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Mycose des pieds : remèdes de grand-mère entre les orteils

Mycose des pieds : remèdes de grand-mère entre les orteils

Virginie Verglas Mis à jour le 07/08/2026 12 min

Une peau blanche qui se décolle entre le petit orteil et son voisin, une fissure au fond du pli, des démangeaisons le soir en retirant les chaussettes : c’est le tableau du pied d’athlète, la plus banale des mycoses de la peau. Le premier geste ne coûte rien, c’est de sécher soigneusement entre chaque orteil, matin et soir. Nos bains de pieds viennent après, et ils accompagnent le traitement de la pharmacie plutôt qu’ils ne le remplacent.

Avant de commencer

Le diabète change tout, et c’est le premier point de cette page. Chez une personne diabétique, une petite lésion du pied n’est pas une petite lésion : l’hyperglycémie abîme les nerfs, la sensibilité diminue en commençant par les pieds, et la douleur ne joue plus son rôle d’alerte, si bien qu’un problème mineur s’aggrave sans faire mal. Les artères des jambes sont fragilisées en même temps, les plaies guérissent lentement, et les cas les plus graves peuvent aboutir à une amputation (ameli.fr, Les complications du diabète au niveau des pieds). Une fissure entre les orteils est exactement la porte d’entrée qu’on ne laisse pas traîner. Diabète, artérite des membres inférieurs, déficit immunitaire ou corticoïdes : on consulte, on ne se soigne pas à la maison.

Pour tout le monde, trois repères.

  • Vérifiez que c’est bien une mycose. Entre les orteils, l’Assurance maladie décrit une rougeur puis des vésicules, la peau qui pèle et macère, des démangeaisons qui poussent à gratter et aggravent la lésion, puis une extension aux autres espaces et à l’ensemble du pied (ameli.fr, Reconnaître une mycose de la peau). Une rougeur qui gonfle, chauffe et devient franchement douloureuse ressemble davantage à nos repères sur le furoncle.
  • L’ongle est un autre chantier. Un ongle épaissi, jaunâtre ou qui s’effrite ne se traite pas comme la peau : c’est plus long, le temps de la repousse, et l’Assurance maladie renvoie au médecin dans ce cas. Nos astuces contre la mycose des ongles traitent ce cas à part.
  • Le remède maison n’est pas le traitement. Pour une mycose modérée et peu étendue, un pied d’athlète sans atteinte des ongles par exemple, l’Assurance maladie renvoie à un antifongique local vendu sans ordonnance, à choisir avec son pharmacien et à poursuivre jusqu’au bout de la durée conseillée (ameli.fr, Mycose de la peau : que faire ?).

Méthode 1 : le bain de pieds au bicarbonate

Le geste de base, dont le mérite principal n’est pas le bicarbonate : c’est qu’il impose le séchage minutieux qui vient après.

Diabète et artérite : ce bain n’est pas pour vous

Un pied dont la sensibilité est diminuée ne sent pas l’eau qui le brûle, et c’est ce que le diabète et l’artérite des membres inférieurs finissent par provoquer. Dans ces deux situations, l’Assurance maladie demande de vérifier la température de l’eau à la main ou au coude avant tout bain, de ne pas exposer ses pieds à une source de chaleur directe, d’inspecter ses pieds tous les jours et de les faire examiner chaque année par un pédicure-podologue ou par son médecin traitant (ameli.fr, Comment prendre soin de ses pieds ?). Une mycose entre les orteils fait justement partie de ce qui se montre au lieu de se traiter chez soi : on ne trempe pas ces pieds-là dans une préparation maison, on prend rendez-vous.

Ce qu’il vous faut

3 litres d’eau tiède, 3 cuillères à soupe (45 g) de bicarbonate de soude alimentaire, une bassine assez large pour que les pieds soient couverts, une serviette réservée à vos pieds.

La marche à suivre

  1. Remplissez la bassine d’eau tiède, 37 °C au maximum : c’est la limite que pose l’Assurance maladie pour la toilette des pieds.
  2. Versez le bicarbonate et mélangez jusqu’à dissolution complète, sans grain au fond.
  3. Trempez les pieds dix minutes, pas davantage. Au-delà, un bain ramollit et fragilise la peau, et c’est exactement ce qu’on ne veut pas au fond d’un pli déjà macéré.
  4. Séchez comme décrit juste en dessous. C’est l’étape qui compte, pas le trempage.
  5. Le soir, une fois par jour, deux semaines au maximum. Faites le point au bout d’une semaine : sans amélioration, on arrête et on prend rendez-vous.

Le séchage fait la moitié du remède

Un bain de pieds mouille précisément l’espace qu’on cherche à assécher. Remettre une chaussette sur des orteils encore humides, c’est avoir nourri le champignon au lieu de le gêner : le séchage n’est pas le conseil qui suit le bain, il en fait partie. L’Assurance maladie insiste sur ce point pour tout le monde, mycose ou pas, parce que c’est lui qui prévient la macération.

