Radis noir : bienfaits, usages et contre-indications
Le radis noir, en clair
Le radis noir, aussi appelé radis d’hiver ou radis d’Espagne, est une plante potagère bisannuelle dont on consomme la racine : peau noire, chair blanche, forme allongée ou ronde selon la variété. Cultivé de longue date en Égypte et en Asie, il n’arrive sur les tables françaises qu’au XVIIIe siècle. C’est un légume d’hiver, piquant, peu cher, et c’est aussi l’une des plantes que nos grands-mères sortaient après les repas trop copieux. Voici ce qu’il apporte réellement, comment le préparer, et dans quels cas il vaut mieux s’en passer.
Ce que le radis noir apporte vraiment
Commençons par les chiffres, parce qu’ils circulent en désordre. Le radis noir cru, c’est 29,2 kcal pour 100 g, 1,2 g de fibres, 9,58 mg de vitamine C et 91,4 g d’eau (Aprifel, fiche nutritionnelle du radis noir, données Ciqual 2020).
Autrement dit : c’est un légume peu calorique, très riche en eau, et une source honnête de vitamine C pour la saison froide. Vous lirez ailleurs, y compris sur d’anciennes pages de ce site, des valeurs de 17, 20 ou 58 kcal. C’est la première qu’il faut retenir, celle de la table de composition officielle.
Son goût piquant lui vient de ses composés soufrés, ceux-là mêmes qui font éternuer quand on le râpe.
Le foie et la digestion : ce que dit la tradition
Le radis noir est traditionnellement rangé parmi les plantes dites cholagogues, celles que l’on emploie pour favoriser l’évacuation de la bile. C’est à ce titre qu’on le trouve en jus et en ampoules dans les rayons, et c’est à ce titre que nos grands-mères le servaient après un repas de fête.
Ce qu’on en sait. Nous avons cherché une source qui établisse ce mécanisme et nous n’en avons pas trouvé : il n’existe pas de monographie européenne pour le radis noir, et les pages professionnelles consultées ne décrivent que des produits, pas un effet démontré. Nous préférons le dire plutôt que d’habiller la tradition d’un vocabulaire savant. Rappelons aussi que l’organisme élimine lui-même ses déchets, grâce au foie et aux reins : aucun jus ni aucun complément ne remplace ce travail naturel.
Reste ce qui est simplement vrai : le radis noir est un légume riche en eau et en fibres, il a sa place dans une alimentation qui aide le transit, et c’est le même bon sens qui inspire nos remèdes de grand-mère contre la constipation. Attention toutefois, son piquant le rend difficile à digérer pour certains : goûtez-en une petite quantité la première fois.
Comment le consommer
En jus. L’usage traditionnel est d’une cuillère à soupe après le repas, sur quelques jours seulement, jamais en continu. Les cures vendues en pharmacie sont calibrées sur 2 à 3 semaines, avec une pause de quelques jours. Inutile d’augmenter les doses : au-delà, le radis noir irrite le tube digestif, et l’effet recherché ne s’améliore pas pour autant.
Cru. C’est la préparation la plus simple : râpé finement, en rémoulade avec un yaourt ou une crème, ou en fines lamelles avec du beurre et une pointe de sel, comme le radis rose.
Cuit. Il perd beaucoup de son piquant à la cuisson. En cubes rôtis au four, en poêlée, ou en velouté avec une pomme de terre : c’est la façon la plus douce de le faire adopter à table.
Mariné ou lacto-fermenté. En fines rondelles dans un bocal, avec du sel, il se conserve plusieurs semaines et accompagne les plats d’hiver.
Une autre tradition l’emploie tout autrement, en sirop contre la toux : c’est notre sirop de radis noir contre la toux grasse, et cela n’a rien à voir avec les usages ci-dessus.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLe radis noir dans une alimentation allégée
Comme tous les légumes riches en eau et en fibres, le radis noir cale sans apporter beaucoup de calories. C’est son intérêt dans une alimentation allégée, et il est réel : il ne fait pas maigrir, il occupe la place. À ce titre il mérite sa place dans le panier d’hiver, au même titre que le chou ou le poireau, et pas davantage. Le reste se joue dans l’assiette entière, comme le rappellent nos conseils pour perdre du poids durablement.
Ampoules et gélules : ce qu’il faut savoir avant d’en acheter
C’est là que se situe le vrai point de vigilance, bien plus que dans le légume lui-même.
Les compléments alimentaires à base de plantes ne sont pas anodins. L’Anses rappelle qu’ils peuvent, dans certains cas, exposer le consommateur à des risques sanitaires, notamment par interaction avec des médicaments, et recommande de demander l’avis d’un professionnel de santé avant d’en consommer, en particulier pendant la grossesse et l’allaitement ou lorsqu’un traitement est en cours (Anses, Compléments alimentaires : tout savoir sur les usages et les risques).
Deux réflexes simples, donc : montrer la boîte à son pharmacien si l’on prend le moindre traitement, et ne pas multiplier les cures parce qu’elles sont vendues comme naturelles.
Contre-indications et effets indésirables
Le radis noir est contre-indiqué chez les personnes ayant une obstruction des voies biliaires, calculs compris. Il est déconseillé en cas de gastrite, d’ulcère de l’estomac et de dysfonctionnement thyroïdien. À forte dose, il irrite le tube digestif : brûlures d’estomac, ballonnements, remontées acides.
Ces réserves valent pour le légume comme pour le jus, et davantage encore pour les formes concentrées.
Quand consulter
Le radis noir accompagne un repas lourd, il ne soigne pas une douleur. Consultez sans attendre en cas de douleur intense sous les côtes à droite, de douleur abdominale qui persiste ou s’aggrave, de vomissements répétés, de fièvre, ou d’un jaunissement de la peau ou du blanc de l’œil. Ces signes peuvent relever d’une atteinte de la vésicule ou du pancréas, et aucun jus de légume n’y répond.
Consultez également si vos digestions difficiles s’installent au fil des semaines : c’est un symptôme, pas un défaut de cure.
Le radis noir est un bon légume d’hiver, piquant, riche en eau et bon marché. C’est déjà une raison suffisante de le mettre au menu, sans lui en prêter d’autres.
FAQ
Pourquoi vend-on toujours l’artichaut et le radis noir ensemble ?
Parce que les deux plantes sont associées de longue date au même usage traditionnel, celui du repas trop riche, et que l’industrie du complément alimentaire a repris ce couple tel quel dans ses ampoules. Cette association commerciale ne vaut pas démonstration : elle relève du même niveau de preuve que le radis noir seul, et les mêmes précautions s’appliquent avant d’acheter.
Comment atténuer le goût piquant du radis noir ?
Râpez-le, salez-le légèrement et laissez-le dégorger une vingtaine de minutes, puis pressez-le et rincez-le. Le mélanger à une pomme, une carotte râpée ou un yaourt adoucit également le résultat. La cuisson reste la méthode la plus efficace pour qui ne supporte pas son piquant.
Le jus de radis noir convient-il pendant la grossesse ?
Le légume est un légume : cru ou cuit, il a sa place dans l’assiette. C’est la forme concentrée qui appelle la prudence. L’Anses recommande de demander l’avis d’un professionnel de santé avant de consommer un complément alimentaire à base de plantes pendant la grossesse et l’allaitement. Pour une ampoule ou une gélule, la réponse se prend donc auprès de votre médecin ou de votre pharmacien, pas en rayon.