Protéger ses plantes du gel, avec ou sans voile d’hivernage
Pour protéger vos plantes du gel, commencez par les pots : regroupez-les contre un mur abrité, surélevez-les et emballez-les. Paillez le pied des plantes en pleine terre, rentrez les plus fragiles dans une pièce claire et hors gel, et couvrez les autres d’un voile d’hivernage les nuits de gelée. Un vieux drap ou une toile de jute font l’affaire pour une nuit. Arrosez peu, et jamais une terre gelée.
| Votre situation | Le geste |
|---|---|
| Des pots sur la terrasse ou le balcon | Méthode 1 : les pots regroupés, surélevés, emballés |
| Un citronnier, des géraniums, une plante très frileuse | Méthode 2 : la mise à l’abri dans une pièce claire |
| Un arbuste en pleine terre ou un pot trop lourd à rentrer | Méthode 3 : le voile d’hivernage |
| Une gelée annoncée cette nuit, sans voile sous la main | Méthode 4 : le voile fait maison |
La fiche à garder

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Quelles plantes craignent le gel ?
Une même plante résiste mieux en pleine terre qu’en pot. Dans le sol, ses racines sont enveloppées d’une masse de terre qui garde la chaleur. Dans un pot, elles n’ont que quelques centimètres de terre entre elles et l’air glacé, et la motte peut geler de part en part. C’est ce qui tue la plante, bien plus que le froid sur les feuilles.
Les plus fragiles, à protéger dès les premières gelées :
- les agrumes, et le citronnier en tête, qui souffre dès que le thermomètre passe sous -3 °C ;
- l’olivier jeune ou en pot ;
- le laurier-rose, surtout en bac ;
- les géraniums des balcons, qui sont des pélargoniums et ne supportent pas le gel : pour eux, la méthode complète est dans notre page pour garder les géraniums jusqu’au printemps ;
- les plantes du bord de la Méditerranée cultivées en pot, et les aromatiques frileuses comme le basilic.
Celles qui le supportent en pleine terre, dans la plupart des régions : les rosiers, la lavande, le thym, la sauge, le romarin installé dans un sol qui ne garde pas l’eau, les géraniums vivaces et la plupart des arbustes de nos jardins. En pot, même celles-là gagnent à être regroupées et paillées.
Méthode 1 : les pots regroupés, surélevés, emballés
Ce qu’il vous faut
- un mur abrité du vent du nord, celui de la maison de préférence
- des cales en bois, des briques ou des pieds de pot
- de la toile de jute, un vieux sac de jute ou du papier bulle, et de la ficelle
- de la paille ou des feuilles mortes sèches
Les étapes
- Rapprochez tous les pots contre le mur de la maison, les plus fragiles au centre du groupe. Serrés les uns contre les autres, ils se protègent mutuellement et profitent de la chaleur que le mur rend la nuit.
- Retirez les soucoupes : l’eau qui stagne au fond gèle et prend la motte dans la glace.
- Posez chaque pot sur deux cales ou trois pieds pour l’isoler du carrelage ou de la dalle glacée, et pour que l’eau s’écoule.
- Entourez le pot de deux ou trois tours de toile de jute ou de papier bulle, du bas jusqu’au bord, et ficelez. Seul le pot s’emballe ainsi, jamais le feuillage.
- Couvrez la surface de la terre d’une bonne couche de paille ou de feuilles mortes, une dizaine de centimètres.
Ce que fait chaque protection
Toutes ces protections visent la motte de racines. La jute ou le papier bulle font une couche d’air autour du pot, la paille isole le dessus, les cales coupent le froid qui monte du sol, et le mur abrite du vent. Le même paillage protège aussi le pied des plantes en pleine terre, et au printemps cette couche de paille ou de feuilles mortes empêche les mauvaises herbes de lever.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienMéthode 2 : la mise à l’abri dans une pièce claire
Ce qu’il vous faut
- une pièce lumineuse, fraîche et qui ne gèle jamais : véranda, cellier ou garage avec une fenêtre, chambre non chauffée, cage d’escalier
- un plateau ou une soucoupe vidée après chaque arrosage
Les étapes
- Rentrez les plus frileuses avant les premières gelées, en commençant par le citronnier et les géraniums.
- Installez-les près d’une fenêtre, loin du radiateur : dans une pièce chauffée et sombre, la plante continue de pousser sans assez de lumière et s’épuise.
- Arrosez peu, seulement quand la terre est sèche sur deux ou trois centimètres, et videz la soucoupe.
- Aérez la pièce les jours doux, et retirez les feuilles qui jaunissent.
Pourquoi la fraîcheur compte autant que la lumière
Au frais, la plante ralentit et boit peu. Elle garde ses feuilles si elle voit le jour. C’est le même équilibre que pour toutes les plantes qu’on garde à la maison, et nos astuces pour garder de belles plantes d’intérieur, loin du radiateur valent aussi pour ces pensionnaires d’hiver. Le laurier-rose rentré se place hors de portée des enfants et des animaux : toutes ses parties sont toxiques.
Le basilic, lui, ne se traite pas comme ses voisins. C’est une plante de chaleur, qu’on rentre dès que les nuits passent sous 10 °C, bien avant le gel.
Méthode 3 : le voile d’hivernage
Le voile d’hivernage est un tissu blanc, léger et non tissé, qui laisse passer l’air, la lumière et l’eau de pluie. Un voile ordinaire de 30 g/m² fait gagner 2 à 3 °C environ autour de la plante, guère plus. Il suffit pour une plante qui craint les petites gelées, pas pour un citronnier par -8 °C. Une double épaisseur protège davantage, au prix d’un peu de lumière.
