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Brûlure d'estomac et remontée acide : remèdes de grand-mère

Brûlure d’estomac et remontée acide : remèdes de grand-mère

Virginie Verglas Mis à jour le 07/08/2026 10 min

La sensation de brûlure qui part du creux de l’estomac et remonte derrière le sternum porte un nom : le pyrosis. Pour la calmer tout de suite, nos grands-mères avaient le verre d’eau bicarbonatée, en dépannage. Pour qu’elle revienne moins souvent, tout se joue à table et sur l’oreiller : des repas plus petits, trois heures entre le dîner et le lit, la tête surélevée. Voici leurs remèdes, avec les précautions qui vont avec.

Ce qui déclenche vos remontées acides

Un reflux de temps en temps n’a rien d’anormal : l’Assurance maladie le décrit comme un phénomène normal lorsqu’il est peu fréquent, bref et non douloureux, et compte au moins 20 % d’adultes concernés de temps à autre, 10 % chaque jour (ameli.fr, Reflux gastro-œsophagien de l’adulte).

Ce qui l’entretient est souvent déjà sous votre nez : les repas trop copieux ou trop gras, les épices, le chocolat, l’alcool, les boissons gazeuses, les jus d’agrumes ou de tomate, le tabac, les vêtements serrés à la taille, le surpoids, et la position allongée juste après le repas. La grossesse en fait partie aussi, avec ses règles propres : nous y consacrons une page pour les futures mamans.

Commencez par là. Aucun remède de cette page ne rattrapera un dîner lourd avalé une demi-heure avant de se coucher.

Le verre de dépannage : bicarbonate ou eau bicarbonatée

C’est le geste le plus ancien, et le plus rapide.

  • 1/2 cuillère à café de bicarbonate de soude alimentaire
  • un verre d’eau tiède, environ 200 ml

Mélangez jusqu’à dissolution complète et buvez lentement. Trois fois par jour au maximum, espacées d’au moins deux heures, et pas plus de deux semaines de suite. Une eau minérale bicarbonatée, celle que nos grands-mères gardaient au frais pour les lendemains de fête, rend le même service en plus doux.

C’est un dépannage, pas une habitude à installer. Le bicarbonate alimentaire apporte du sodium : il n’a pas sa place dans un régime pauvre en sel, et il se demande au médecin ou au pharmacien en cas d’hypertension, de problème rénal ou de traitement en cours. La remarque vaut aussi pour les eaux bicarbonatées, très riches en sodium elles aussi.

Deuxième règle, tout aussi importante : espacez ce verre de vos médicaments d’au moins deux heures. En modifiant l’acidité de l’estomac, le bicarbonate peut en changer l’absorption. C’est exactement la consigne que porte notre page pour bien digérer après un repas trop lourd.

La tisane de mélisse et de camomille

Un mélange à préparer d’avance, à garder dans un bocal :

  • 30 g de feuilles de mélisse
  • 20 g de fleurs de camomille matricaire
  • 20 g de feuilles de verveine odorante
  • 10 g de graines de fenouil, légèrement écrasées

Pour chaque tasse, versez 250 ml d’eau à 80 à 85 °C sur 1 cuillère à soupe du mélange. Couvrez, laissez infuser 10 minutes, puis filtrez. Une tasse après chaque repas principal. Le mélange se garde 6 mois à l’abri de la lumière.

La monographie européenne de la fleur de camomille matricaire retient un usage traditionnel sur les troubles gastro-intestinaux mineurs, ballonnements et petits spasmes ; celle de la feuille de mélisse reconnaît de même les troubles digestifs légers. Des usages traditionnels reconnus, donc, et non des preuves d’efficacité sur le reflux.

Précautions : ce mélange est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, et réservé aux plus de 12 ans. Le fenouil est à écarter en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant. Et la camomille est contre-indiquée en cas d’allergie aux Astéracées (marguerite, arnica, pissenlit, ambroisie). Mélisse et camomille reviennent d’ailleurs dans notre sélection des plantes de la tisane du soir, avec les mêmes bornes.

