Nourrir les oiseaux en hiver : quoi leur donner, quoi éviter
Nourrissez les oiseaux du jardin dès les premières gelées, de la fin de l’automne jusqu’en mars, puis diminuez les rations peu à peu au printemps. Donnez-leur des graines de tournesol noir, un mélange de graines, de la graisse végétale sans huile de palme, des pommes ou des poires abîmées. Ni pain, ni lait, ni restes de repas, ni rien de salé, et jamais de filet autour des boules de graisse. Ajoutez une coupelle d’eau changée chaque jour, même quand il gèle.
La fiche à garder

Tout ce qu’il faut savoir tient sur cette fiche : enregistrez-la ou imprimez-la pour l’avoir sous la main au moment de remplir la mangeoire.
Quand nourrir les oiseaux en hiver
En hiver, les insectes ont disparu, les baies des haies sont mangées et le gel durcit la terre. Les journées courtes laissent peu d’heures pour chercher de quoi tenir, et une mésange peut perdre jusqu’à 10 % de son poids en une seule nuit froide. Notre nourriture leur sert d’appoint pendant ces mois-là, pas le reste de l’année.
Commencez avec les premières gelées, entre la fin octobre et le début décembre selon votre région : ce sont les mêmes nuits où l’on se met à protéger les plantes du gel. Continuez jusqu’en mars, un peu plus tard si le froid s’attarde.
Pourquoi on ne s’arrête pas en plein hiver
Les oiseaux du quartier prennent vite l’habitude d’une mangeoire, et viennent à heures fixes. S’ils la trouvent vide un matin de gel, ils ont dépensé leurs forces pour rien et doivent repartir chercher ailleurs ce que la nature ne leur offre plus. Un nourrissage commencé se poursuit donc jusqu’au retour du temps doux. Remplissez la mangeoire le matin, et ajoutez une petite ration en fin d’après-midi par grand froid, avant la nuit.
Au printemps, on réduit peu à peu
Dès que le temps s’adoucit pour de bon, diminuez les quantités peu à peu, puis arrêtez. Les oisillons ont besoin d’insectes, et la chaleur fait proliférer les maladies autour des mangeoires. Ces oiseaux qui ont passé l’hiver chez vous restent au jardin : la mésange bleue nourrit ses petits de chenilles et mange aussi des pucerons, un coup de main bienvenu en plus de nos astuces contre les pucerons.
Ce qu’on met dans la mangeoire
Les oiseaux qui passent l’hiver chez nous ont besoin d’aliments gras pour tenir la nuit. Ce qui leur convient :
- les graines de tournesol noir, les petites noires, plus nourrissantes que les striées, et bio de préférence ;
- un mélange de graines, par exemple un tiers de tournesol noir, un tiers de cacahuètes et un tiers de maïs concassé ;
- les petites graines (millet, avoine, blé concassé), pour les oiseaux au bec fin ;
- la graisse végétale, en pain ou en boule, sans huile de palme, seule ou mêlée de graines ;
- les fruits, pommes et poires, même flétries ou abîmées, et quelques raisins secs ;
- les noix, noisettes, amandes et cacahuètes, non salées et non grillées, décortiquées ou concassées ;
- une demi-noix de coco fraîche, que les mésanges viennent picorer.
Pour un jardin ordinaire, quelques kilos de tournesol suffisent souvent à passer l’hiver. Ne mettez jamais plus que ce qui sera mangé en deux jours, et rajoutez plutôt un peu à chaque passage.
Ce qu’on ne leur donne jamais
Ces aliments partent d’une bonne intention et rendent pourtant les oiseaux malades :
- le pain, même rassis ou trempé, comme les biscottes, les biscuits et les restes de gâteau : il gonfle, dérange leur digestion et contient du sel ;
- le lait, qu’ils ne digèrent pas ;
- tout ce qui est salé : lard, fromage, cacahuètes de l’apéritif, chips ;
- les restes de repas (riz, pâtes, pommes de terre, légumes cuisinés), trop salés, trop sucrés ou trop cuits pour eux ;
- la graisse de cuisson récupérée au fond d’un plat, salée et qui colle aux plumes ;
- la noix de coco râpée ou séchée, qui gonfle comme le pain ;
- les graines de lin, toxiques pour eux.
Et jamais de filet autour des boules de graisse. Une patte ou une langue se prend dans les mailles, et l’oiseau peut y rester. Retirez le filet des boules achetées et posez-les dans un support grillagé, ou suspendez-les par une ficelle.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienQuel oiseau mange quoi
| L’oiseau | Ce qu’il vient chercher |
|---|---|
| Mésanges bleue et charbonnière | la graisse, le tournesol, les cacahuètes, la noix de coco fraîche |
| Rouge-gorge, accenteur mouchet | les petites graines (millet, avoine), qu’ils picorent sous la mangeoire |
| Merle, grives | les pommes et les poires bien mûres, les raisins secs |
| Pinson, moineau, verdier | les graines (tournesol, millet, blé concassé) |
| Sittelle | les graines |
| Pics | la graisse |
Les mésanges s’accrochent volontiers à une boule de graisse suspendue, alors que le rouge-gorge et le merle mangent près du sol. Pour eux, coupez une pomme en deux et posez-la sur un plateau bas ou sur un muret, à découvert, avec une pincée de petites graines.
