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Quelle est l'origine du Père Noël ?

Quelle est l’origine du Père Noël ?

Virginie Verglas Publié le 02/11/2026 8 min

Le Père Noël vient de saint Nicolas, un évêque du 4e siècle qui apporte encore des cadeaux aux enfants le 6 décembre dans l’Est de la France, en Belgique et aux Pays-Bas. À New York, au début du 19e siècle, ce saint prend la figure de Santa Claus. Un poème de 1823 lui donne sa tournée de la veille de Noël et la descente par la cheminée, et le dessinateur Thomas Nast son visage et sa maison du pôle Nord. Il portait déjà du rouge bien avant les publicités des années 1930.

Les grandes dates du Père Noël

DateCe qui se passe
4e siècleNicolas est évêque de Myre, en Lycie, dans l’actuelle Turquie
1773Un journal de New York parle de « saint Nicolas, autrement appelé Santa Claus »
6 décembre 1809Washington Irving publie son Histoire de New York, où saint Nicolas tient une place de choix
1821Un livret new-yorkais montre « Sante Claus » arrivant du Nord en traîneau, tiré par un renne
23 décembre 1823Le poème A Visit from St. Nicholas paraît sans nom d’auteur dans un journal de Troy
Vers 1836Le peintre Robert Walter Weir représente saint Nicolas vêtu de rouge
23 décembre 1848Premier emploi connu de l’expression « père Noël » en français
3 janvier 1863Premier Père Noël de Thomas Nast en couverture de Harper’s Weekly
29 décembre 1866Nast situe son village au pôle Nord
1881Merry Old Santa Claus, le plus célèbre des Pères Noël de Nast, gravé en noir et blanc
3 décembre 1902Le magazine Puck publie un Père Noël en rouge et blanc semblable à celui d’aujourd’hui
1931Début des publicités de Noël d’une grande marque de soda américaine
23 décembre 1951Le Père Noël est brûlé en effigie devant la cathédrale de Dijon
1962Les PTT, aujourd’hui La Poste, ouvrent le secrétariat du Père Noël

Saint Nicolas, l’ancêtre du 6 décembre

Avant d’avoir un traîneau, le Père Noël était un évêque. Nicolas vivait au 4e siècle à Myre, une ville de Lycie, dans l’actuelle Turquie. On le fête le 6 décembre, et les enfants sages reçoivent leurs cadeaux dans la nuit du 5 au 6, dans le Nord et l’Est de la France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Saint Nicolas est aussi le patron de la Lorraine.

Il ne vient jamais seul. Le Père Fouettard l’accompagne, chargé de gronder les enfants qui n’ont pas été sages pendant que le saint récompense les autres. Dans nos maisons, la Saint-Nicolas est aussi le bon soir pour sortir le moule à pain d’épices au miel.

Comment saint Nicolas est devenu Santa Claus à New York

On répète souvent que les colons hollandais ont emporté leur Sinterklaas en Amérique, dans la Nouvelle-Amsterdam qui allait devenir New York. Les historiens trouvent pourtant peu de traces de cette fête dans la colonie hollandaise, comme le rappelle le St. Nicholas Center. Le saint arrive surtout par les livres.

En 1773, un journal new-yorkais signale déjà une fête de « saint Nicolas, autrement appelé Santa Claus ». En 1804, John Pintard fonde la Société historique de New York et fait de saint Nicolas son patron. Le 6 décembre 1809, Washington Irving publie une Histoire de New York pleine d’humour, où saint Nicolas n’est plus un évêque mais un petit bourgeois hollandais qui fume la pipe. En 1821, un livret pour enfants le montre arrivant du Nord dans un traîneau tiré par un renne.

Le poème de 1823 : la veille de Noël et la cheminée

Le 23 décembre 1823, le Sentinel, un journal de la ville de Troy, dans l’État de New York, publie sans nom d’auteur un poème intitulé A Visit from St. Nicholas, qu’on connaît aussi par son premier vers, ‘Twas the Night Before Christmas. La veille de Noël, les chaussettes pendent à la cheminée, un petit traîneau se pose sur le toit, attelé de rennes, et saint Nicolas descend par le conduit, un ballot de jouets sur le dos.

Le texte est attribué à Clement Clarke Moore, un professeur new-yorkais, à partir de 1837. Moore ne l’a revendiqué lui-même qu’en 1844, dans son recueil Poems, et certains chercheurs l’attribuent plutôt à Henry Livingston. Quel qu’en soit l’auteur, le poème est repris dans quatre almanachs dès l’année suivante, et la tournée de la nuit du 24 décembre entre dans les familles américaines.

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Thomas Nast lui donne un visage et une adresse

Le dessinateur Thomas Nast publie son premier Père Noël dans le magazine Harper’s Weekly du 3 janvier 1863, en pleine guerre de Sécession, avec un Père Noël venu rendre visite aux soldats de l’Union. Nast en dessinera un chaque année jusqu’en 1886.

