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Que faire de ses rosiers en hiver ?

Que faire de ses rosiers en hiver ?

Virginie Verglas Publié le 06/11/2026 9 min

En hiver, un rosier demande surtout qu’on protège son pied. En novembre, on butte la base avec de la terre pour abriter le point de greffe, on paille autour, et on garde le voile d’hivernage pour les nuits de grand froid. Les rosiers en pot se regroupent contre un mur, pot emballé. C’est aussi le moment de bouturer. La taille attend février ou mars, et l’engrais le printemps.

Votre rosierCe qu’il lui faut cet hiver
Un rosier buisson en pleine terreUne butte de terre au pied, un paillage autour
Un rosier tige ou un rosier planté cette annéeLa butte, et un voile ou de la paille par grand froid
Un rosier en pot, sur la terrasse ou le balconLe pot abrité, surélevé, emballé, et peu d’eau
Un rosier que vous aimeriez multiplierUne bouture en octobre ou en novembre

Butter et pailler le pied avant les grands froids

La partie la plus fragile d’un rosier est son point de greffe, ce bourrelet d’où partent les tiges, juste au ras du sol. S’il gèle, le rosier peut en mourir. La plupart des rosiers de nos jardins supportent très bien l’hiver en pleine terre, à condition que ce point soit à l’abri. Les rosiers qui poussent sur leurs propres racines profitent aussi de la butte, qui garde intacts les bourgeons du bas.

Ce qu’il vous faut

  • de la terre de jardin meuble et sèche, prise à un autre endroit du jardin
  • des feuilles mortes saines, de la paille ou les branches broyées d’une taille
  • une bêche ou une pelle

Les étapes

  1. Attendez les premières gelées légères, en novembre le plus souvent : le rosier a ralenti et s’est préparé au froid. Choisissez un jour sec.
  2. Ramassez les feuilles tombées au pied, surtout celles qui portent des taches noires, et jetez-les à la déchetterie plutôt qu’au compost.
  3. Apportez la terre et montez-la en butte autour de la base, sur une vingtaine de centimètres de haut, jusqu’à couvrir le point de greffe et le départ des tiges.
  4. Étalez autour de la butte une couche de feuilles mortes ou de paille de 5 à 10 centimètres.

Pourquoi la terre vient d’ailleurs

Gratter la terre au pied du rosier pour la remonter mettrait ses racines à nu, au moment où elles ont besoin d’être couvertes. Le terreau ne convient pas non plus : il retient l’eau contre le point de greffe et le fait pourrir. Une butte de terre garde la chaleur du sol, et le paillage par-dessus évite qu’elle gèle en profondeur. Au printemps, ce même paillage empêche les mauvaises herbes de lever au pied des rosiers.

Quand débutter

En mars, quand les fortes gelées sont passées, étalez simplement la terre de la butte tout autour du pied, sans creuser. C’est aussi le moment de la taille des rosiers qui refleurissent.

Le voile d’hivernage, seulement par grand froid

Un rosier buisson adulte, butté et paillé, se passe de voile dans la plupart des régions. Le voile sert les nuits de fortes gelées annoncées, dans les régions aux hivers rudes, et pour les rosiers les plus exposés.

  • Le rosier tige porte sa greffe en haut de la tige, à l’air libre. Glissez de la paille entre les branches de la tête, puis enveloppez-la d’un voile d’hivernage ou de toile de jute, ficelé sans serrer. Un tuteur solide l’empêche de casser au vent.
  • Le rosier planté cette année a peu de racines : la butte, et un voile par grand froid.
  • Le rosier grimpant, dans les régions froides, reçoit de la paille glissée entre les tiges du bas, maintenue par une toile de jute.

Le voile se pose sur un feuillage sec, sans serrer, et se lève les jours doux pour que l’air circule dessous. On le retire pour de bon à la fin de l’hiver, quand les fortes gelées sont passées, par un jour couvert pour que le soleil ne saisisse pas les bourgeons, et on le garde sous la main jusqu’à la mi-mai, pour une gelée tardive. Pour le poser sur des tuteurs, jusqu’au sol, et le remplacer au besoin par un vieux drap, voyez nos gestes pour protéger ses plantes du gel.

Les rosiers en pot et sur le balcon

Un rosier en pot craint l’hiver bien plus qu’un rosier en pleine terre. Ses racines n’ont que quelques centimètres de terre entre elles et l’air glacé, et la motte peut geler de part en part.

Les étapes

  1. Rapprochez le pot du mur de la maison, à l’abri du vent du nord. Sur un balcon, choisissez le coin le moins exposé, contre la façade.
  2. Posez le pot sur deux cales ou des pieds de pot, et retirez la soucoupe : l’eau qui stagne gèle et prend les racines dans la glace.
  3. Entourez le pot de deux ou trois tours de toile de jute ou de papier bulle, en laissant le trou du fond dégagé.
  4. Couvrez la terre d’une bonne couche de paille ou de feuilles mortes.
  5. Sur un balcon venté, attachez les tiges entre elles d’un lien souple, et raccourcissez les plus longues pour que le vent ne fasse pas basculer le pot.
  6. Arrosez très peu, seulement quand la terre est sèche sur deux ou trois centimètres, un matin sans gel.

Un pot en terre cuite ordinaire peut éclater sous le gel. Un pot en terre cuite non gélive, en bois ou en plastique épais passe l’hiver sans dommage.

Faut-il le rentrer ?

