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Que tailler en hiver, et ce qu'on ne taille surtout pas

Que tailler en hiver, et ce qu’on ne taille surtout pas

Virginie Verglas Publié le 04/11/2026 10 min

En plein hiver, de décembre à février, on taille le pommier et le poirier, la vigne, les groseilliers, la glycine et les haies de feuillus, toujours un jour sans gel. Les rosiers qui refleurissent et les arbustes qui fleurissent l’été attendent la fin de l’hiver. Ce qui fleurit au printemps (forsythia, lilas), les fruitiers à noyau, l’hortensia à grosses boules et la lavande ne se taillent pas en hiver.

Votre planteEn hiver ?
Pommier, poirier, vigne, groseillier, cassissier, glycineOui, de décembre à février, hors gel
Haie de charme, de hêtre ou de troèneOui, hors gel
Rosier qui refleurit tout l’été, buddleia, hortensia paniculéÀ la fin de l’hiver, en février et mars
Figuier, olivier, laurier-roseAu printemps, une fois les gelées passées
Forsythia, lilas, groseillier à fleurs, weigelaNon : juste après la floraison
Cerisier, prunier, abricotierNon : en été, après la récolte
Hortensia à grosses boulesNon : fleurs sèches gardées, coupées en mars
LavandeNon : en fin d’été après la floraison, et légèrement au printemps

La fiche à garder

Fiche illustrée « Ce qu'on taille en hiver » : le calendrier mois par mois, de décembre à avril, avec ce qu'on taille en plein hiver (pommier, poirier, vigne, groseillier, cassissier, glycine, haies de feuillus), en février et mars (rosiers remontants, arbustes à floraison d'été, hortensia paniculé), en mars et avril une fois les gelées passées (figuier, olivier, laurier-rose), ce qu'on ne taille pas en hiver (forsythia, lilas, cerisier, prunier, abricotier, hortensia à grosses boules, lavande), et les règles d'or : jamais par gel, sécateur affûté et propre

Le calendrier de cette page tient sur une fiche : enregistrez-la ou imprimez-la pour l’accrocher dans l’abri de jardin.

Jamais par temps de gel, et avec des outils propres

Trois règles valent pour toutes les tailles d’hiver, quelle que soit la plante.

  • Attendez un jour sans gel. Le bois gelé est cassant : la lame écrase le bois et fait éclater l’écorce, et la plaie fraîche reste exposée au froid. Taillez un jour doux et sec, en milieu de journée, et reportez si une forte gelée est annoncée pour la nuit.
  • Un sécateur affûté. Une lame émoussée mâche le bois, et une coupe mâchée cicatrise mal. Le sécateur suffit jusqu’à la grosseur d’un doigt, l’ébrancheur à deux mains au-delà, et la scie d’élagage pour les grosses branches.
  • Une lame propre d’un arbre à l’autre. Essuyez-la avec un chiffon imbibé d’alcool à 70° ou d’alcool ménager avant de passer au sujet suivant, et après avoir coupé une branche malade : les maladies du bois voyagent sur les lames.

Portez des gants épais et des lunettes pour les haies et les rosiers, et ne montez pas seul sur une échelle pour atteindre le haut d’un arbre.

Ce qu’on taille en plein hiver

L’arbre au repos, sans feuilles, montre toute sa charpente : on voit ce qui se croise, ce qui est mort et ce qui étouffe le centre. Les fruitiers à pépins se taillent donc à cette saison.

Le pommier et le poirier

De décembre à février, hors gel, et jusqu’en mars dans les régions froides.

  1. Coupez d’abord le bois mort, les branches cassées et celles qui portent des chancres (écorce fendue, creusée, boursouflée).
  2. Retirez les branches qui se croisent ou qui partent vers le cœur de l’arbre : le centre doit rester ouvert à la lumière et à l’air.
  3. Supprimez les gourmands, ces pousses droites et vigoureuses qui montent à la verticale sur les grosses branches et ne portent pas de fruits.
  4. Avant de raccourcir une branche, regardez ses bourgeons. Les bourgeons à fruits sont ronds et dodus, ceux qui donneront des feuilles sont pointus et plaqués contre le rameau : gardez les premiers.
  5. Ne retirez pas trop de bois d’un coup. Une taille sévère fait repartir l’arbre en gourmands au printemps, et il faut recommencer l’hiver suivant.