Nast donne aussi une adresse au Père Noël. Sa planche du 29 décembre 1866, Santa Claus and His Works, porte l’inscription « Santa Claussville, N.P. », pour North Pole, le pôle Nord. Dans les dessins qui suivent, Nast ajoute la maison du pôle Nord et l’atelier où se fabriquent les jouets.

Le Père Noël était-il rouge avant les publicités de soda ?

Oui, et depuis longtemps. Vers 1836, le peintre américain Robert Walter Weir peint saint Nicolas en habit rouge. Les dessins de Thomas Nast sont d’abord en noir et blanc ; son premier Père Noël en habit rouge date de 1869 environ, et son célèbre Merry Old Santa Claus de 1881, gravé en noir et blanc, fixe la silhouette que nous lui connaissons. Le 3 décembre 1902, le magazine Puck publie en couverture un Père Noël rouge et blanc qu’on reconnaîtrait au premier coup d’œil aujourd’hui.

En 1931, l’illustrateur Haddon Sundblom commence à peindre le Père Noël pour les publicités de Noël d’une célèbre marque de soda américaine, et il le fera pendant plus de trente ans. Ces images, vues dans le monde entier, ont fixé une silhouette (le ventre rond, les joues roses, l’habit rouge et blanc), mais elles reprenaient un personnage qui avait déjà ses couleurs.

Et en France, depuis quand parle-t-on du Père Noël ?

Pendant longtemps, les enfants français recevaient leurs cadeaux d’autres mains. Dans le Nord et l’Est, c’était saint Nicolas, le 6 décembre. Ailleurs, on attendait les étrennes du jour de l’An : dans le Morvan, le Nivernais et la Bourgogne, un père Janvier ou un Bonhomme Hiver les apportait. Ces personnages ont laissé peu de traces écrites, et l’historien Michel Manson rappelle qu’on les connaît mal.

L’expression « père Noël » apparaît dans la presse le 23 décembre 1848, et George Sand l’emploie en 1855 dans son Histoire de ma vie. Mais il faut attendre le début du 20e siècle pour que le bonhomme à barbe blanche s’impose partout en France, à côté de saint Nicolas, et souvent à sa place.

Le jour où le Père Noël a été brûlé à Dijon

Le 23 décembre 1951, le clergé de Dijon fait brûler une effigie du Père Noël, haute d’environ trois mètres, sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne, devant quelque 250 enfants. Pour les prêtres, ce personnage venu d’Amérique et des grands magasins faisait oublier la naissance du Christ. Dès le lendemain, le chanoine Kir, maire de Dijon et prêtre lui-même, prend le contre-pied de ses confrères et organise une riposte festive sur les toits de l’hôtel de ville. L’affaire fait le tour du monde, et l’ethnologue Claude Lévi-Strauss lui consacre en 1952 un texte resté célèbre, Le Père Noël supplicié.

Les lettres au Père Noël, depuis 1962

En France, les lettres au Père Noël ont leur propre service. Les PTT, aujourd’hui La Poste, ont créé le secrétariat du Père Noël en 1962, à l’initiative de Jacques Marette, alors ministre des Postes. La toute première réponse aurait été écrite par sa sœur, la psychanalyste Françoise Dolto. Les lettres sont traitées à Libourne, en Gironde, et chaque enfant qui a donné son adresse reçoit une lettre du Père Noël avec une carte postale à colorier.

Le secrétariat ouvre chaque année vers la mi-novembre, et La Poste conseille d’écrire avant le 20 décembre pour recevoir la réponse avant Noël. Les dates bougent un peu d’une année à l’autre, et le site de La Poste donne celles de l’année en cours. Pendant que les enfants écrivent, la pâte des sablés de Noël repose au frais, et celle des bonshommes en pain d’épice attend l’emporte-pièce. La bûche de Noël au chocolat, elle, se prépare la veille du réveillon.

FAQ

Pourquoi appelle-t-on le Père Noël Santa Claus ?

Santa Claus vient du néerlandais Sinterklaas, forme courte de Sint Nikolaas, saint Nicolas. Le nom s’est déformé dans la bouche des New-Yorkais anglophones, et Washington Irving l’a popularisé en 1809.

Combien de rennes tirent le traîneau du Père Noël ?

Huit dans le poème de 1823, qui les nomme un par un. Le livret de 1821 n’en montrait qu’un seul.

Peut-on fêter à la fois saint Nicolas et le Père Noël ?

Oui, et beaucoup de familles de l’Est et du Nord le font : saint Nicolas passe dans la nuit du 5 au 6 décembre avec quelques friandises, et le Père Noël le 24 au soir.

Faut-il un timbre pour écrire au Père Noël ?

Non, le service est gratuit. Il suffit d’écrire « Père Noël » sur l’enveloppe, et d’indiquer au dos l’adresse complète de l’enfant pour qu’il reçoive une réponse.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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