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Mal de dents, gencive enflammée : remèdes de grand-mère

Mal de dents, gencive enflammée : remèdes de grand-mère

Virginie Verglas Mis à jour le 07/08/2026 14 min
France · Français

Mal de dents ou gencive douloureuse : par où commencer

Une dent qui lance, une gencive qui gonfle ou qui saigne : les gestes qui suivent aident à passer la nuit, aucun ne soigne la cause. Derrière un mal de dents, il y a presque toujours une carie, une infection ou une dent fêlée ; derrière une gencive enflammée, de la plaque dentaire. Le chirurgien-dentiste reste le seul traitement. Et si la joue gonfle, si la fièvre monte ou si vous peinez à ouvrir la bouche, allez directement à la section sur l’abcès.

Si la douleur vient d’une plaie de la muqueuse plutôt que de la dent, voyez plutôt comment soigner un aphte. Chez le nourrisson, une gencive douloureuse relève d’un autre registre : nos gestes pour apaiser bébé pendant la poussée dentaire.

Avant de commencer

  • Tiède, jamais brûlant ni glacé. L’assurance maladie conseille d’éviter le très chaud, le très froid, le sucré et l’acide quand on a mal aux dents (ameli.fr, que faire et quand consulter). Vos bains de bouche suivent la même règle.
  • On recrache, on n’avale pas. Aucune de ces préparations n’est faite pour être bue.
  • Rien de corrosif sur la gencive : ni ail écrasé, ni comprimé, ni huile essentielle pure. La muqueuse de la bouche brûle vite et sans prévenir.
  • Ces gestes se comptent en jours, pas en semaines. S’ils sont encore nécessaires au bout de quelques jours, c’est le rendez-vous qui manque, pas le remède.

Les gestes pour une dent qui fait mal

Le clou de girofle

Le vieux remède de la famille, et le seul de cette page dont une forme soit reconnue comme médicament traditionnel à base de plantes. La nuance compte : c’est l’huile essentielle qui l’est, pas le clou entier que l’on mord. Nos aînées le glissaient pourtant tel quel contre la dent douloureuse, et le geste est resté : posez un clou entier contre la dent qui fait mal et mordez doucement dessus, en le retirant tout de suite s’il vous brûle la gencive.

L’Agence européenne du médicament retient l’huile essentielle de girofle pour « le soulagement temporaire du mal de dent dû à une cavité dentaire », en précisant que ce soulagement « n’est qu’une mesure provisoire » et qu’un avis dentaire doit être demandé au plus vite (Agence européenne du médicament, monographie Caryophylli floris aetheroleum). Elle décrit un petit morceau de coton imbibé, dirigé vers la partie cariée, demande d’éviter le contact avec les gencives, ne recommande pas cet usage avant 18 ans ni pendant la grossesse et l’allaitement, et le borne à une semaine. Des irritations de la muqueuse et des réactions allergiques ont été rapportées.

Deux limites du même document : cette huile essentielle ne s’avale jamais (chez l’enfant de moins de 2 ans, l’ingestion de 5 à 10 ml a provoqué des atteintes du foie, des convulsions et un coma), et elle ne s’applique pas pure en quantité. L’épice du placard, elle, se manie plus simplement, et son bain de bouche aux clous de girofle est le geste doux de la famille. Portez 250 ml d’eau à frémissement, retirez du feu, ajoutez 3 clous de girofle légèrement écrasés, couvrez et laissez infuser 10 minutes. Filtrez, laissez tiédir, puis gardez la préparation en bouche 30 secondes avant de la recracher : elle ne s’avale pas, et elle se prépare au moment de s’en servir.

Le froid sur la joue

Le froid aide à passer un mauvais moment, surtout quand la joue commence à gonfler. Enveloppez quelques glaçons dans un linge propre et fin, jamais à même la peau, et appliquez sur la joue du côté douloureux 10 à 15 minutes, trois fois par jour au maximum. Ne posez jamais la glace directement sur la dent ni sur la gencive : l’assurance maladie recommande au contraire d’éviter le très froid, et une dent sensible répond au froid direct par une douleur plus vive.

