Mauvaise haleine : nos remèdes naturels et quand consulter
Que faire contre la mauvaise haleine ?
Commençons par le plus utile : dans 85 à 90 % des cas, la mauvaise haleine, ou halitose, vient de la bouche elle-même et non de l’estomac (ameli.fr, Mauvaise haleine : mécanisme de survenue et causes). La réponse se joue donc dans la bouche : brosser, nettoyer la langue, passer le fil dentaire et boire assez. Les remèdes de nos grands-mères viennent ensuite, pour la fraîcheur. Et si l’haleine résiste à tout cela, le sujet change de nature : les autres origines possibles de l’halitose se cherchent avec un professionnel.
Le geste que presque personne ne fait : nettoyer sa langue
C’est le point aveugle de la plupart des routines, et c’est pourtant là que tout se passe. Environ 60 % des bactéries de la bouche se logent à la surface de la langue, dans ses villosités, et la langue est à elle seule responsable d’environ 41 % des halitoses d’origine buccale (ameli.fr). Un brossage impeccable des dents qui laisse le dos de la langue intact ne règle donc qu’une partie du problème.
Le geste, dans l’ordre :
- Tirez la langue le plus loin possible.
- Brossez de l’arrière de la langue vers l’avant, avec la brosse à dents ou un gratte-langue.
- Restez sous les 30 coups de brosse : au-delà, vous irritez la muqueuse sans gagner davantage.
- Rincez l’outil entre chaque passage, puis la bouche à l’eau claire.
Le sens du brossage, le plafond de 30 coups et la durée d’effet, environ 7 heures, sont ceux que donne l’Assurance maladie : voilà pourquoi on refait le geste matin et soir. Si le passage à l’arrière de la langue déclenche un réflexe nauséeux, commencez au milieu et reculez de quelques millimètres chaque jour : la tolérance vient avec l’habitude.
Le socle : brossage, fil dentaire et salive
Ces trois gestes ne sont pas les plus séduisants, mais ce sont eux qui font le travail (ameli.fr, Mauvaise haleine : adopter les bons gestes).
- Brossez-vous les dents au moins 2 fois par jour, matin et soir après les repas, avec une brosse à poils souples, en n’oubliant pas la langue.
- Passez le fil dentaire ou les brossettes interdentaires tous les jours. C’est entre les dents que stagnent les résidus que la brosse n’atteint pas. Un hydropulseur rend le même service et se manie plus facilement quand on porte un appareil.
- Buvez 6 à 8 verres d’eau par jour. La salive est le nettoyant naturel de la bouche : quand elle manque, les bactéries prolifèrent. C’est aussi l’explication de l’haleine du matin, tout à fait normale, la salivation baissant pendant la nuit.
- Mâchez une gomme sans sucre après un repas pris à l’extérieur : elle relance la salivation en attendant le brossage.
- Si vous portez un appareil dentaire ou une prothèse, nettoyez-les après chaque repas. Un appareil mal entretenu est un réservoir à lui tout seul.
Les remèdes de nos grands-mères, et comment les utiliser
Aucun de ces gestes ne remplace le brossage. Ils s’y ajoutent, pour rafraîchir après un plat à l’ail ou pour se sentir à l’aise avant un rendez-vous. Nous en avons réuni d’autres, à mâcher ou à infuser, parmi les remèdes de grand-mère contre l’halitose.
L’huile de coco en bain de bouche
Le bain de bouche à l’huile, appelé Gandusha en Ayurvéda, est une pratique traditionnelle très ancienne. Prélevez 1 cuillère à soupe (15 ml) d’huile de coco vierge. Si elle est figée (elle durcit en dessous de 24 °C), laissez-la fondre quelques secondes en bouche. Faites-la circuler lentement entre les dents et autour de la langue pendant 10 à 15 minutes, sans avaler. Recrachez dans un mouchoir en papier que vous jetterez à la poubelle, jamais dans l’évier : l’huile de coco fige et bouche les canalisations. Rincez à l’eau tiède, puis brossez-vous les dents normalement.
À pratiquer le matin à jeun, tous les jours pendant 2 à 3 semaines, puis 2 à 3 fois par semaine.
Précautions : déconseillé aux enfants de moins de 6 ans (risque de fausse route) et à toute personne qui rencontre des difficultés à déglutir. Et ce n’est pas un substitut au brossage, quoi qu’on en lise.
