Aliments à éviter avec du cholestérol, et les faux interdits
Quand on a trop de cholestérol, ce qu’on réduit en premier, ce sont les graisses d’origine animale : viandes grasses, charcuterie, beurre, crème, fromages gras. Les œufs et le fromage restent au menu en quantité modérée, et les huiles d’olive ou de colza remplacent le beurre dans la poêle. Beaucoup d’interdits qui circulent ne tiennent pas, et quelques idées rassurantes non plus. Nous les avons reprises une à une avec ce qu’en disent l’Assurance maladie, la Fédération française de cardiologie, l’Anses et le Vidal.
À table : ce qu’on limite, ce qu’on garde

« Il faut bannir les œufs »
C’est faux. L’Assurance maladie demande de modérer le cholestérol apporté par l’assiette, et elle range les œufs avec les abats et le foie (ameli.fr). Selon le Vidal, « la consommation de jaune d’œuf riche en cholestérol a moins d’impact sur le taux sanguin de cholestérol qu’on ne l’a dit » (Vidal). Il conseille de les réduire davantage si le taux ne baisse pas malgré une prise en charge adaptée.
Regardez aussi ce qui accompagne l’œuf. Une omelette cuite à l’huile d’olive avec des légumes et des œufs au plat dans le beurre avec du lard ne pèsent pas la même chose.
« Il faut remplacer le beurre par de la margarine »
Le beurre se limite, comme la crème : l’Assurance maladie conseille de réduire les graisses d’origine animale et de cuisiner avec des huiles végétales, olive, colza ou noix (ameli.fr). Le geste le plus simple est donc l’huile pour la cuisson et l’assaisonnement, et un peu de beurre cru sur la tartine.
Pour une margarine, lisez l’étiquette : la Fédération française de cardiologie conseille de se méfier des acides gras trans, signalés sur les emballages par la mention « graisses végétales hydrogénées » (FFC). Les margarines enrichies en stérols végétaux sont un cas à part, traité plus bas avec les compléments.
« Il ne faut plus manger de fromage »
Le fromage fait partie des graisses animales dont on évite l’excès, mais les produits laitiers gardent leur place : l’Assurance maladie en compte 2 par jour avant 55 ans, 3 à 4 après, en choisissant les fromages les moins gras et les moins salés (ameli.fr). Un yaourt ou un fromage blanc au dessert permet d’alterner avec le fromage.
« L’huile d’olive fait monter le cholestérol »
Non. L’huile d’olive est riche en oméga-9, que l’Assurance maladie conseille de privilégier, et la Fédération française de cardiologie recommande des graisses surtout insaturées, notamment « l’huile d’olive (et de colza) ». La seule réserve tient aux calories : en cas de surpoids, l’Assurance maladie demande de réduire l’apport calorique, et une huile reste une matière grasse.
« La viande rouge est interdite »
Elle se limite. L’Assurance maladie conseille de ne pas dépasser 500 g par semaine pour le porc, le bœuf, le veau, l’agneau et les abats, et 150 g de charcuterie. La Fédération française de cardiologie préfère une viande « essentiellement sous forme de volailles », et un poisson régulier. Pour le poisson, l’Assurance maladie conseille d’en manger 2 à 3 fois par semaine, dont une fois un poisson gras (sardine, maquereau, hareng) (ameli.fr).
« Les fibres, ça ne change rien au cholestérol »
Le Vidal conseille de manger plus de fibres, qui réduiraient l’absorption du cholestérol de l’assiette par l’intestin : fruits, légumes, légumes secs, céréales complètes. Une pomme au goûter, des lentilles deux fois par semaine, du pain complet à la place du pain blanc font partie de ces gestes.
Pour l’avoine, l’effet sur le cholestérol vient de ses bêta-glucanes, « à condition d’en consommer une certaine quantité, au moins 3 g de béta glucanes par jour », précise la Fédération française de cardiologie (FFC). L’orge en contient aussi : nous lui avons consacré une page sur l’orge et le mauvais cholestérol, et l’avoine a sa fiche dans tout savoir sur l’avoine.
Nos grands-mères ajoutaient aussi de l’ail dans les lentilles et les légumes, pour le cœur. C’est un usage traditionnel.
Les idées reçues sur le cholestérol lui-même
« Le cholestérol, c’est toujours mauvais »
Il y en a deux sortes, et on les lit séparément sur une prise de sang. Le LDL, le « mauvais », se dépose sur la paroi des artères quand il est en excès. Le HDL, le « bon », ramasse le cholestérol en trop pour le ramener au foie (ameli.fr).
« Quand on est mince, on n’a pas de cholestérol »
Le surpoids fait partie des causes, avec une alimentation déséquilibrée et le manque d’activité physique, mais il n’est pas seul en cause. L’Assurance maladie note que, souvent, aucune cause précise n’est retrouvée, et que certaines formes sont héréditaires, comme l’hypercholestérolémie familiale. Une personne mince peut donc avoir un taux trop élevé.