L’argile blanche, en cure courte

Ce remède se prépare la veille, ce qui en fait un geste de fond plutôt qu’un dépannage.

Diluez 1 cuillère à café rase d’argile blanche surfine dans un verre d’eau de 200 ml, en mélangeant avec une cuillère en bois et jamais en métal. Préparez le verre le soir pour le lendemain matin, ou laissez reposer au moins 1 heure. Ne buvez que l’eau claire de surface, en laissant le dépôt au fond : c’est ce qu’on appelle le surnageant. Comptez une prise 30 minutes avant chacun des deux principaux repas, pendant 3 semaines au maximum.

Précautions, et elles sont sérieuses :

  • l’argile diminue l’absorption de nombreux médicaments : respectez au moins deux heures d’écart avant ou après toute prise ;
  • réservez-la à l’adulte. Les argiles extraites du sol peuvent contenir d’infimes quantités de plomb : l’ANSM a réservé à l’adulte les médicaments à base d’argile autres que la diosmectite, et déconseille ces derniers chez la femme enceinte ou allaitante (ANSM). Nous appliquons la même prudence à l’argile alimentaire ;
  • à éviter en cas de constipation importante, de maladie rénale ou de troubles digestifs sévères sans avis médical.

Le gel d’aloe vera à boire

Le gel d’aloe vera est traditionnellement employé pour apaiser les irritations digestives. L’efficacité n’est pas démontrée sur le reflux : c’est un usage, pas une garantie.

Une seule forme convient : un gel destiné à la consommation orale, purifié et sans aloïne. Environ 2 cuillères à soupe, soit 30 ml, quinze minutes avant les deux repas principaux, pendant deux semaines au maximum. Commencez par de petites quantités pour évaluer votre tolérance.

Précautions, pour la voie interne uniquement : à écarter en cas de grossesse, d’allaitement, de syndrome de l’intestin irritable, de maladie inflammatoire de l’intestin ou de problème rénal, ainsi qu’en cas de traitement par diurétiques, digitaliques ou antidiabétiques oraux. Arrêtez immédiatement en cas de crampes abdominales ou d’effet laxatif.

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Les gestes de table de nos grands-mères

  • Les amandes. Cinq à dix amandes dans la journée, mâchées longuement. La tradition leur prête un effet tampon sur l’acidité : rien ne l’établit, rien ne l’infirme, et elles ne coûtent rien à essayer.
  • L’eau de cumin. Une cuillère à soupe de cumin en poudre dans un demi-litre d’eau chaude, bue par demi-verre toutes les quinze minutes.
  • Prendre le temps. L’Assurance maladie conseille de consacrer 20 à 30 minutes au repas, assis, et de fractionner les repas plutôt que d’avaler de grosses portions. C’est le conseil le moins spectaculaire de cette page, et probablement le plus rentable.
  • Le gingembre, avec discernement. Il a sa réputation contre les nausées, et nous en donnons l’usage sur notre page consacrée aux nausées accompagnées de brûlures d’estomac. Mais à forte dose il peut provoquer lui-même des brûlures d’estomac : ce n’est pas le remède du reflux.

Les remontées acides la nuit

C’est le moment où le reflux se fait le plus sentir, et il s’explique simplement : debout, la gravité maintient l’acidité dans l’estomac ; allongé, plus rien ne la retient.

  • Dînez trois heures avant de vous coucher. L’Assurance maladie est explicite : on ne se couche pas immédiatement après le dîner, mais trois heures après.
  • Surélevez la tête du lit de 15 à 20 cm, en calant les pieds du lit. Pas en empilant des oreillers : un oreiller plie la nuque et comprime l’abdomen, ce qui va contre l’effet recherché. C’est l’inclinaison de tout le buste qui travaille.
  • Allégez le dîner : moins gras, moins épicé, et pas d’alcool le soir.
  • La position. L’Assurance maladie conseille de dormir sur le dos, la tradition recommande le côté gauche. Les deux se rejoignent sur l’essentiel, qui est l’inclinaison du lit : c’est elle qui fait le travail, la position vient après.