Le bain de bouche au bicarbonate
C’est la recette la plus simple de la maison. Diluez 1 cuillère à café de bicarbonate alimentaire dans un verre d’eau tempérée, faites un bain de bouche après le brossage, puis rincez à l’eau claire. Deux à trois fois par semaine suffisent. La solution obtenue est alcaline, donc à l’opposé des préparations acides que nous écartons plus bas.
Évitez en revanche de vous en servir comme dentifrice quotidien : la poudre est abrasive, et le bain de bouche dilué rend le même service sans frotter l’émail.
Les herbes fraîches : persil et menthe
Mâcher 2 ou 3 feuilles de persil plat bien lavées après un plat à l’ail est une habitude ancienne, et elle a le mérite d’être immédiate. Prévoyez un coup de brosse ensuite, le persil se coince facilement entre les dents.
La menthe joue le même rôle, avec un parfum plus vif. Préférez la menthe verte (Mentha spicata), douce à mâcher, à la menthe poivrée (Mentha × piperita), plus puissante mais aussi plus irritante. La menthe poivrée est par ailleurs déconseillée en cas de reflux gastro-œsophagien ou de hernie hiatale, car elle relâche le sphincter de l’œsophage. La menthe verte, elle, ne pose pas ce problème. Un pot de menthe sur le rebord de la fenêtre règle la question de l’approvisionnement.
Vous pouvez aussi vous rincer la bouche avec une infusion de persil : portez un grand verre d’eau à ébullition, retirez du feu, ajoutez 5 brins de persil, 1 clou de girofle et 1 pincée de cannelle, laissez infuser quelques minutes, filtrez et rincez-vous la bouche avec le liquide tiède.
Le grain de café, la cardamome et le clou de girofle
Trois traditions de fin de repas, à garder dans un petit bocal.
- Le grain de café torréfié, écrasé entre les molaires puis avalé, est l’astuce classique des barmen après un alcool fort. Trois grains par jour au maximum, la caféine ne se compte pas seulement en tasses.
- Les graines de cardamome, 2 ou 3, mâchées pendant 3 minutes après le repas. Nos grands-mères leur prêtaient aussi un effet sur la digestion.
- Le clou de girofle, mordillé en fin de repas. En usage interne, il est déconseillé aux enfants de moins de 12 ans ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes, et un surdosage peut provoquer nausées, vomissements ou diarrhées. On peut aussi le préparer en bain de bouche aux clous de girofle, plus doux qu’un clou entier sous la dent.
- Une tasse de thé vert ou un bâton de cannelle à sucer ferment le repas sur une odeur agréable. Ce sont des gestes de confort, ils ne traitent rien, et c’est très bien ainsi.
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLe citron : oui, mais très dilué
Le citron revient dans tous les remèdes contre la mauvaise haleine, et il y revient souvent mal. On lit un peu partout qu’il faudrait le croquer : ne le faites pas. L’acide dissout l’émail, une usure qu’on appelle érosion dentaire et qui ne se répare pas, contrairement à une carie qui se soigne (UFSBD, L’érosion dentaire : attention aux acides). Croquer un citron, mâcher un zeste longuement ou verser du jus pur sur la langue, ce sont trois façons de tremper ses dents dans un acide.
Ce que le citron fait vraiment de bien, c’est déclencher la salivation, et pour cela une goutte suffit. La version que nous gardons :
- diluez 1 cuillère à café (5 ml) de jus de citron frais dans un grand verre d’eau (200 ml) ;
- faites un bain de bouche pendant 30 secondes, puis rincez abondamment à l’eau claire ;
- attendez au moins 20 minutes avant de vous brosser les dents : l’acidité ramollit temporairement l’émail, et un brossage immédiat l’abrase (UFSBD) ;
- 2 fois par semaine au maximum, jamais davantage.
À écarter complètement si vous avez un aphte ou une autre lésion dans la bouche, des gencives fragiles ou des dents sensibles au chaud et au froid. Et le citron ne se met jamais pur en bouche, sous aucune forme.
Une eau citronnée bue le matin ne pose pas le même problème qu’un citron croqué : le liquide passe, il ne séjourne pas. Rincez tout de même votre bouche à l’eau claire ensuite, et gardez le même délai avant le brossage.
Les erreurs à éviter
- Ne mettez jamais d’huile essentielle dans la bouche. Ni sur le dentifrice, ni en gargarisme, ni sur la brosse à dents. L’usage par voie orale des huiles essentielles de Melaleuca, c’est-à-dire l’arbre à thé ou tea tree, est contre-indiqué par l’Agence européenne des médicaments, et sur les 496 cas d’effets indésirables recensés par les centres antipoison français entre 2006 et 2019, 28 % concernaient la sphère oropharyngée (Anses, Vigil’Anses n° 14, juin 2021). Cette page a longtemps conseillé le contraire : nous l’avons retiré. Le détail des usages qui restent possibles est dans nos règles d’usage de l’arbre à thé.