Le cataplasme d’argile verte

Sur la joue, du côté douloureux, nos grands-mères posaient un cataplasme d’argile. Versez 2 cuillères à soupe d’argile verte surfine dans un bol en verre (jamais de métal), ajoutez un peu d’eau minérale et mélangez jusqu’à obtenir une pâte épaisse. Étalez-la en couche d’environ 1 cm sur une compresse, appliquez sur la joue, laissez agir 30 à 45 minutes en retirant avant séchage complet, puis rincez. Comme le froid, il se pose sur la peau, jamais dans la bouche, et il ne soigne pas la dent.

La pâte de gingembre

La tradition applique le gingembre sur une dent qui fait souffrir. Nous n’avons pas de source institutionnelle établissant une action locale sur une rage de dents : c’est un geste transmis, sans promesse. Mélangez 1 cuillère à café de poudre de gingembre, un peu d’eau et 1/2 cuillère à café d’huile de coco. Déposez-en une petite quantité sur un coton, placez-le contre la dent 10 à 15 minutes, rincez à l’eau tiède. Deux fois par jour au maximum, pendant 3 jours. Jamais sur une gencive ouverte ou qui saigne.

L’automassage et l’homéopathie

Deux gestes de tradition, sans risque connu et parfois apaisants. Le point Hegu se masse en petits cercles fermes pendant 2 minutes, dans la partie charnue entre le pouce et l’index de la main opposée au côté douloureux ; le point de la mâchoire, juste devant le lobe de l’oreille dans le creux qui se forme à l’ouverture de la bouche, se masse 1 minute. L’acupression traditionnelle écarte le point de la main pendant la grossesse. Côté homéopathie, l’usage veut 5 granules de Chamomilla vulgaris 9CH, renouvelées à un quart d’heure d’écart. Ni l’un ni l’autre ne remplace le rendez-vous.

Les gestes pour une gencive douloureuse, enflée ou qui saigne

Une gencive rouge, gonflée, sensible au toucher et qui saigne au brossage porte un nom : c’est une gingivite, l’inflammation provoquée par la plaque dentaire, souvent accompagnée d’une mauvaise haleine. À ce stade, elle est réversible. Si l’inflammation gagne le ligament et l’os qui tiennent la dent, elle devient une parodontite, et cette atteinte-là ne se répare pas (ameli.fr, comprendre la maladie des gencives). Toute la différence tient dans un rendez-vous pris à temps.

Le froid et le cataplasme d’argile décrits plus haut valent aussi quand la gencive gonfle. Nos autres remèdes de grand-mère contre la gingivite complètent ceux qui suivent.

Le bain de bouche tiède, au sel ou au bicarbonate

Le plus classique, et le plus doux pour l’émail. Dissolvez 1 cuillère à café (5 g) de sel fin dans 250 ml d’eau tiède, gardez la solution en bouche 30 secondes en insistant sur la zone douloureuse, puis recrachez. Deux fois par jour, 5 jours au maximum. Le bicarbonate de soude alimentaire s’emploie exactement pareil, 1 cuillère à café rase pour 250 ml, pour neutraliser l’acidité de la bouche.

Nos grands-mères y voyaient un moyen d’assainir et de dégonfler ; nous n’avons pas trouvé de source institutionnelle qui l’établisse. Ce sont des rinçages de confort, pas des traitements. Le sel est à éviter en cas de régime sans sel strict, à cause du risque d’ingestion.

Le gargarisme à la sauge

C’est le remède de gencive le mieux documenté de cette page. L’Agence européenne du médicament retient la feuille de sauge officinale comme médicament traditionnel à base de plantes « pour le soulagement des inflammations de la bouche ou de la gorge », avec une posologie précise : 2,5 g de feuilles séchées dans 100 ml d’eau bouillante, en infusion, utilisée tiède en gargarisme 3 fois par jour (Agence européenne du médicament, monographie Salvia officinalis folium).

La même monographie borne l’usage à une semaine, au-delà de laquelle il faut consulter, et ne le recommande ni avant 18 ans ni pendant la grossesse et l’allaitement. Le gargarisme se fait à l’infusion de feuilles et il se recrache : c’est l’huile essentielle de sauge, à forte dose, qui expose à des bouffées de chaleur, des vertiges et des convulsions.