« Le cholestérol, c’est une affaire de personnes âgées »
Le taux tend à augmenter avec l’âge, écrit le Vidal (Vidal). Mais dans sa forme familiale, l’excès « survient alors dès la naissance », et moins de 10 % des enfants atteints sont identifiés, selon la Fondation pour la recherche médicale (FRM). Si plusieurs personnes de la famille ont du cholestérol ou ont fait un accident cardiaque jeunes, parlez-en au médecin, y compris pour vos enfants.
Compléments et produits enrichis : les précautions
La levure de riz rouge n’est pas un remède anodin. Elle contient des monacolines, et l’Anses estime que leur usage « peut exposer les consommateurs » à des risques pour la santé, surtout des atteintes des muscles et du foie. L’Agence demande de prendre conseil auprès d’un professionnel de santé avant d’en consommer, et les déconseille aux femmes enceintes ou qui allaitent, aux enfants et adolescents, aux personnes de plus de 70 ans, aux personnes atteintes d’une maladie des reins, des muscles ou du foie, ou d’une hypothyroïdie non traitée, à celles qui ont dû arrêter une statine à cause de ses effets indésirables, et aux grands consommateurs de pamplemousse ou d’alcool (Anses). L’Assurance maladie ajoute qu’ils ne doivent pas être pris à la place d’une statine ni avec elle.
Les margarines et yaourts enrichis en stérols végétaux abaissent le LDL d’environ 10 % en moyenne, sans effet chez environ 3 personnes sur 10. L’Anses ne les considère pas comme un moyen approprié de prévention des maladies cardiovasculaires au niveau de la population, et les déconseille aux enfants ainsi qu’aux femmes enceintes ou qui allaitent. Ceux qui en consomment doivent manger au moins les fruits et légumes recommandés, parce que ces produits font baisser le bêta-carotène du sang (Anses).
Les gélules d’ail sont plus concentrées que l’ail de cuisine. L’Agence européenne du médicament demande de la prudence avec un traitement qui fluidifie le sang (anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire), les écarte pendant la grossesse et l’allaitement, et conseille d’éviter l’ail les 7 jours avant une opération (EMA). Le détail est dans notre page sur l’ail et le cœur.
Si vous suivez un traitement, il ne se modifie ni ne s’arrête sans avis médical, « même si vous vous sentez bien », rappelle l’Assurance maladie. Parlez au médecin avant tout complément.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienQuand consulter ?
Le cholestérol en excès ne donne aucun symptôme, souvent pendant des années : seule une prise de sang le révèle. La Fédération française de cardiologie conseille un bilan lipidique régulier, « tous les 5 ans pour une personne en bonne santé » (FFC). Demandez-le à votre médecin traitant, plus tôt si :
- des proches ont du cholestérol, ou ont eu un infarctus ou un AVC jeunes : quand une forme familiale est trouvée, l’Assurance maladie indique qu’un dépistage de l’entourage est nécessaire ;
- vous avez déjà une maladie qui fait monter les graisses du sang (hypothyroïdie, diabète de type 2, maladie du foie ou des reins) ou un traitement qui peut le faire, comme les corticoïdes ;
- vous fumez, vous avez de la tension ou du surpoids.
Une douleur dans la poitrine, une bouche qui se déforme, une faiblesse soudaine d’un côté du corps ou un trouble de la parole imposent d’appeler le 15 sans attendre, même si les signes disparaissent. Ils sont détaillés dans nos pages sur l’infarctus et sur les signes de l’AVC.
Questions fréquentes
Combien d’œufs par semaine quand on a du cholestérol ?
Aucune source officielle que nous avons lue ne fixe de nombre. Le Vidal rapporte que des études n’ont pas trouvé de hausse de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires avec un œuf par jour. Le nombre qui vous convient se décide avec le médecin qui suit vos analyses.
Bouger fait-il baisser le cholestérol ?
Oui, avec l’alimentation : l’Assurance maladie compte l’activité physique et sportive parmi les « bons moyens de réduire les graisses dans le sang ». Le Vidal reprend le repère de l’Organisation mondiale de la santé, 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine. Ces gestes du quotidien sont repris un à un sur notre page comment faire baisser le cholestérol.
Faut-il être à jeun pour la prise de sang ?
La Fédération française de cardiologie parle d’une prise de sang faite à jeun. Le laboratoire ou le médecin qui prescrit vous dira ce qu’il attend : suivez sa consigne.
Sources
- Assurance maladie, Cholestérol et/ou triglycérides élevés : quel traitement ?
- Assurance maladie, Anomalies du cholestérol et des triglycérides : causes et conséquences
- Assurance maladie, Alimentation de l’adulte : l’équilibre des repas
- Fédération française de cardiologie, Le cholestérol, Maîtriser son taux de cholestérol et L’avoine
- Anses, Compléments alimentaires à base de levure de riz rouge (2014) et Aliments enrichis en phytostérols (2014)
- Vidal, Cholestérol (excès) et Régimes anti-cholestérol
- Agence européenne du médicament, monographie de l’ail (Allii sativi bulbus)
- Fondation pour la recherche médicale, L’hypercholestérolémie familiale (2024)
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.