Gardez du bicarbonate alimentaire dans la pharmacie pour les réveils nocturnes, avec les réserves données plus haut.

Les erreurs à éviter

  • S’allonger pour digérer. Après le déjeuner, préférez la position demi-assise, et la marche digestive aux efforts physiques importants.
  • Compter sur les fruits acides. L’ananas, les agrumes et le jus de tomate figurent parmi les aliments à limiter quand on fait du reflux : ce ne sont pas des remèdes.
  • Prolonger l’automédication. Avant tout produit en vente libre, signalez au pharmacien vos antécédents et vos traitements, et respectez la posologie, l’intervalle entre deux prises et la dose quotidienne maximale.
  • Mettre toute douleur du thorax sur le compte de l’estomac. C’est l’erreur qui coûte le plus cher, et elle a sa section ci-dessous.

Quand consulter

Un reflux gastro-œsophagien ne relève pas d’un appel d’urgence, écrit l’Assurance maladie (ameli.fr, Remontées acides et RGO : que faire ?). Une douleur du thorax, elle, peut en relever.

Appelez le 15 ou le 112 devant une douleur brutale et intense qui serre la poitrine, dure plus de cinq minutes, ne disparaît pas au repos, et s’étend vers la mâchoire, les bras, le dos, le cou ou l’abdomen, surtout si s’y ajoutent des sueurs, des nausées, un essoufflement ou un malaise. Chez la femme, l’infarctus peut d’ailleurs se manifester par une douleur au creux de l’estomac, donc là même où l’on attend une brûlure (ameli.fr, Reconnaître une douleur thoracique qui nécessite des soins urgents). Dans le doute, on appelle.

Consultez dans la journée si vous avez derrière le sternum des douleurs permanentes ou l’impression d’être serré par un étau, et si vous avez de grosses difficultés à avaler.

Prenez rendez-vous dans les jours qui viennent si :

  • vos symptômes persistent ou s’aggravent malgré ces mesures ;
  • ils réapparaissent dès l’arrêt du traitement ;
  • le reflux est apparu récemment et que vous avez plus de 50 ans ;
  • vous avez des régurgitations douloureuses, une toux, une voix enrouée, des difficultés à avaler ou des traces de sang dans les régurgitations ;
  • vous maigrissez rapidement sans l’avoir cherché.

Le reflux occasionnel se gère très bien à la maison. Ce qui ne se gère pas à la maison, c’est un reflux qui change de nature : plus fréquent, plus douloureux, ou accompagné d’un des signes de cette liste.

FAQ

Le lait calme-t-il vraiment les brûlures d’estomac ?

Il soulage sur le moment, et beaucoup de familles s’en servent depuis toujours. Le problème est ailleurs : le lait entier est un aliment gras, et le gras figure parmi ce que l’Assurance maladie conseille de réduire en cas de reflux. Un verre de temps en temps, aucune inquiétude ; comme réflexe quotidien, mieux vaut la tisane ci-dessus.

Le vinaigre de cidre est-il un remède contre les remontées acides ?

C’est une idée très répandue sur internet, et elle va contre les conseils officiels : le vinaigre fait partie des aliments que l’Assurance maladie recommande de limiter en cas de reflux, avec le citron et les jus d’agrumes. Nous ne le conseillons pas ici. Si vous y tenez, n’en faites pas une cure et arrêtez au moindre inconfort.

Faut-il supprimer le café ?

Pas forcément, mais il vaut la peine d’être testé. La règle donnée par l’Assurance maladie est d’identifier les aliments qui déclenchent vos propres symptômes et de les réduire, plutôt que d’appliquer une liste toute faite. Le café revient très souvent dans ces listes personnelles : supprimez-le deux semaines, réintroduisez-le, et vous saurez.

Peut-on faire du sport quand on a des remontées acides ?

Oui, et c’est même conseillé : une activité régulière entretient la musculature abdominale. Ce qu’il faut éviter, ce sont les efforts importants juste après un repas, en particulier ceux qui compriment le ventre ou mettent la tête en bas. La marche digestive, elle, reste la bonne idée.

Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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