La vigne

De décembre à mars, par temps sec et hors gel. Sur une treille ou un pied de vigne au jardin, raccourcissez chaque sarment de l’année (le bois brun et lisse qui a porté les grappes) à deux yeux, c’est-à-dire deux bourgeons au-dessus de sa base. Coupez à deux ou trois centimètres au-dessus du dernier œil gardé, pour ne pas le dessécher. Si une coupe « pleure » à la fin de l’hiver, la sève qui coule ne fait aucun mal à la vigne.

Les petits fruits et la glycine

Les groseilliers et les cassissiers se taillent aussi en hiver : on retire au ras du sol les plus vieilles tiges, sombres et peu productives, pour laisser la place aux jeunes. La glycine reçoit en janvier ou février sa seconde taille de l’année, qui raccourcit à deux ou trois bourgeons les rameaux déjà coupés l’été.

Les haies

Une haie d’arbustes à feuilles caduques (charme, hêtre, troène) se taille en hiver, hors gel, et c’est la bonne saison pour rabattre une haie devenue trop large. Les conifères font exception, car un thuya ou un cyprès ne repart pas du vieux bois brun. On ne le taille que dans le vert, et plutôt à la fin de l’été qu’en plein hiver.

Les oiseaux y nichent de la mi-mars à la fin juillet, et jusqu’à la mi-août selon les textes. Pendant ces mois-là, on évite de les tailler, et certaines communes l’interdisent par arrêté. Laissez quelques arbustes à baies sans les tailler, comme le sureau ou l’aubépine : leurs baies complètent ce qu’on leur donne pour nourrir les oiseaux en hiver.

Ce qu’on taille à la fin de l’hiver

Les rosiers

Tout dépend du rosier.

  • Les rosiers qui refleurissent tout l’été (la plupart des rosiers buissons, des rosiers à grosses fleurs et des grimpants remontants) se taillent à la fin de l’hiver, en février ou mars, quand les grands froids sont passés. Les jardiniers prennent souvent pour repère la floraison du forsythia.
  • Les rosiers qui ne fleurissent qu’une fois (beaucoup de rosiers anciens et de rosiers lianes) fleurissent sur le bois de l’année d’avant. Une taille d’hiver supprimerait leurs fleurs : on les taille après la floraison, en été.

Les arbustes qui fleurissent l’été

Le buddleia, l’hortensia paniculé (celui aux fleurs en cône), l’hibiscus des jardins, la spirée du Japon ou le lilas des Indes fleurissent sur les pousses de l’année. Une taille en février ou mars les fait repartir et ne leur coûte aucune fleur. L’hortensia paniculé supporte même d’être rabattu franchement.

Le figuier, l’olivier et les frileuses

Le figuier et l’olivier se taillent quand les fortes gelées sont passées, en mars ou avril selon les régions : une plaie fraîche suivie d’un coup de froid les marque. Même règle pour le laurier-rose, dont on coupe les branches gelées au printemps, et pour les géraniums rentrés à l’abri, qu’on taille en mars pour les faire repartir.

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Ce qu’on ne taille surtout pas en hiver

Le forsythia, le lilas et les arbustes du printemps

Le forsythia, le lilas, le groseillier à fleurs, le weigela, le deutzia ou le cognassier du Japon fleurissent sur le bois de l’année précédente. En hiver, leurs boutons sont déjà formés sur les rameaux : chaque branche coupée est une branche qui ne fleurira pas. On les taille juste après la floraison, en coupant les rameaux qui ont fleuri.

Le cerisier, le prunier et l’abricotier

Les fruitiers à noyau supportent mal les plaies d’hiver. Le bois humide et froid cicatrise lentement, et la coupe ouvre la porte à la gomme (une sève épaisse qui suinte de l’écorce) et aux maladies du bois, comme la maladie du plomb du prunier, qui donne aux feuilles un reflet argenté. On les taille en été, juste après la récolte, au plus tard à la fin août, quand les plaies sèchent vite. Le pêcher fait un peu exception : il se taille à la fin de l’hiver, au moment où ses boutons gonflent, jamais en plein froid.