Ce qu’il vous faut
- un voile d’hivernage de 30 g/m² au moins (le voile de 17 g/m² sert au potager au printemps, il protège peu en hiver)
- trois ou quatre tuteurs ou cannes de bambou
- de la ficelle ou des pinces à linge, et des pierres pour lester le bas
Quand le poser
Dès que la météo annonce des nuits proches de 0 °C, en général de novembre à mars selon les régions. Posez-le en fin de journée, sur un feuillage sec.
Comment mettre un voile d’hivernage
- Plantez trois ou quatre tuteurs autour de l’arbuste, un peu plus hauts que lui, pour que le voile ne colle pas aux feuilles. Un tissu posé sur un feuillage mouillé gèle avec lui et marque les feuilles.
- Drapez le voile par-dessus, sans le tendre : la plante doit garder de l’air autour d’elle.
- Faites descendre le voile jusqu’au sol, tout autour. La terre rend un peu de chaleur la nuit, et le voile la retient.
- Lestez le bas avec des pierres pour que le vent ne l’emporte pas.
- Sur un pot qu’on ne peut pas couvrir jusqu’au sol, enroulez le voile plusieurs fois autour du contenant et fermez-le d’une ficelle peu serrée, pour abriter les racines.
Faut-il arroser sous le voile d’hivernage ?
Rarement. La pluie passe à travers le tissu, et une plante au repos boit peu. Par un hiver sec, soulevez le voile un jour doux et enfoncez un doigt dans la terre : si elle est sèche en profondeur, arrosez le matin, avec modération, pour que l’eau s’écoule avant la nuit. N’arrosez jamais une terre gelée, ni la veille d’une gelée annoncée.
Quand enlever le voile d’hivernage
Par temps doux et ensoleillé, ouvrez le voile dans la journée et refermez-le le soir : l’air confiné et humide finit par faire moisir les feuilles. Au printemps, retirez-le progressivement, quand les journées restent au-dessus de 10 °C et les nuits au-dessus de 5 °C, d’avril à mai selon les régions. Gardez-le plié à portée de main jusqu’à la mi-mai, pour une gelée tardive.
Méthode 4 : le voile fait maison
Nos grands-mères n’achetaient pas de voile. Elles couvraient les plantes avec ce qu’elles avaient sous la main, et ces protections font l’affaire pour une ou deux nuits de gel.
Ce qu’il vous faut
- un vieux drap en coton, un voilage, une vieille nappe ou une toile de jute
- un carton retourné pour une petite plante
- de la paille, des fougères sèches ou des feuilles mortes
- des tuteurs et des pierres, comme pour le voile
Les étapes
- En fin de journée, posez le drap ou la toile de jute sur des tuteurs, jusqu’au sol, et lestez le bas.
- Pour une petite plante, retournez un carton par-dessus et posez une pierre dessus. Le carton s’enlève le lendemain matin : il ne laisse pas passer la lumière.
- Pour un arbuste fragile, glissez de la paille ou des fougères sèches entre les branches, puis entourez-le de toile de jute.
- Le matin, une fois le gel passé, retirez le drap pour rendre la lumière à la plante. Un drap mouillé par la pluie devient lourd et froid : il ne reste jamais en place plusieurs jours.
Pourquoi le plastique seul est une mauvaise idée
Un plastique posé directement sur une plante ne respire pas. La nuit, l’humidité se condense sur sa face intérieure et gèle au contact des feuilles. Le jour, au soleil, il chauffe la plante, qui se réveille avant de reprendre le froid la nuit suivante. Le papier bulle a sa place autour du pot, pas sur le feuillage.
Les soirs où vous couvrez les plantes, pensez aussi aux oiseaux du jardin : c’est la saison où l’on commence à nourrir les oiseaux en hiver.
FAQ
Peut-on laisser un voile d’hivernage tout l’hiver ?
Oui, sur une plante qu’on ne peut ni rentrer ni découvrir chaque jour, à condition de l’ouvrir par temps doux pour aérer et de vérifier de temps en temps que rien ne moisit dessous. Là où il ne gèle que quelques nuits par an, mieux vaut le poser seulement les soirs de gelée annoncée : la plante garde toute sa lumière.
Faut-il protéger un citronnier en pot ?
Oui, dans presque toutes les régions. Le citronnier souffre dès -3 °C environ, et un voile ne fait gagner que quelques degrés. Le plus sûr est de le rentrer avant les gelées dans une pièce claire et fraîche. Sur la côte méditerranéenne, où les gelées restent rares et faibles, un voile épais et un pot bien emballé peuvent suffire.
Faut-il un voile d’hivernage sur un olivier ?
Un olivier adulte planté en pleine terre dans le Midi s’en passe le plus souvent. Le voile se pose sur un olivier jeune, sur un olivier en pot, ou plus au nord lors des fortes gelées, avec la motte paillée ou le pot emballé.
Une plante gelée peut-elle repartir ?
Souvent, oui. Les feuilles noircies et ramollies ne reviennent pas, mais le bois et les racines peuvent être intacts. Attendez le printemps avant de tailler, puis grattez l’écorce avec l’ongle : là où elle est verte en dessous, la branche est vivante. Coupez seulement ce qui reste sec et brun.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.