  • Tamponnez, ne frottez pas : une peau qui pèle et des fissures ne supportent pas le frottement de l’éponge.
  • Passez la serviette entre chaque orteil, un par un, sans oublier le dernier espace, le plus étroit et celui qu’on saute toujours. C’est aussi celui où la mycose commence le plus souvent.
  • Finissez au sèche-cheveux réglé sur l’air froid, à bonne distance, quelques secondes par espace, jusqu’à ce que la peau soit sèche au toucher. Jamais d’air chaud.
  • Serviette réservée aux pieds, changée tous les 2 jours et lavée à 60 °C, séchée à l’air libre et non roulée en boule.
  • Chaussettes de coton propres, seulement une fois le pli parfaitement sec. Si vous êtes pressé, laissez les pieds nus à l’air quelques minutes de plus plutôt que d’écourter cette étape.

Ce qu’on en sait

La tradition fait du bain alcalin un milieu défavorable aux champignons ; nous ne connaissons pas de travaux qui l’établissent sur le pied d’athlète. Ce qui est acquis, c’est le rôle de la macération : la chaleur humide est le facteur favorisant que cite l’Assurance maladie, et un bain suivi d’un séchage soigneux agit sur ce terrain-là.

Méthode 2 : le bain au vinaigre de cidre dilué

Le second bain du répertoire familial. Il se dilue, toujours.

Ce qu’il vous faut

500 ml de vinaigre de cidre, 2 litres d’eau tiède (1 volume de vinaigre pour 4 d’eau), une bassine.

La marche à suivre

  1. Mélangez le vinaigre et l’eau tiède, 37 °C au maximum comme pour le bain au bicarbonate.
  2. Trempez les pieds dix minutes, pas davantage : la même règle vaut ici, un bain qui s’éternise ramollit la peau.
  3. Rincez à l’eau claire si votre peau est sensible, puis séchez entre chaque orteil, un par un, comme après le bain au bicarbonate.
  4. Deux fois par jour, 10 jours au maximum.
  5. Si la peau tire, pique ou rougit, diluez davantage (1 volume pour 6) ou arrêtez.

Si la peau est fissurée, à vif ou suintante, ne trempez pas dans le vinaigre : une lésion ouverte expose à une surinfection, et c’est l’une des situations pour lesquelles l’Assurance maladie demande de consulter.

Ce qu’on en sait

L’acidité du vinaigre est réelle ; l’idée qu’elle rende la peau inhospitalière au champignon appartient à la tradition et n’est pas démontrée. Sans danger sur une peau intacte, à condition de rester dilué.

Méthode 3 : l’huile essentielle d’arbre à thé, toujours diluée

C’est l’huile essentielle que tout le monde cite sur ce sujet, et ses règles ne se négocient pas : jamais pure, jamais dans la bouche, jamais sur une plaie. Le détail des dilutions et des contre-indications est réuni dans nos règles d’usage de l’arbre à thé.

Ce qu’il vous faut

2 gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé (Melaleuca alternifolia), 1 cuillère à café d’huile végétale (5 ml : jojoba, amande douce ou olive), un coton-tige, un flacon ambré si vous préparez d’avance.

La marche à suivre

  1. Testez le mélange dilué au pli du coude, attendez 24 heures avant la première application.
  2. Lavez la zone, séchez-la complètement.
  3. Déposez le mélange au coton-tige sur la zone atteinte seulement, 2 fois par jour.
  4. Conservez le reste 1 mois au maximum, à l’abri de la lumière.
  5. Faites le point au bout d’une semaine : sans amélioration, on arrête et on prend rendez-vous.

Pas d’huile essentielle chez la femme enceinte ou allaitante, ni chez l’enfant, ni sur une peau lésée, ni sous un pansement occlusif.

Ce qu’on en sait

La réputation antifongique de l’arbre à thé vient des ouvrages d’aromathérapie, pas d’une autorisation officielle : l’Anses rappelle que les huiles essentielles vendues librement ne peuvent revendiquer aucune allégation thérapeutique. C’est pourquoi nous bornons la durée au lieu d’appliquer « jusqu’à guérison ».

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Méthode 4 : l’huile de coco vierge, la nuit

Le remède du soir, pour une peau qui pèle et qui tiraille plus qu’elle ne suinte. Massez une couche fine d’huile de coco vierge sur la plante et le dessus du pied, sur une peau lavée et séchée, puis enfilez des chaussettes en coton pour la nuit. Entre les orteils, restez très léger, et passez votre tour si l’espace est déjà macéré : on n’ajoute pas d’humidité là où il y en a trop.

On prête à ses acides laurique et caprylique une action antifongique, sans source institutionnelle qui l’établisse sur le pied d’athlète. Son effet certain est cosmétique : elle assouplit une peau qui pèle. Si vos talons sont surtout secs et crevassés, sans démangeaison ni odeur, ce n’est probablement pas une mycose et notre soin des pieds secs et crevassés sera plus utile.