L’hortensia à grosses boules

L’hortensia le plus courant, aux fleurs rondes roses ou bleues, fleurit sur le bois de l’année précédente. Laissez ses fleurs fanées tout l’hiver : elles abritent les bourgeons du dessous contre le gel. En mars, quand les gelées s’éloignent, coupez chaque fleur sèche juste au-dessus de la première paire de beaux bourgeons, et retirez à la base une ou deux des plus vieilles tiges. Une taille courte ferait disparaître la floraison de l’été.

La lavande

La lavande se taille après la floraison, de fin juillet à septembre, en coupant les épis fanés et un peu du feuillage vert sous eux. Au printemps, un léger coup de cisaille sur les pousses de l’année suffit. En hiver, une coupe ouverte souffre du froid, et jamais on ne coupe dans le vieux bois gris : il ne repousse pas.

Comment faire une bonne coupe

  1. Choisissez un bourgeon tourné vers l’extérieur de l’arbuste, pour que la nouvelle pousse parte vers l’extérieur et laisse le centre aéré.
  2. Coupez à cinq millimètres environ au-dessus de lui, en biais, la pente opposée au bourgeon pour que l’eau de pluie ne coule pas dessus.
  3. Pour une branche entière, coupez juste au ras du bourrelet, l’anneau d’écorce un peu renflé à sa base, sans l’entailler et sans laisser de moignon. Le bourrelet referme la plaie.
  4. Pour une grosse branche, coupez en trois temps : une entaille par-dessous à une vingtaine de centimètres du tronc, puis une coupe par-dessus un peu plus loin pour faire tomber la branche, et enfin le moignon au ras du bourrelet. L’écorce ne se déchire pas sous le poids.

Les erreurs à éviter

  • Tailler un matin de gelée blanche, parce qu’on a le temps ce jour-là : le bois éclate et la plaie gèle.
  • Tailler le forsythia ou le lilas en hiver pour « faire propre » : toute la floraison du printemps part au compost.
  • Tailler le cerisier ou le prunier en même temps que le pommier, parce qu’ils sont voisins dans le verger.
  • Couper court un hortensia à grosses boules, ou lui retirer ses fleurs sèches à l’automne.
  • Passer d’un arbre malade à un arbre sain sans essuyer la lame.
  • Brûler les branches coupées : le brûlage des déchets verts est interdit aux particuliers.

Ce qui reste de la taille se recycle. Broyées ou coupées en petits morceaux, les branches font un paillage qui protège le pied des plantes du froid et empêche les mauvaises herbes de lever au printemps ; le reste part à la déchetterie ou au compost. Les arbustes taillés gagnent aussi à être paillés avant les grands froids, avec les gestes pour protéger ses plantes du gel.

FAQ

Peut-on tailler en novembre ?

Oui, pour les pommiers et poiriers qui ont perdu leurs feuilles, la vigne et les haies de feuillus, à condition qu’il ne gèle pas. Dans les régions froides, attendre la fin de l’hiver évite qu’une plaie fraîche prenne le froid de décembre et janvier.

Une branche cassée par la neige ou le vent peut-elle attendre ?

Mieux vaut la couper dès que le temps le permet, hors gel, même sur un arbre qu’on ne taille pas en hiver. Une cassure déchirée cicatrise beaucoup moins bien qu’une coupe nette : sciez juste sous la cassure, ou au ras du bourrelet si la branche est perdue.

Un arbuste taillé au mauvais moment est-il perdu ?

Le plus souvent, non. Un forsythia ou un lilas taillé en hiver fleurira moins au printemps, puis reprendra son rythme si on le taille après sa floraison suivante. Sur un cerisier ou un prunier taillé en hiver, surveillez les coupes au printemps : une branche qui sèche ou qui suinte de gomme se retire en été, en coupant dans le bois sain.

Faut-il tailler un arbre fruitier tous les ans ?

Un pommier ou un poirier adulte gagne à recevoir une taille légère chaque hiver plutôt qu’une taille sévère tous les trois ou quatre ans. Sur les fruitiers à noyau, on se contente de retirer le bois mort et les branches mal placées, en été.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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