Grog : la recette de grand-mère, avec ou sans rhum
Le grog au rhum est la boisson chaude que nos grands-mères préparaient dès les premiers frissons : de l’eau bien chaude, du miel, du jus de citron, un bâton de cannelle et un trait de rhum brun ambré. Comptez 10 minutes et une simple tasse. Disons-le tout de suite : le grog réconforte et adoucit la gorge, mais il ne soigne pas le rhume et il ne convient pas à tout le monde.
Les ingrédients du grog au rhum
Pour une grande tasse, soit une portion :
- 200 ml d’eau
- 1 cuillère à soupe de rhum brun ambré (facultatif)
- 1 cuillère à soupe de miel
- Le jus d’un demi-citron
- 1 bâton de cannelle, ou 1 cuillère à café de cannelle en poudre
- 1 rondelle de citron
Une casserole, une tasse et une cuillère suffisent. Le rhum brun ambré est celui de la tradition : plus rond que le rhum blanc, il s’accorde mieux au miel. Vous pouvez aussi le supprimer : la version sans alcool, aux clous de girofle, a sa propre recette plus bas sur cette page.
La recette du grog en 4 étapes
1. Faites chauffer l’eau
Portez les 200 ml d’eau au frémissement, environ 3 minutes. Évitez les gros bouillons : une eau trop brûlante durcit le goût du miel et rend le citron amer.
2. Laissez infuser la cannelle
Versez l’eau dans la tasse et plongez-y le bâton de cannelle. Laissez infuser 5 minutes à couvert : c’est ce repos qui donne au grog son parfum, comme pour une infusion préparée dans les règles.
3. Ajoutez le miel et le citron
Retirez la cannelle, incorporez le miel et le jus du demi-citron, mélangez jusqu’à dissolution. Goûtez : un grog trop acide se corrige avec une pointe de miel.
4. Ajoutez le rhum, hors du feu
Versez le rhum en dernier, dans la tasse et jamais dans la casserole sur le feu. Déposez la rondelle de citron et buvez chaud, à petites gorgées.
Le grog ne convient pas à tout le monde
Le grog est une boisson de confort, pas un traitement, et il ne chasse aucun microbe par la transpiration. Le rhume est une infection virale qui, selon l’Assurance maladie, guérit le plus souvent spontanément et sans traitement en quelques jours (ameli.fr, Rhinopharyngite de l’adulte). Une cuillère à soupe de rhum apporte près de la moitié d’un verre standard, que l’Assurance maladie situe à environ 10 g d’alcool pur : c’est peu, mais ce n’est pas rien, et cinq situations imposent de s’en passer.
- Les enfants : jamais d’alcool, à aucune dose et à aucun âge, l’abstention valant pour toute la période de croissance (ameli.fr, Alcool : repères de consommation).
- La grossesse et l’allaitement : la recommandation officielle est « zéro alcool pendant la grossesse », aucun seuil sans risque n’ayant été mis en évidence (ameli.fr, Zéro alcool pendant la grossesse) ; l’allaitement figure lui aussi parmi les situations d’abstention listées par les repères de consommation.
- Avant de prendre le volant : ces mêmes repères rangent la conduite parmi les situations où l’on ne boit pas d’alcool du tout. Gardez le grog pour le soir, une fois rentré, et pas pour la pause de midi.
- Avec un médicament : les repères de consommation de l’Assurance maladie écartent aussi l’alcool en cas de prise de médicaments, les interactions étant nombreuses. Pour le paracétamol, l’ANSM rappelle qu’un surdosage peut causer des dommages graves et irréversibles au foie, et cite l’alcoolisme chronique parmi les situations qui imposent un avis médical avant d’en prendre (ANSM, Le paracétamol). Dans le doute, servez-vous la version sans alcool.
- La fièvre élevée : l’alcool déshydrate au moment où il faut boire davantage. Au-delà de 38,5 °C, l’Assurance maladie range la température élevée parmi les motifs de consultation rapide (ameli.fr, Rhinopharyngite de l’adulte), pas parmi les occasions de se servir un grog.
