Huile de millepertuis : la recette et ses précautions
L’huile de millepertuis est un macérat : des fleurs laissées à infuser dans une huile végétale jusqu’à la teinter de rouge. Traditionnellement, on l’applique sur les irritations de la peau, les piqûres d’insectes, les brûlures superficielles et, en massage, les douleurs musculaires (VIDAL, Millepertuis (Hypericum perforatum)). Trois choses sont à savoir avant d’en préparer : elle ne s’avale pas, elle rend la peau sensible au soleil, et elle n’a rien à faire sur une brûlure du jour, où l’eau passe avant tout le reste.
Avant de commencer
Usage externe uniquement. Malgré son nom et son flacon d’huile, cette préparation n’est pas une huile de cuisine et ne s’avale pas. Le millepertuis pris par la bouche est une tout autre affaire : c’est la plante qui compte le plus d’interactions médicamenteuses de la phytothérapie, et elle a alors ses propres contre-indications, que nous détaillons dans notre article sur le millepertuis et la dépression.
Le soleil, la précaution qui compte le plus. Le millepertuis est photosensibilisant, et la consigne vaut pour les deux usages : les personnes qui emploient des produits à base de millepertuis, « en applications locales ou par voie orale », doivent éviter de s’exposer au soleil et aux lampes à bronzer. Des réactions ont été observées, en particulier chez les personnes à peau claire, chez qui une exposition même modérée aux ultraviolets déclenche des rougeurs, des démangeaisons et de petits boutons (VIDAL).
Pour qui. L’Organisation mondiale de la santé et le NIH déconseillent le millepertuis chez la femme enceinte et chez celle qui allaite, et l’ESCOP le déconseille chez l’enfant de moins de six ans (VIDAL). Ces trois avis portent sur la plante prise par la bouche, et le macérat, lui, ne s’avale pas : ils ne le visent donc pas directement. Par prudence, dans ces trois situations, demandez tout de même l’avis de votre pharmacien avant d’en appliquer.
La recette du macérat
Ce qu’il vous faut
- 500 g de fleurs de millepertuis
- 1 litre d’huile de tournesol ou d’huile d’olive
- Un ou plusieurs flacons en verre stérilisés
La préparation
- Mettez les fleurs dans un ou plusieurs flacons en verre.
- Versez-y l’huile végétale, jusqu’à recouvrir complètement les fleurs.
- Laissez macérer 3 semaines en plein soleil. L’huile va devenir rouge, c’est normal.
- Filtrez l’huile en pressant les fleurs, puis versez-la dans vos flacons.
Conservez les flacons au frais, à l’abri de la lumière et bien fermés : dans ces conditions, comptez une année environ.
Ce qu’on en sait
L’usage local du millepertuis sur les brûlures superficielles, les irritations cutanées et les piqûres d’insectes est un usage traditionnel documenté, au même titre que son emploi en massage sur les douleurs musculaires (VIDAL). C’est à ce titre que nous le transmettons, et pas comme un traitement : rien de tout cela n’est démontré. La même liste traditionnelle mentionne aussi les plaies de la peau, et c’est le seul point où nous ne la suivons pas : une préparation maison sur une plaie ouverte fait courir un risque d’infection.
Le mot « brûlure » demande lui aussi une précision, parce qu’il recouvre deux moments très différents. Sur une brûlure récente, aucun corps gras n’a sa place, l’huile de millepertuis pas plus qu’une autre : l’Assurance Maladie demande de refroidir à l’eau et de ne rien appliquer d’autre. C’est une fois la peau refermée, sur une zone qui tiraille encore, que le macérat retrouve l’emploi que lui prête la tradition. Entre les deux, le gel d’aloe vera répond mieux à la question.
En massage sur les tensions du dos ou les articulations douloureuses, c’est le geste du massage lui-même et la chaleur qu’il produit qui apportent le plus clair du soulagement. Le macérat sert alors de support de massage agréable, ce qui est déjà une bonne raison de l’aimer, mais nous ne lui prêterons pas d’action anti-inflammatoire que rien ne vient étayer.
