Odeurs de pieds : l’huile de massage de grand-mère
Ce ne sont pas les pieds qui sentent, c’est ce qui vit dessus : la sueur n’a pas d’odeur, ce sont les bactéries de la peau qui la transforment. D’où deux conséquences pratiques. Se laver plus fort ne change rien, et le geste qui compte le plus est le séchage, en particulier entre les orteils. Voici l’huile de massage de nos grands-mères, et ce qui l’accompagne.
Les ingrédients et le matériel nécessaires
Pour réaliser cette huile, vous aurez besoin de :
- 30 ml d’huile végétale de noyau d’abricot, une base douce qui facilite le massage ;
- 6 gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé (tea tree) bio ;
- 6 gouttes d’huile essentielle de patchouli bio ;
- 3 gouttes d’huile essentielle de lemongrass bio.
Côté matériel, un simple flacon doseur en verre suffit pour préparer et conserver votre mélange.
Avant de commencer
Faites un essai au pli du coude 24 heures avant la première utilisation, et n’appliquez rien si une rougeur apparaît. L’arbre à thé est un sensibilisant connu : employé fort et longtemps, il finit par ne plus être supporté du tout. C’est pour cela que les quantités ci-dessus restent modestes.
Cette huile est déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’aux enfants, et elle ne s’applique jamais sur une peau abîmée, fissurée ou irritée.
La recette
- Versez les 30 ml d’huile végétale de noyau d’abricot dans votre flacon doseur.
- Ajoutez les 6 gouttes de tea tree, les 6 gouttes de patchouli et les 3 gouttes de lemongrass.
- Fermez le flacon et mélangez délicatement en le retournant plusieurs fois.
- Au moment de l’application, déposez quelques gouttes au creux de votre main.
- Frottez vos mains l’une contre l’autre, puis massez l’ensemble de vos pieds, en insistant entre les orteils et sur la voûte plantaire.
Le massage lui-même compte autant que le mélange : il étale l’huile partout, y compris entre les orteils, là où l’odeur se forme.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienConseils d’utilisation et précautions
Appliquez cette huile une fois par jour, le soir après la douche, sur des pieds parfaitement secs, en cure de dix jours. Au-delà, passez à cinq applications par semaine pour laisser la peau se reposer. Faites un essai au pli du coude 24 heures avant la première utilisation.
Conservez le flacon à l’abri de la lumière et de la chaleur.
L’huile ne fait pas tout, et elle fait même le moins. Si la transpiration est le fond du problème, voyez plutôt nos remèdes contre la transpiration des pieds et le bain de pieds anti-transpiration.
Ce qui compte plus que l’huile
- Séchez entre les orteils, un par un, après chaque douche. C’est l’humidité qui nourrit les bactéries, et c’est le seul geste qui agit sur la cause.
- Ne remettez jamais les mêmes chaussures deux jours de suite. Une paire met un à deux jours à sécher à cœur, et une chaussure encore humide repart avec sa flore.
- Retirez les semelles pour la nuit, et aérez les chaussures hors de leur boîte.
- Des chaussettes en coton ou en laine, changées tous les jours, plutôt que du synthétique qui garde l’humidité contre la peau.
- Alternez avec des chaussures ouvertes dès que la saison le permet.
D’autres gestes de nos grands-mères sont réunis dans quatre remèdes anti-odeur, la page la plus complète du site sur ce sujet.
Quand ce n’est plus une affaire d’odeur
Une odeur qui s’accompagne de démangeaisons, de peau qui pèle, de rougeurs ou de fissures entre les orteils n’est pas un problème de transpiration : c’est très probablement une mycose, ce qu’on appelle le pied d’athlète. L’Assurance Maladie la décrit comme une rougeur puis des vésicules entre les orteils, avec desquamation et macération, le plus souvent entre le troisième et le quatrième orteil, ou entre le quatrième et le cinquième (ameli.fr, Reconnaître une mycose de la peau).
Aucune huile parfumée ne traite une mycose, et l’appliquer ne fait que retarder le bon soin. Voyez nos remèdes naturels contre la mycose des pieds, et parlez-en à votre pharmacien.
Et l’odeur elle-même figure parmi les motifs de ne pas se traiter seul. L’Assurance Maladie demande de ne pas employer d’antifongique de sa propre initiative lorsque « la peau des pieds est humide et dégage une mauvaise odeur », et pas davantage si vous êtes diabétique, immunodéprimé, ou si vous avez une maladie neurologique ou une artérite des membres inférieurs (ameli.fr, Mycose : que faire ?). Dans ces cas, c’est le médecin ou le pédicure-podologue qui prend la main.
Deux autres situations se montrent : une plaie qui ne guérit pas, et un ongle qui s’épaissit ou se tache de jaune. L’automédication ne convient qu’à une mycose peu étendue entre les orteils, jamais à une atteinte des ongles ou de la plante du pied.
Questions fréquentes
Le bicarbonate dans les chaussures, ça marche vraiment ?
Il absorbe l’humidité et neutralise une partie des odeurs, ce qui en fait un bon dépannage entre deux portages. Une cuillerée à soupe dans chaque chaussure le soir, à secouer le matin. Il ne remplace pas le séchage, il l’accompagne.
Faut-il laver ses pieds plus souvent ?
Non, et c’est la fausse piste la plus répandue. Une toilette par jour suffit largement : ce qui change tout, c’est ce qui vient après, sécher entre chaque orteil. Se laver davantage assèche la peau et peut même l’abîmer.
Mes chaussures sentent, même vides. Que faire ?
Retirez les semelles et laissez-les sécher à part, deux jours à l’air libre. Si l’odeur persiste, c’est que la flore s’est installée dans la doublure : le bicarbonate aide, mais une paire portée tous les jours pendant des mois est parfois à remplacer.
Les huiles essentielles conviennent-elles aux enfants ?
Non. Cette huile est réservée à l’adulte. Chez un enfant dont les pieds sentent, on s’en tient au séchage, aux chaussettes de coton changées chaque jour et à l’alternance des chaussures, qui suffisent presque toujours.
Peut-on employer cette huile toute l’année ?
Mieux vaut l’utiliser en cures de dix jours, espacées. Une huile essentielle appliquée en continu pendant des mois est exactement la situation où la peau finit par ne plus la supporter.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.