Ce qui compte plus que tous ces remèdes

Sur une gencive, l’essentiel n’est pas dans le bol mais dans la brosse. L’assurance maladie donne quatre consignes, et la première est celle qu’on n’ose pas suivre (ameli.fr, que faire en cas de gingivite).

  • Brossez-vous les dents au moins 2 fois par jour, même si ça saigne, avec une brosse souple. Arrêter le brossage entretient la plaque, donc l’inflammation, donc le saignement.
  • Passez le fil dentaire ou des brossettes interdentaires, là où la brosse ne va pas. C’est aussi ce qui aide à garder une haleine fraîche.
  • Faites un bain de bouche antimicrobien au moins 1 fois par jour, sur les conseils de votre pharmacien. Il vient en plus du brossage, jamais à sa place.
  • Arrêtez le tabac, qui aggrave l’apparition comme la progression de la maladie.

Et consultez dès les premiers signes, sans attendre que la gencive dégonfle : c’est le détartrage qui retire ce que la brosse ne retire plus.

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Un abcès dentaire ne se dégonfle pas avec un remède

C’est la question qui revient le plus, et la réponse est franche : aucun remède de grand-mère ne traite un abcès. C’est « une accumulation de pus liée à une infection bactérienne, au niveau d’une dent ou d’une gencive », le plus souvent au décours d’une carie non traitée (ameli.fr, définition, causes et symptômes de l’abcès dentaire).

Ce qui doit alerter, d’après la même page : une douleur intense et lancinante dans la dent ou la gencive, d’installation brutale, qui s’aggrave vite et peut irradier vers l’oreille, la mâchoire ou le cou ; une gencive enflée autour de la dent ; des ganglions du cou gonflés ; un goût désagréable dans la bouche ; une joue rouge et indurée ; une difficulté à ouvrir la bouche ; une fièvre entre 38 et 39 °C.

Le froid sur la joue peut rendre l’attente supportable, et c’est tout ce qu’il fait. Un abcès se traite au cabinet, par le soin de la dent et le drainage, parfois avec des antibiotiques. N’essayez pas de le percer vous-même : ouvrir une poche de pus avec ce qu’on a sous la main, c’est ajouter une infection à une infection. Devant ces signes, prenez rendez-vous le jour même, et appelez le 15 ou le 112 sans attendre si vous avez du mal à avaler ou à respirer, si votre visage est très enflé d’un côté, ou si votre état général se dégrade.

Les erreurs à éviter

  • Le bain de bouche au vinaigre de cidre. Le vinaigre est un acide, et l’émail se déminéralise sous l’attaque acide (UFSBD, l’érosion dentaire). Un rinçage acide répété fragilise la dent au lieu de la protéger.
  • L’ail cru écrasé sur la dent ou la gencive. La tradition le recommande contre la rage de dents, et c’est un mauvais conseil : maintenu au contact de la muqueuse, il provoque de vraies brûlures chimiques, avec des lésions blanchâtres et des nécroses localisées décrites dans la littérature dentaire (Clinical Case Reports, brûlure de la muqueuse buccale par l’ail). Manger de l’ail ne pose aucun problème ; le poser sur la gencive, si.
  • L’huile essentielle d’arbre à thé dans la bouche. Cette page a longtemps conseillé d’en mettre une goutte sur la brosse à dents : nous l’avons retirée. Les centres antipoison ont enregistré 496 cas d’effets indésirables liés aux huiles essentielles de Melaleuca entre 2006 et 2019, dont 28 % concernaient la sphère oropharyngée (Anses, Vigil’Anses n° 14).
  • Poser un comprimé sur la dent. Un antalgique s’avale : l’assurance maladie recommande de prendre « un antalgique comme le paracétamol », pas de le placer contre la gencive.
  • Attraper l’ibuprofène. C’est le réflexe le plus répandu devant une rage de dents, et celui que l’ANSM déconseille : les anti-inflammatoires peuvent aggraver une infection en cours. L’agence cite nommément l’infection dentaire parmi les situations où il faut leur préférer le paracétamol, après avoir retenu depuis l’an 2000 337 cas de complications infectieuses graves sous ibuprofène et 49 sous kétoprofène (ANSM, AINS et complications infectieuses graves).
  • Attendre que ça passe. Une douleur dentaire qui dure n’est pas un inconfort à gérer à la maison, c’est un rendez-vous à prendre.