Rarement. Un rosier n’est pas une plante d’intérieur, et dans une pièce chauffée il se réveille, pousse sans lumière et s’épuise. Là où l’hiver est rude, ou pour un petit pot qu’on ne peut pas protéger dehors, mettez-le dans un endroit clair, frais et hors gel, comme un garage avec une fenêtre ou une véranda non chauffée, et ressortez-le dès que les fortes gelées sont passées.

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Bouturer un rosier à l’automne

Nos grands-mères multipliaient leurs rosiers préférés en piquant des tiges en terre à l’automne. La bouture d’automne demande peu de soins : elle forme sa cicatrice pendant l’hiver, et ses racines au printemps. Toutes ne reprennent pas, alors piquez-en plusieurs.

Ce qu’il vous faut

  • un sécateur propre et bien affûté
  • un coin de terre à mi-ombre, abrité du vent, qui ne garde pas l’eau
  • un peu de sable
  • une étiquette pour noter le nom du rosier

Les étapes

  1. D’octobre à novembre, avant les fortes gelées, choisissez une tige de l’année, saine, qui a durci et bruni : le bois est dit aoûté. Elle a à peu près la grosseur d’un crayon.
  2. Retirez l’extrémité tendre, puis coupez un tronçon de 20 à 25 centimètres. En haut, coupez en biais juste au-dessus d’un œil (un bourgeon) ; en bas, coupez droit juste sous un œil. Vous saurez ainsi toujours dans quel sens la planter.
  3. Retirez les feuilles et les aiguillons du bas, en gardant au plus les deux feuilles du haut.
  4. Ouvrez à la bêche une tranchée étroite d’une quinzaine de centimètres de profondeur, et versez un peu de sable au fond.
  5. Enfoncez chaque bouture aux deux tiers, en laissant quelques yeux hors de terre, à 10 ou 15 centimètres de la suivante. Tassez la terre autour et arrosez.
  6. Plantez l’étiquette au bout du rang.

Dans les régions aux hivers rudes, une bouteille en plastique coupée, posée sur chaque bouture, lui sert de cloche pour l’hiver.

Comment savoir si elle a pris

Après une forte gelée, la terre se soulève parfois autour des boutures : tassez-la de nouveau du pied. Au printemps, des feuilles apparaissent sur celles qui ont pris. Ne les tirez pas pour voir les racines, qui sont encore fragiles, et arrosez-les pendant les périodes sèches de l’été. Laissez-les en place jusqu’à l’automne suivant, puis installez-les à leur place définitive. Une bouture prise sur un rosier greffé donne un rosier sur ses propres racines, parfois un peu plus ou un peu moins vigoureux que la plante d’origine.

La taille, à la fin de l’hiver

Les rosiers qui refleurissent tout l’été se taillent en février ou en mars, quand les grands froids sont passés. Les rosiers qui ne fleurissent qu’une fois portent leurs fleurs sur le bois de l’an passé et se taillent après leur floraison, en été. En novembre, sur un rosier buisson qui refleurit, raccourcissez seulement d’un tiers environ les tiges très longues, pour que le vent ne secoue pas le pied. Le calendrier des autres plantes du jardin est dans notre page pour savoir ce qu’on taille en hiver, et ce qu’on laisse.

Laissez sur le rosier les cynorrhodons, ces fruits rouges qui succèdent aux fleurs. Ils signalent au rosier qu’il est temps de se mettre au repos, et les merles et les grives viennent les picorer quand le froid s’installe. Ils complètent ce que l’on peut donner aux oiseaux en hiver.

Ce qu’on ne fait pas en hiver

  • Mettre de l’engrais : de la fin de l’été au mois de mars, il ferait partir des pousses tendres que le premier gel brûlerait. On reprend en mars, avec du compost mûr ou l’un de nos engrais naturels pour le jardin.
  • Arroser par temps de gel ou la veille d’une gelée annoncée, et jamais une terre gelée. En pleine terre, la pluie suffit presque toujours.
  • Tailler court en automne : une tige coupée court juste avant une forte gelée peut sécher sur toute sa longueur.
  • Remonter la butte avec la terre grattée au pied, ou la faire en terreau.
  • Envelopper le rosier dans un plastique : l’humidité se condense dessous et gèle contre les tiges.
  • Laisser le voile fermé tout l’hiver, sans l’ouvrir les jours doux : les tiges moisissent dessous.

FAQ

Peut-on planter un rosier en hiver ?

Oui, les rosiers à racines nues se plantent de novembre à mars, un jour où la terre n’est ni gelée ni détrempée. Buttez le pied juste après la plantation, il en a encore plus besoin qu’un rosier installé. Si le sol est gelé à l’arrivée du rosier, gardez-le au frais, racines enveloppées dans de la terre humide, en attendant un jour doux.

Faut-il couper les fleurs fanées en hiver ?

Coupez celles qui pourrissent sur la tige, détrempées par la pluie. Laissez les autres former leurs cynorrhodons, si votre rosier en donne.

Un rosier qui a gelé peut-il repartir ?

Le plus souvent, oui, si son point de greffe et ses racines ont été protégés. Attendez le printemps : les tiges noires et sèches se coupent au moment de la taille, au-dessus d’un œil sain, là où le bois est vert sous l’écorce. Si toutes les tiges ont séché mais que des pousses sortent sous le point de greffe, ce sont des pousses du porte-greffe, et le rosier d’origine est perdu.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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