- Ne comptez pas sur un bain de bouche du commerce contenant de l’alcool. Il masque quelques heures et assèche la bouche, ce qui, selon l’Assurance maladie, pourrait aggraver le problème. Choisissez une formule sans alcool.
- Ne remplacez pas le brossage par un remède. Un bain de bouche, une pastille ou une gomme parfument, ils n’enlèvent pas la plaque dentaire.
- N’ignorez pas des gencives qui saignent. Un saignement au brossage n’est pas normal : c’est le premier signe d’une gingivite, et la mauvaise haleine persistante en fait partie du tableau.
- Ne sautez pas de repas dans l’espoir d’assainir votre haleine. Le jeûne prolongé et les régimes très riches en protéines figurent au contraire parmi les causes d’halitose.
Quand consulter
La mauvaise haleine n’est jamais une urgence, mais elle est souvent un signal. Le premier interlocuteur est le chirurgien-dentiste, pas le médecin : c’est lui qui examine dents, gencives, muqueuses et glandes salivaires, réalise le détartrage et traite les caries, les abcès ou une maladie des gencives (ameli.fr, Diagnostic et traitement de la mauvaise haleine).
Prenez rendez-vous rapidement si votre mauvaise haleine s’accompagne de l’un de ces signes :
- des douleurs dentaires ;
- des gencives gonflées ou qui saignent ;
- des aphtes qui reviennent ;
- une sensation de bouche sèche permanente ;
- de la fièvre, un mal de gorge ou une toux qui traînent.
Consultez ensuite votre médecin traitant si le dentiste écarte une cause buccale, ou si l’haleine persiste malgré une hygiène irréprochable. Il recherchera une cause générale et vous orientera si nécessaire vers un spécialiste : reflux gastro-œsophagien, infection ORL, diabète, maladie rénale ou hépatique chronique figurent parmi les pistes. Signalez-lui également les médicaments que vous prenez, plusieurs assèchent la bouche.
Enfin, si vous êtes déjà suivi pour un diabète, un reflux ou une maladie rénale ou hépatique chronique, parlez-en sans attendre : chez vous, l’haleine peut renseigner sur l’équilibre du traitement. Et gardez la visite annuelle chez le dentiste, détartrage compris : c’est la meilleure prévention, que nos gestes quotidiens contre la mauvaise haleine complètent sans jamais s’y substituer.
FAQ
L’haleine du matin est-elle normale ?
Oui, et elle n’a rien à voir avec une maladie. La salivation ralentit pendant la nuit, la bouche s’assèche et les bactéries en profitent. Un verre d’eau, un brossage et un passage sur la langue règlent la question en quelques minutes. Si l’odeur revient dans la journée malgré tout cela, ce n’est plus de l’haleine du matin.
D’où viennent ces petites boules blanches malodorantes au fond de la gorge ?
Ce sont probablement des caséums amygdaliens, de petits amas blanchâtres qui se forment dans les cryptes des amygdales et qui sentent très fort. Ils sont bénins, mais ils expliquent à eux seuls des halitoses tenaces chez des personnes dont l’hygiène est irréprochable. Ne cherchez pas à les extraire avec un objet pointu : montrez vos amygdales à votre médecin, qui vous dira quoi faire.
Les pastilles et les chewing-gums règlent-ils le problème ?
Ils rendent service sur le moment, à condition de les choisir sans sucre : mâcher stimule la salivation, et c’est la salive qui nettoie. Mais ils parfument sans rien retirer. Utilisés seuls, jour après jour, ils entretiennent surtout l’illusion que le problème est traité.
Mon enfant a mauvaise haleine, faut-il s’inquiéter ?
Pas immédiatement, mais il faut chercher un peu. Chez l’enfant, un nez bouché qui oblige à respirer par la bouche, des amygdales encombrées ou un brossage expédié suffisent souvent à tout expliquer. Reprenez le brossage avec lui, langue comprise, et faites vérifier ses dents par le dentiste. Si l’haleine résiste, parlez-en au médecin plutôt que de multiplier les remèdes : les huiles essentielles et les bains de bouche pour adultes ne sont pas faits pour lui.
Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.