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Ostéoporose : symptômes, dépistage et traitement

Ostéoporose : symptômes, dépistage et traitement

Virginie Verglas Mis à jour le 02/10/2026 7 min

L’ostéoporose est une maladie du squelette qui rend les os moins denses et plus fragiles. Elle ne provoque aucune douleur tant qu’il n’y a pas de fracture, et c’est souvent une chute banale, de sa propre hauteur, qui la révèle. En France, environ 4 millions de personnes en étaient atteintes en 2019, selon l’Assurance Maladie. Elle se dépiste par un examen simple, et une bonne partie de la prévention passe par l’alimentation, l’activité physique et une maison aménagée contre les chutes.

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

L’os est un tissu vivant qui se détruit et se reconstruit en permanence. Dans l’ostéoporose, la densité de l’os diminue et sa structure interne s’altère : il garde sa forme, mais résiste moins aux chocs. Les fractures les plus fréquentes touchent le col du fémur, les vertèbres et le poignet.

La masse osseuse atteint son maximum vers 25 ans, puis décroît avec l’âge. Tout ce qui est construit pendant l’enfance et l’adolescence, par l’alimentation et l’activité physique, sert de réserve pour la suite.

Qui est concerné ?

Les femmes sont touchées deux à trois fois plus souvent que les hommes, surtout après la ménopause. L’Inserm l’explique par la chute des œstrogènes, qui entraîne une accélération de la perte osseuse pendant 5 à 10 ans. Vers 65 ans, environ 39 % des femmes sont atteintes, et 70 % après 80 ans.

Les hommes ne sont pas épargnés : ils représentent un quart des fractures de fragilité. Et la maladie peut toucher plus tôt quand elle découle d’un traitement ou d’une autre maladie.

L’Assurance Maladie liste les principaux facteurs de risque :

  • des médicaments : les corticoïdes à forte dose pendant plus de trois mois, les traitements qui suppriment certaines hormones, certains antidépresseurs et certains médicaments contre l’ulcère ;
  • des maladies hormonales traitées tardivement : l’hyperparathyroïdie et l’hyperthyroïdie ;
  • le mode de vie : une maigreur importante (indice de masse corporelle inférieur à 19), la sédentarité, le tabac, l’alcool, les carences en calcium et en vitamine D.

Si vous prenez l’un de ces médicaments, ne l’arrêtez pas de vous-même : parlez-en au médecin qui l’a prescrit, il peut surveiller vos os en parallèle.

Les symptômes : une maladie silencieuse

Le premier signe est le plus souvent une fracture survenue après un traumatisme minime, l’équivalent d’une chute de sa propre hauteur.

Même les fractures de vertèbres sont, d’après l’Assurance Maladie, le plus souvent non douloureuses. Deux signes peuvent toutefois les trahir :

  • une perte de taille importante, qu’on remarque en se mesurant ou en voyant ses vêtements tomber autrement ;
  • un dos qui se voûte progressivement.

Le dépistage : l’ostéodensitométrie

L’examen qui mesure la solidité des os s’appelle l’ostéodensitométrie. Il utilise des rayons X à faible dose sur la colonne vertébrale et le col du fémur, dure moins de 15 minutes et ne demande aucune piqûre.

Le résultat s’exprime en T-score, qui compare votre densité osseuse à celle d’un adulte jeune. D’après l’Assurance Maladie :

T-scoreCe qu’il signifie
Supérieur à -1densité osseuse normale
Entre -1 et -2,5ostéopénie, densité diminuée
Égal ou inférieur à -2,5ostéoporose
Égal ou inférieur à -2,5 avec fractureostéoporose sévère

L’examen est remboursé à 70 % quand il est prescrit dans les situations prévues : une maladie ou un traitement qui fragilise les os, une fracture de fragilité, ou, chez la femme ménopausée, un facteur de risque comme une maigreur importante. Votre médecin traitant décide s’il est utile pour vous.

Prévenir l’ostéoporose au quotidien

Le calcium et la vitamine D. L’Assurance Maladie conseille de privilégier les aliments riches en calcium (laitages, eaux minérales calciques) et ceux qui apportent de la vitamine D (poissons gras, jaune d’œuf, beurre). Le morceau de fromage en fin de repas et la boîte de sardines à l’huile de nos grands-mères allaient dans ce sens. La vitamine D vient aussi du soleil, et notre page sur les sources de vitamine D dans l’alimentation détaille les aliments qui en contiennent. Les compléments, eux, se prennent sur avis médical : c’est le médecin qui évalue vos apports et prescrit si besoin.

