elles font d’excellentes graines à grignoter, et c’est autant de moins à la poubelle.
- Pour la version des grands soirs, ne versez que 40 cl de bouillon à la cuisson et ajoutez 10 cl de lait entier au moment de mixer. Une noisette de beurre froid dans le mixeur fait le même effet. Et pour un dîner qui compte, la crème de potimarron aux cèpes joue dans un autre registre.
- Pour les enfants, il existe une soupe d’Halloween au potiron, plus riche que celle-ci et faite pour l’occasion.
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- Lait (le beurre, et le lait de la variante).
- Substitutions : remplacez le beurre par une cuillerée d’huile d’olive, la recette fonctionne à l’identique.
- Vérifiez votre bouillon : les cubes du commerce contiennent souvent du céleri, parfois du gluten, et ils sont très salés.
Conservation
- Au réfrigérateur : 3 jours dans un récipient hermétique.
- Au congélateur : 3 mois. Congelez-le avant d’ajouter le lait ou le beurre de finition, la texture s’en trouve mieux.
- Pour réchauffer : à feu doux en remuant, avec un fond de bouillon si le velouté a épaissi au froid.
Le potiron est l’un des rares légumes qui donne beaucoup pour presque rien, et un velouté raté ne l’est jamais par manque d’ingrédients : il l’est par excès d’eau.
Questions fréquentes
Mon velouté est trop liquide, comment le rattraper ?
Laissez-le réduire à découvert dix minutes, c’est le plus simple. S’il faut aller plus vite, faites cuire une seconde pomme de terre à part, écrasez-la et incorporez-la au mixeur. N’ajoutez pas de farine : elle donnerait un goût de colle et une texture pâteuse.
Faut-il vraiment retirer les filaments ?
Oui, et à la cuillère plutôt qu’au couteau. Ce sont eux qui donnent les fils qu’on retrouve en bouche après le mixage, et aucun mixeur domestique ne les casse complètement.
Comment choisir un bon potiron ?
Prenez-le lourd pour sa taille, avec une queue sèche et bien attachée : une queue coupée à ras est le signe d’une récolte trop hâtive. Une chair d’un orange soutenu donnera un velouté plus parfumé qu’une chair pâle.
Peut-on le faire avec du potiron surgelé ?
Oui, et c’est même pratique hors saison. Ne le décongelez pas : jetez les cubes encore gelés dans l’oignon fondu et réduisez le bouillon à 40 cl, le surgelé rendant davantage d’eau.
Que faire du reste du potiron ?
Un potiron entamé se garde 4 à 5 jours au réfrigérateur, filmé. Au-delà, coupez-le en cubes et congelez-le cru : il se conserve six mois et passe directement dans la casserole.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.