Et si c’est dans l’aine ou sous un pli

Le même champignon aime tous les plis, et il voyage volontiers du pied vers l’aine par la serviette ou le sous-vêtement. Dans un pli, l’Assurance maladie décrit une peau rouge et suintante, des fissures au fond, un dépôt jaunâtre et crémeux, puis des plaques rouges qui gagnent la peau voisine.

Deux adaptations s’imposent : aucune huile essentielle dans cette zone, où la peau est fine et les muqueuses proches, et pas de bain de vinaigre sur un pli suintant. Restent le lavage quotidien au savon doux, un rinçage abondant, un séchage en tamponnant et du linge changé tous les jours.

L’argile verte, que nos grands-mères posaient sur les zones qui suintent, garde ici sa place : 2 cuillères à soupe (30 g) délayées à l’eau dans un bol non métallique, à la spatule en bois, en couche de 5 mm, 20 minutes, puis rinçage à l’eau tiède, une fois par jour pendant 10 jours. L’argile usagée se jette. Elle s’écarte dès que la peau est fissurée ou à vif.

Les erreurs à éviter

  • Ne remettez jamais des chaussettes sur des pieds humides. L’Assurance maladie le dit sans détour : ne gardez pas vos pieds mouillés, essuyez-vous bien entre les orteils après la douche (ameli.fr, Prévenir les mycoses cutanées).
  • Ne posez pas d’ail écrasé entre les orteils. L’ail provoque des brûlures chimiques sur les peaux fragiles, et une peau macérée et fissurée est exactement une peau fragile.
  • Ne partagez ni serviette, ni tapis de bain, ni chaussons : la contamination passe par les squames déposées sur le linge et les objets.
  • Ne marchez pas pieds nus dans les douches collectives, les piscines et les salles de sport. Des tongs suffisent.
  • N’arrêtez pas le traitement dès que ça va mieux. Un arrêt prématuré ou des applications irrégulières entraînent échecs et rechutes.
  • Ne laissez pas transpirer vos pieds toute la journée dans la même paire. Alternez les chaussures d’un jour sur l’autre ; si la transpiration est votre terrain, notre huile de massage contre les odeurs de pieds s’attaque au même problème par l’autre bout.

Quand consulter

Le jour même, si une fièvre entre 38 et 39 °C, avec ou sans frissons, accompagne un placard rouge, chaud, gonflé et douloureux sur la jambe. C’est le tableau de l’érysipèle, une infection bactérienne de la peau dont une mycose des plis entre les orteils est une porte d’entrée classique (ameli.fr, Reconnaître un érysipèle).

Prenez rendez-vous dans les cas listés par l’Assurance maladie :

  • vous êtes diabétique, vous avez une artérite des membres inférieurs, un déficit immunitaire ou un traitement par corticoïdes ;
  • il s’agit d’un enfant de moins de 12 ans ;
  • vous n’êtes pas sûr de la nature des lésions ;
  • les lésions sont ouvertes ou suintantes, avec un risque de surinfection ;
  • les ongles ou le cuir chevelu sont atteints ;
  • rien ne s’améliore une semaine après le début du traitement local ;
  • de nouvelles lésions apparaissent ailleurs sur le corps ;
  • la gêne, la douleur ou les démangeaisons perturbent votre quotidien.

Une mycose entre les orteils se règle presque toujours, mais par la constance plus que par la recette : le séchage tous les jours, le traitement mené jusqu’au bout, des chaussures qui respirent.

FAQ

Le bain de pieds à l’eau salée fonctionne-t-il ?

C’est une tradition ancienne, sans danger sur une peau intacte : une poignée de gros sel dans une bassine d’eau tiède, dix minutes comme pour les autres bains. Rien n’établit d’action sur le champignon lui-même, et sur une fissure entre les orteils, le sel pique franchement. Voyez-le comme un bain agréable qui vous oblige à sécher vos pieds ensuite.

Comment assainir ses chaussures ?

C’est la moitié oubliée du problème, parce qu’une chaussure garde l’humidité. Saupoudrez du bicarbonate de soude à l’intérieur le soir, secouez-le le matin. Surtout, ne portez pas la même paire deux jours de suite : l’Assurance maladie en fait un conseil de prévention à part entière, avec les chaussettes en fibres naturelles.

Ma mycose revient chaque été, est-ce normal ?

C’est le scénario le plus courant : la récidive suit le terrain, pas le remède. Chaleur, transpiration, chaussures fermées, piscines et vestiaires. Si elle revient plusieurs fois par an malgré un séchage rigoureux, cela vaut une consultation : un réservoir sous un ongle, souvent celui du gros orteil, entretient parfois les rechutes.

Puis-je la transmettre à mes proches ?

Oui, et les familles le sous-estiment. La contamination se fait par contact direct, mais surtout de façon indirecte, par les squames de peau déposées sur le sol de la salle de bains, le tapis, le linge de toilette et les chaussons. Chacun sa serviette, lavage régulier du linge de bain et du tapis, et pas de chaussons prêtés le temps que ça guérisse.

Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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