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Glaucome : comment le dépister, et à partir de quel âge

Virginie Verglas Mis à jour le 17/08/2026 7 min

Le glaucome est la deuxième cause de cécité en France, après la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Et sa particularité tient en une phrase : dans sa forme la plus fréquente, il ne prévient pas. Pas de douleur, pas de vue brouillée, rien qui pousse à prendre rendez-vous. C’est la raison pour laquelle, sur les personnes concernées, l’Assurance Maladie estime que 400 000 à 500 000 l’ont sans le savoir.

Nous ne pouvons donc rien vous proposer à faire chez vous contre un glaucome, et personne ne le peut. En revanche, la conduite à tenir est simple, et c’est elle qui compte.

Pourquoi la forme chronique ne se sent pas ?

Le glaucome est une maladie chronique de l’œil qui détériore lentement le nerf optique. Ce sont les fibres nerveuses qui s’abîment, et avec elles le champ visuel, c’est-à-dire tout ce que vous voyez autour de ce que vous fixez.

Dans la forme dite à angle ouvert, qui représente environ 90 % des cas en Europe, l’altération est lente, insidieuse et indolore. Le piège est là : la vision centrale reste bonne longtemps. Vous lisez, vous reconnaissez les visages, votre acuité visuelle est correcte chez l’opticien, pendant que le champ visuel se réduit sur les côtés. Le cerveau compense en complétant ce qui manque, et l’autre œil couvre les trous du premier.

Quand une gêne finit par apparaître, un flou intermittent ou une vision qui accroche sur les côtés, le glaucome à angle ouvert est déjà bien installé. Et ce qui a été détruit ne se répare pas.

C’est aussi pour cela qu’un contrôle des yeux ne se remplace pas par un test de vue en ligne ou par la sensation d’y voir bien. Comme pour les yeux fatigués, le confort ressenti ne dit rien de l’état du nerf optique.

Le dépistage, concrètement

À partir de 40 ans, l’Assurance Maladie recommande de faire contrôler ses yeux régulièrement. C’est le même rendez-vous qui dépiste la DMLA, l’autre grande maladie silencieuse de l’œil.

Le rendez-vous à prendre est une consultation d’ophtalmologie. Ce n’est ni un contrôle chez l’opticien, ni un renouvellement de lunettes : ces examens-là mesurent la vue, pas le nerf optique.

Ce que le médecin regarde, d’après le bilan décrit par l’Assurance Maladie et par la Haute Autorité de santé :

  • la réfraction et l’acuité visuelle, le contrôle de vue classique ;
  • un examen à la lampe à fente ;
  • la pression à l’intérieur de l’œil, mesurée au tonomètre ;
  • l’épaisseur de la cornée, qui change l’interprétation de cette pression ;
  • l’angle d’écoulement du liquide de l’œil ;
  • la tête du nerf optique, observée directement au fond d’œil ;
  • le champ visuel, qui mesure ce que vous voyez sur les côtés ;
  • une imagerie du nerf optique par OCT, qui compte les fibres nerveuses.

Ces examens ne sont pas douloureux : les deux qui touchent l’œil, la mesure de pression et l’examen de l’angle, se font après une goutte de collyre anesthésiant. Le champ visuel est le plus long et le seul qui demande un peu de patience, parce qu’il faut fixer un point sans bouger.

Ce qu’il faut demander en prenant rendez-vous : dites que vous venez pour un dépistage du glaucome, et non pour des lunettes. Le motif change les examens programmés et le temps qu’on vous réserve.

Les situations qui justifient un examen

En mars 2022, la Haute Autorité de santé a listé les situations qui justifient d’adresser une personne à l’ophtalmologiste, dès lors qu’elle en présente au moins une :

  • avoir 40 ans ou plus ;
  • un antécédent familial de glaucome, c’est le facteur le plus important à connaître dans une famille ;
  • un antécédent personnel d’hypertonie oculaire ;
  • une forte myopie ;
  • une prise prolongée de corticoïdes, quelle qu’en soit la forme ;
  • un antécédent de décollement de rétine, d’uvéite ou de traumatisme de l’œil ;
  • une pigmentation cutanée foncée ;
  • une malformation oculaire.

La fréquence du glaucome augmente nettement après 70 ans. Si vous accompagnez un parent âgé chez le médecin, c’est une question à poser, elle passe souvent après tout le reste.