Consultez rapidement en cas d’aggravation brutale des symptômes, s’ils ne régressent pas en 15 à 20 jours, ou devant une gêne respiratoire, une difficulté à avaler, des maux de tête intenses ou des vomissements. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLe grog sans alcool, aux clous de girofle
C’est la version que nos grands-mères servaient aux enfants et aux malades, et ce n’est pas la même recette : le girofle y remplace la seule cannelle, la tasse est plus généreuse, et l’infusion plus longue. Elle convient à tout le monde, y compris dans les cinq situations ci-dessus.
Ingrédients, pour une grande tasse
- 250 ml d’eau
- 1 bâton de cannelle
- 2 clous de girofle
- Le jus d’un demi-citron
- 1 cuillère à soupe de miel
Préparation
- Portez l’eau à ébullition, puis versez-la dans la tasse.
- Plongez-y le bâton de cannelle et les deux clous de girofle, et laissez infuser 10 minutes à couvert.
- Retirez les épices, ajoutez le jus de citron et le miel, mélangez jusqu’à dissolution.
- Buvez chaud, à petites gorgées.
Le miel se réserve aux plus de 1 an. L’Anses le déconseille absolument avant cet âge, dans l’alimentation comme sur un doigt ou une tétine, en raison du risque de botulisme infantile (Anses). Pour un plus jeune, tenez-vous-en à une boisson tiède, et demandez conseil au pharmacien. Comme la version au rhum, ce grog réconforte et adoucit la gorge : il ne raccourcit pas le rhume.
Les astuces et variantes de nos grands-mères
- Rhum blanc ou rhum vieux : le blanc donne un grog plus sec et plus âpre, il se prête davantage aux cocktails comme le mojito et sa menthe fraîche ; un rhum vieux, lui, apporte des notes boisées.
- Le miel en dernier : dans une eau tiédie plutôt que brûlante, son goût reste plus franc. Sans miel, un sirop de canne ou d’agave le remplace, en moins nappant.
- Sans cannelle : remplacez-la par deux clous de girofle, une étoile de badiane ou une branche de thym, comme dans notre infusion de thym.
Conservation : un grog se prépare à la minute
Un grog ne se conserve pas et se réchauffe encore plus mal : le citron s’oxyde, le miel perd son parfum, l’alcool s’évapore. Préparez-le tasse par tasse. Pour gagner du temps, gardez au réfrigérateur une eau infusée d’avance avec plusieurs bâtons de cannelle : miel, citron et rhum s’ajoutent à la dernière minute.
Le grog de nos grands-mères tient donc en une tasse, cinq ingrédients et dix minutes, à réserver aux adultes et plutôt au soir, et à laisser de côté dès qu’un médicament, la route ou une vraie fièvre entre en jeu. Retrouvez aussi nos remèdes contre le rhume et toutes nos recettes de boissons.
FAQ : vos questions sur le grog
Qu’est-ce qu’un grog antillais ?
C’est la version des Antilles : rhum blanc agricole, sirop de canne, citron vert et eau chaude, sans cannelle. Plus vif et plus sec que le grog au miel, avec les mêmes précautions : c’est une boisson d’adulte.
Le grog calme-t-il la toux ?
La chaleur et le miel adoucissent la gorge irritée : l’Assurance maladie note elle-même que la prise de miel peut avoir un effet apaisant, surtout avant le coucher (ameli.fr, Comment calmer la toux et quand consulter). Le grog n’agit pas pour autant sur la cause. Une toux traîne souvent plus longtemps que le rhume qui l’a déclenchée : la même source invite à consulter si elle persiste au bout de trois semaines, ou plus tôt devant les signes listés plus haut, fièvre élevée et gêne respiratoire en tête.
À partir de quel âge un enfant peut-il boire un grog sans alcool ?
Un enfant ne boit jamais de grog alcoolisé. Pour la version sans rhum, deux règles : pas de miel avant un an, l’Anses le déconseillant en raison du risque de botulisme infantile (Anses, L’alimentation des nourrissons), et une boisson tiède plutôt que chaude.