L’eau, même quand il gèle
Les oiseaux boivent en hiver, et ils se baignent pour garder un plumage propre, qui les protège du froid. La neige ne suffit pas à les désaltérer.
Posez près de la mangeoire une coupelle peu profonde, une soucoupe ou un couvercle retourné, où un petit oiseau ne risque pas de se noyer. Changez l’eau chaque jour. Les matins de gel, cassez la glace et remplacez-la par de l’eau tiède. N’y ajoutez jamais d’alcool ni d’antigel pour l’empêcher de geler.
Où placer la mangeoire, et comment la garder propre
Installez-la en hauteur, sur un poteau ou à une branche, dans un coin dégagé, pour qu’un oiseau qui mange voie venir le danger. Éloignez-la des buissons, des murets et des branches basses d’où un chat pourrait bondir, en gardant un arbre ou une haie pas trop loin pour que les oiseaux s’y posent. Inutile de s’en prendre au chat du voisin, qui suit sa nature ; il suffit de mettre la mangeoire hors de sa portée. Choisissez un endroit abrité de la pluie, visible de la maison, et loin des grandes baies vitrées, ou collez des silhouettes sur la vitre pour éviter les chocs.
Plusieurs petites mangeoires dispersées valent mieux qu’une grande, parce que les maladies se transmettent là où les oiseaux s’entassent. Une mangeoire en silo, où les graines descendent au fur et à mesure, se salit moins qu’un plateau. Ne jetez pas de graines par terre : elles pourrissent et attirent les rats.
Pour l’entretien :
- lavez la mangeoire chaque semaine, un plateau tous les jours, à l’eau chaude et au savon noir ou de Marseille, puis rincez et laissez sécher ;
- mettez des gants, lavez-vous les mains ensuite, et nettoyez dehors ou dans un évier qui ne sert pas à la cuisine ;
- retirez les graines restées mouillées, car elles moisissent et rendent les oiseaux malades ;
- déplacez la mangeoire une fois dans l’hiver, pour que les fientes ne s’accumulent pas au même endroit ;
- gardez les graines au sec, dans une boîte qui ferme bien, à l’abri des rongeurs et des mites alimentaires, qui s’installent aussi dans les sacs de graines pour oiseaux.
La boule de graisse maison, sans filet
Nos grands-mères faisaient fondre un reste de graisse avec des graines et le laissaient prendre dans un pot. Le principe n’a pas changé, mais on choisit aujourd’hui une graisse végétale non salée.
Ce qu’il vous faut (pour 3 pains de graisse)
- 200 g de graisse végétale solide et non salée (une margarine sans sel, de préférence au colza), jamais à l’huile de palme
- 150 g de graines : tournesol noir, avoine, millet, cacahuètes non salées concassées
- 3 pots de yaourt vides et propres, ou une demi-noix de coco vidée pour une boule
- 3 ficelles d’environ 30 cm et 3 allumettes ou bouts de brindille
Les étapes
- Nouez une allumette au bout de chaque ficelle et posez-la au fond d’un pot, la ficelle dépassant du bord.
- Faites fondre la graisse à feu doux dans une casserole, sans la laisser fumer, et retirez-la du feu dès qu’elle est liquide.
- Versez les graines dans la graisse fondue et mélangez.
- Remplissez les pots en tenant la ficelle bien droite au centre, puis laissez durcir au réfrigérateur, ou dehors s’il gèle.
- Démoulez en pressant le pot, ou découpez-le aux ciseaux. L’allumette retient le pain par en dessous.
- Suspendez-le par la ficelle à une branche, hors de portée des chats et sans filet.
Pourquoi par temps froid seulement
La graisse végétale ramollit dès que le temps s’adoucit, et un pain qui coule n’est plus mangeable. Gardez les pains en trop au congélateur, et sortez-les au fil des gelées.
FAQ
Faut-il nourrir les oiseaux en hiver ?
Les hivers doux, la plupart s’en sortent sans nous. L’aide compte surtout quand la neige ou le gel rendent la nourriture inaccessible plusieurs jours de suite. Un jardin avec des haies et des arbustes à baies (sureau, aubépine, lierre) et quelques plantes laissées en graines les nourrit aussi, sans mangeoire.
Que faire de la mangeoire si l’on part en vacances l’hiver ?
Demandez à un voisin de la remplir pendant votre absence, puisque les oiseaux ont pris l’habitude de venir. Si personne ne peut le faire, mieux vaut ne commencer le nourrissage qu’à votre retour que laisser une mangeoire vide en plein froid.
Que faire si l’on trouve un oiseau malade ou mort près de la mangeoire ?
Arrêtez le nourrissage tout de suite, lavez la mangeoire et l’abreuvoir avec des gants, et ramassez les graines tombées au sol. Si vous trouvez plus de trois oiseaux morts au même endroit et au même moment, prévenez le service départemental de l’Office français de la biodiversité.
Les pigeons et les étourneaux vident la mangeoire, que faire ?
Une mangeoire trop garnie les attire, et ils en chassent les petits oiseaux. Donnez moins à la fois, ne jetez rien par terre, et préférez une mangeoire suspendue à petites ouvertures et à bord fin, qui convient aux petits oiseaux et beaucoup moins aux gros.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.