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Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLes erreurs à éviter
- N’appliquez aucun corps gras sur une brûlure récente. L’Assurance Maladie est explicite : ni crème, ni pommade, ni beurre, ni huile (ameli.fr, Brûlures de la peau). Le macérat attendra que la peau soit refermée, et les remèdes d’une brûlure légère passent avant lui.
- Ne l’appliquez pas avant de sortir. C’est la faute la plus fréquente avec cette huile : réservez l’application au soir, ou à une zone qui restera couverte le temps de la journée.
- Ne la posez pas sur une plaie ouverte, une cloque ou une brûlure suintante. Peau intacte seulement : le risque est l’infection.
- Ne gardez pas un macérat qui sent le rance. Comme toute huile végétale, il vieillit. Une odeur âcre signe une huile à jeter, pas une huile à économiser.
Quand consulter
Une brûlure du 1er degré (peau rouge, sèche et douloureuse, sans cloque) ou du 2e degré superficiel peu étendue peut être prise en charge chez soi. Le premier geste n’est pas l’huile mais l’eau : refroidissez la brûlure précocement sous l’eau tempérée (20 °C) pendant 20 minutes, ou tant qu’elle reste douloureuse, puis couvrez-la d’un linge propre et sec en coton. Ni glace, ni eau glacée, ni corps gras.
Consultez votre médecin traitant si la brûlure fait des cloques, si elle ne cicatrise pas, ou si elle s’accompagne de rougeur, de chaleur ou d’écoulement, signes d’une infection.
Appelez le 15 ou le 112 sans attendre si :
- la brûlure touche le visage, les mains, le cou ou le périnée ;
- la brûlure est profonde (3e degré), quelle que soit sa surface ;
- elle dépasse 10 % de la surface du corps chez un adulte, 5 % chez un enfant de plus de 5 ans ou chez une personne âgée ;
- il s’agit d’un nourrisson ou d’un enfant de moins de 5 ans, quelle que soit la brûlure.
Ces repères sont ceux de l’Assurance Maladie (ameli.fr, Brûlures de la peau). Ils existent parce qu’une brûlure paraît souvent moins grave qu’elle ne l’est dans les premières minutes.
L’huile de millepertuis reste une jolie préparation de la pharmacie de famille : trois semaines de patience, un flacon devenu rouge, et un geste que nos grands-mères transmettaient pour les peaux irritées et les piqûres d’été. Elle demande seulement qu’on la respecte pour ce qu’elle est, une huile de peau qui craint le soleil et qui n’a pas sa place sur une brûlure du jour.
FAQ
Peut-on utiliser cette huile en cuisine ?
Elle n’est pas comestible, et le vrai risque est la confusion : un flacon d’huile rouge posé près des vinaigres finit un jour dans une salade. Rangez-la avec la pharmacie de famille et non dans le placard à huiles, et étiquetez le flacon « usage externe », avec sa date de préparation.
Que faire si une rougeur apparaît après l’application ?
Arrêtez les applications, lavez la zone à l’eau et au savon doux, et gardez-la à l’abri du soleil. Deux causes sont possibles : une réaction de photosensibilisation, la plus fréquente avec cette plante, ou une allergie au millepertuis, qui existe aussi (VIDAL). Si la rougeur s’étend, démange fortement ou fait des cloques, montrez-la à votre médecin ou à votre pharmacien.
Faut-il des fleurs fraîches ou séchées ?
La macération traditionnelle se fait avec des sommités fleuries fraîches, cueillies au début de l’été. Laissez-les ressuyer quelques heures après la cueillette : l’eau résiduelle est ce qui fait tourner un macérat.
L’huile de millepertuis tache-t-elle le linge ?
Oui, et doublement : c’est un corps gras, et il est franchement rouge. Protégez vos draps si vous l’appliquez le soir, et traitez une éventuelle marque comme une tache de gras, sans attendre qu’elle sèche.