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La crise aiguë : le seul cas où ça se voit, et c’est une urgence

Une autre forme, le glaucome par fermeture de l’angle, peut se manifester d’un coup. Là, rien n’est silencieux : la pression monte brutalement dans l’œil.

Les signes décrits sont un œil rouge et très douloureux, une baisse brutale de la vue, des halos colorés autour des lumières, des maux de tête, souvent des nausées et des vomissements. Ils apparaissent volontiers dans la pénombre, en soirée ou au spectacle, quand la pupille se dilate.

C’est une urgence ophtalmologique. Sans traitement, la vision de l’œil atteint peut être perdue en quelques heures. On ne prend pas rendez-vous, on se rend aux urgences ou on appelle le 15.

Les nausées et les vomissements égarent souvent le diagnostic vers un problème digestif. Si un mal de tête violent s’accompagne d’un œil rouge et douloureux, dites-le en arrivant.

Ce qui se passe si le dépistage trouve quelque chose

Le traitement ne rend pas ce qui est perdu : il vise à stopper ou à ralentir l’évolution. Il repose le plus souvent sur des collyres à prendre tous les jours, parfois sur un laser ou une chirurgie. La contrainte réelle n’est pas le traitement lui-même, c’est sa régularité : un collyre oublié ne se rattrape pas, et la maladie ne prévient toujours pas.

Le suivi est ensuite à vie, avec des champs visuels réguliers qui servent à vérifier que rien ne bouge. C’est l’ophtalmologiste qui fixe avec vous le rythme des consultations. Et la crainte la plus fréquente a une réponse rassurante : dans la plupart des cas dépistés et traités à temps, la conduite reste possible.

Rien de tout cela ne se joue chez vous, et c’est peut-être la seule page de ce site où nous n’avons aucun geste à vous proposer. Le seul qui compte tient dans un appel : après 40 ans, ou plus tôt si l’une des situations ci-dessus vous concerne, prenez rendez-vous chez un ophtalmologiste en disant que vous venez pour un dépistage. Le reste est son travail.

FAQ : vos questions sur le dépistage du glaucome

Faut-il prévoir de ne pas conduire en repartant ?

Souvent, oui, et c’est la question qu’on oublie de poser. Si l’ophtalmologiste dilate la pupille pour examiner le fond d’œil, elle le reste plusieurs heures, ce qui rend la conduite difficile. Prévoyez d’être accompagné ou de rentrer autrement, et emportez des lunettes de soleil : la dilatation éblouit.

À quelle fréquence refaire le contrôle après 40 ans ?

L’Assurance Maladie parle d’un contrôle régulier à partir de 40 ans sans fixer publiquement d’intervalle unique, parce qu’il dépend de vos facteurs de risque et de ce que montre le premier examen. C’est l’ophtalmologiste qui fixe le rythme du suivi, et c’est une question à lui poser en fin de consultation.

Existe-t-il des remèdes naturels contre le glaucome ?

Non, et c’est un point sur lequel nous sommes nets. Les seuls traitements décrits par l’Assurance Maladie sont les collyres, le laser et la chirurgie : aucune plante et aucun complément n’y figure, et rien de ce qui se prépare à la maison ne répare un nerf optique. Retarder un traitement au profit d’un remède maison fait perdre de la vue de façon définitive.

Un enfant peut-il avoir un glaucome ?

Oui, c’est rare mais cela existe. L’Assurance Maladie décrit des formes infantiles et juvéniles, souvent héréditaires, et elles sont diagnostiquées plus tard que les autres parce qu’on ne les cherche pas. Un antécédent familial est donc une information à donner au pédiatre, pas seulement à son propre médecin.

Et si l’examen trouve une pression élevée sans glaucome ?

C’est une hypertonie oculaire, et ce n’est pas la même chose qu’un glaucome : la pression est haute, le nerf optique n’est pas encore abîmé. La recommandation de la Haute Autorité de santé traite d’ailleurs les deux ensemble. Cela ne veut pas dire que vous serez traité, cela veut dire que vous serez suivi, et c’est précisément ce que le dépistage sert à obtenir.

Sources

D’autres sujets de vue traités ici : l’orgelet et le moment où il faut consulter, voir double, et le choix de lunettes de soleil, qui protègent d’autres atteintes de l’œil.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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