Bouger, et en charge. Les activités où l’on porte son poids renforcent l’os : marcher, monter les escaliers, danser, courir quand on le peut. Les exercices de renforcement avec des haltères légers ou des élastiques complètent. Même modeste, l’activité physique après la ménopause compte.

Le tabac et l’alcool. Le tabac aggrave l’ostéoporose. Pour l’alcool, l’Assurance Maladie rappelle les repères de consommation : pas plus de 10 verres standard par semaine, pas plus de 2 par jour, et des jours sans alcool.

Un poids suffisant. Un indice de masse corporelle inférieur à 19 fait partie des facteurs de risque reconnus : passé la ménopause, les régimes sévères ne rendent pas service aux os.

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Éviter les chutes à la maison

Une fracture du col du fémur pèse lourd : l’Assurance Maladie indique que seule la moitié des patients de plus de 60 ans retrouvent une mobilité normale de la hanche. Prévenir la chute protège donc autant que soigner l’os, d’autant que certaines maladies chroniques (Alzheimer, Parkinson, diabète, maladies du cœur ou des bronches) augmentent le risque de fracture. Ses conseils pour la vie quotidienne :

  • retirer les tapis, surtout au pied du lit, et dégager couloirs et passages ;
  • ranger les fils électriques et les meubles encombrants ;
  • multiplier les sources de lumière et poser une veilleuse entre la chambre et les toilettes ;
  • installer des barres d’appui dans les toilettes et la salle de bains ;
  • porter des chaussures fermées qui tiennent bien le pied, et éviter les vêtements trop longs ;
  • faire contrôler sa vue régulièrement, et signaler au médecin un médicament qui donne de la somnolence dans la journée.

Les activités qui travaillent l’équilibre sont les bienvenues. Le tai-chi, étudié pour réduire les chutes des personnes âgées, en est une.

Les traitements

Quand l’ostéoporose est confirmée, le traitement a pour but de prévenir les fractures. Le médecin choisit selon votre âge, vos fractures passées et votre T-score : les bisphosphonates sont les plus prescrits, en comprimé ou en perfusion, et d’autres médicaments existent pour des situations précises. Il vérifie aussi vos apports en calcium et en vitamine D, et peut prescrire un médicament qui associe les deux.

Ces traitements se prennent longtemps et selon des règles précises de prise. Si un effet indésirable vous inquiète, parlez-en au médecin ou au pharmacien avant d’arrêter : un traitement interrompu ne protège plus.

Quand consulter ?

Parlez-en à votre médecin traitant si :

  • vous êtes ménopausée et présentez un facteur de risque : un parent du premier degré qui s’est cassé le col du fémur sans traumatisme, une ménopause avant 40 ans, une maigreur importante, des corticoïdes pendant plus de trois mois de suite ;
  • vous vous êtes cassé un os après une chute banale, à n’importe quel âge adulte ;
  • vous avez perdu plusieurs centimètres de taille ou votre dos se voûte ;
  • vous prenez un traitement ou avez une maladie qui fragilise les os.

Appelez le 15 après une chute si la personne ne peut pas se relever ou si elle a très mal à la hanche, au dos ou au poignet.

FAQ

Ostéoporose ou arthrose, quelle différence ?

Ce sont deux maladies différentes. L’ostéoporose touche l’os lui-même, qui devient fragile sans faire mal. L’arthrose touche le cartilage des articulations, qui s’use et fait souffrir, surtout au mouvement. On peut avoir les deux, mais l’une ne mène pas à l’autre.

Peut-on mourir de l’ostéoporose ?

L’ostéoporose ne tue pas directement, mais une fracture du col du fémur chez une personne âgée peut entraîner une perte d’autonomie et des complications graves. Le dépistage et la prévention des chutes servent à l’éviter.

L’ostéoporose concerne-t-elle aussi les hommes ?

Oui, ils représentent un quart des fractures de fragilité. Elle survient souvent plus tard chez eux, ou plus tôt quand elle est liée à un traitement par corticoïdes, à une maladie ou à l’alcool. Un homme qui se casse un os sur une chute banale doit en parler à son médecin, comme une femme.

Est-il trop tard pour bouger quand on a déjà de l’ostéoporose ?

Non. L’Inserm souligne que l’exercice physique est bénéfique pour la densité minérale osseuse quel que soit l’âge. Le médecin ou le kinésithérapeute aide à choisir des exercices adaptés, en particulier après une fracture, et l’Assurance Maladie recommande les activités qui renforcent l’équilibre et la souplesse.

Sources

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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