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Faut-il fabriquer son gel hydroalcoolique maison ?

Faut-il fabriquer son gel hydroalcoolique maison ?

Virginie Verglas Mis à jour le 30/09/2026 5 min

Pendant l’épidémie de Covid, beaucoup d’entre nous ont cherché à fabriquer leur gel hydroalcoolique quand les rayons étaient vides. Les rayons se sont remplis depuis, et les autorités sanitaires sont claires : pour des mains propres, le savon suffit la plupart du temps, et quand il faut un gel, celui du commerce est le seul dont l’efficacité soit contrôlée. Voici pourquoi.

Le savon d’abord

L’Assurance maladie recommande de se laver les mains à l’eau et au savon, de préférence liquide, pendant au moins 30 secondes, en frottant les ongles, le bout des doigts, la paume, le dos des mains, entre les doigts et les poignets (Source). La solution hydroalcoolique n’arrive qu’en second, en l’absence d’eau et de savon, et seulement si les mains ne sont pas visiblement sales.

L’Anses explique pourquoi : le savon nettoie et emporte toute la matière organique, microbes compris, alors qu’un gel ne lave pas, il désinfecte seulement (Source). Sur des mains grasses ou terreuses, il ne fait donc pas le travail. Un simple savon liquide au savon de Marseille fait très bien l’affaire au lavabo.

Le gel du commerce ensuite

Pour le sac à main, la voiture ou le pique-nique, un gel acheté en pharmacie ou en magasin reste utile. Deux repères pour le choisir, tous deux donnés par l’Anses (Source) :

  • au moins 65 % d’alcool : à ce taux, les gels sont efficaces contre les virus enveloppés, dont les coronavirus ;
  • la norme EN 14 476 sur l’étiquette : c’est elle qui encadre l’allégation « virucide ».

L’Anses conseille aussi de conserver le flacon à l’abri de la chaleur et du soleil, et de l’utiliser assez vite une fois ouvert.

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Pourquoi nous déconseillons le gel maison

La formule de l’OMS n’a jamais été une recette de cuisine. L’Organisation mondiale de la santé l’a publiée comme un guide de production locale destiné aux pharmacies et aux établissements de soins (Source). En France, quand le gouvernement a autorisé en 2020, à titre temporaire, la fabrication de solutions hydroalcooliques selon des formules fixées, il l’a réservée à des établissements pharmaceutiques, cosmétiques ou de biocides (Source). Santé Canada résume la même idée : la recette de l’OMS est faite pour des producteurs autorisés, dans un environnement contrôlé, afin que la concentration finale soit précise (Source).

Vient ensuite le dosage. Avec un verre doseur de cuisine, de l’alcool dont on ne connaît pas le titre exact et un peu trop d’eau ou d’aloe vera, on descend vite sous le seuil d’efficacité, et le gel donne une fausse sécurité. Santé Canada note que bon nombre de recettes maison ne contiennent pas assez d’alcool pour agir, et qu’elles exposent aussi à des irritations ou à des allergies de la peau. Faites le calcul sur une recette « douce » qui circule : 5 ml d’alcool à 90° pour 45 ml de gel d’aloe vera, cela donne moins de 10 % d’alcool dans le mélange, loin des 65 % demandés par l’Anses. Nous n’y ajoutons pas non plus d’huiles essentielles : aucune des formules officielles n’en contient.

Reste la manipulation : l’alcool concentré est inflammable, comme le rappelle le pictogramme de son étiquette, et il en faut une grande quantité pour une préparation.

Et chez les plus petits, le risque est bien réel. Les centres antipoison comptent les solutions hydroalcooliques parmi les produits en cause dans les appels concernant les moins de 6 ans, et demandent de ne jamais transvaser un produit dans un autre flacon (Source). C’est pourtant ce que suppose toute fabrication maison.

Si vous cherchez un produit pour la maison plutôt que pour les mains, nous avons fait le point sur ce qu’est vraiment un désinfectant naturel.

Quand consulter ?

  • Un enfant a avalé du gel ou de l’alcool : appelez sans attendre un centre antipoison pour un avis médical, ou le 15 en cas d’urgence vitale (Source).
  • Du gel a giclé dans un œil : faites couler de l’eau tiède dans l’œil pendant 15 minutes, paupières maintenues ouvertes, puis appelez un centre antipoison (Source). Si la douleur, la rougeur ou une gêne de la vision persistent, demandez un avis médical rapide : centre antipoison, 15 ou ophtalmologiste. L’Anses a signalé à l’été 2020 des lésions oculaires chez de jeunes enfants, projetées par des distributeurs à hauteur de leur visage (Source). Mieux vaut appliquer soi-même le gel dans les mains de l’enfant.
  • Des mains rouges, crevassées ou qui brûlent après des frictions répétées : espacez le gel au profit du savon, nourrissez la peau avec une crème pour les mains, et parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin si l’irritation dure.

FAQ

Comment fabriquer du gel hydroalcoolique maison ?

Nous ne le conseillons pas à un particulier. La formule de l’OMS est prévue pour des pharmacies et des établissements de soins, qui contrôlent le titre de l’alcool et la concentration finale. À la maison, un gel trop peu dosé paraît efficace sans l’être. Lavez-vous les mains à l’eau et au savon, et gardez un gel du commerce pour les sorties.

Le gel hydroalcoolique est-il plus efficace que le savon ?

Non, et c’est même l’inverse sur des mains sales : le savon nettoie et emporte les microbes avec l’eau ; le gel ne lave pas, il désinfecte seulement. L’Assurance maladie le réserve aux moments où l’on n’a ni eau ni savon, sur des mains non souillées, en frictionnant 30 secondes.

Comment choisir un gel hydroalcoolique efficace ?

Regardez l’étiquette : au moins 65 % d’alcool et la mention de la norme EN 14476, selon l’Anses. Rangez-le à l’abri de la chaleur et du soleil, et hors de portée des enfants. Pour limiter les microbes au quotidien, les gestes contre la grippe et la gastro commencent toujours par le lavage des mains.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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