Quand consulter

L’assurance maladie hiérarchise la conduite à tenir en quatre niveaux, valables pour la dent comme pour la gencive.

À votre rythme de suivi habituel : sensibilité dentaire occasionnelle, gencives rouges qui saignent au brossage, gêne de poussée dentaire, sans rien qui gêne vos journées.

Dans les jours qui viennent : douleur aggravée par les repas, sensibilité au chaud ou au froid, douleur à la pression, petite blessure de la gencive, ou choc dentaire sans fracture.

Dans la journée : douleur insupportable, douleur qui s’aggrave quand vous vous allongez, difficulté à ouvrir la bouche, saignements importants, ou dent déplacée, fracturée ou expulsée après un choc.

Le 15 ou le 112 sans attendre : difficulté à avaler ou à respirer, douleur intense et lancinante avec de la fièvre, visage très enflé d’un seul côté avec une peau rouge et chaude.

Une dent définitive expulsée est une urgence à la demi-heure. La réimplantation réussit dans environ 70 % des cas quand elle a lieu dans les 30 minutes, et devient presque toujours impossible au-delà de deux heures. Saisissez la dent par la couronne, jamais par la racine, ne la frottez pas, n’y mettez aucun désinfectant, placez-la dans du lait UHT (à défaut du sérum physiologique ou votre salive, jamais à sec ni dans de la glace), et filez chez un dentiste (UFSBD, traumatismes bucco-dentaires).

En attendant le rendez-vous, l’assurance maladie conseille de mâcher du côté qui ne fait pas mal, de se brosser les dents avec une brosse souple après chaque repas, de dormir en position semi-allongée, et de prendre un antalgique comme le paracétamol. En cas de saignement, appliquez une compresse stérile en pressant modérément pendant 4 minutes.

Un mal de dents n’est pas une maladie, c’est un signal, et une gencive qui saigne en est un autre. Ces gestes servent à tenir jusqu’au fauteuil, pas à l’éviter : la carie se soigne, la gingivite se rattrape, la parodontite ne se répare pas.

FAQ

La douleur s’est arrêtée toute seule, est-ce bon signe ?

Pas forcément. Une douleur dentaire qui disparaît brutalement, surtout après avoir été très forte, ne veut pas dire que ce qui la provoquait a disparu. Un abcès reste une infection bactérienne tant qu’il n’a pas été traité, et le gonflement de la joue ou la fièvre peuvent arriver ensuite. Gardez le rendez-vous que vous aviez pris.

Un enfant a mal aux dents, que peut-on lui donner ?

Rien de ce que cette page décrit, ou presque : l’huile essentielle de girofle et la sauge en gargarisme ne sont pas recommandées avant 18 ans, et un clou de girofle entier n’a pas sa place dans la bouche d’un petit qui pourrait l’avaler de travers. Restent le froid sur la joue par-dessus un linge, un antalgique à dose adaptée à son poids, et un rendez-vous rapide chez le chirurgien-dentiste. Pour un bébé qui perce ses dents, la conduite à tenir est différente et se trouve dans notre article sur la poussée dentaire.

Mal aux dents pendant la grossesse, qu’est-ce qui est permis ?

La liste des gestes écartés est longue : huile essentielle de girofle, gargarisme à la sauge et point d’acupression de la main sont tous déconseillés pendant la grossesse et l’allaitement. Restent le froid sur la joue, le bain de bouche tiède à l’eau salée et le brossage doux. Surtout, les soins dentaires ne se mettent pas en pause pendant neuf mois : les bouleversements hormonaux figurent parmi les facteurs qui favorisent l’inflammation des gencives, et c’est justement la période où il faut consulter.

Une dent qui bouge chez l’adulte, est-ce grave ?

C’est un signe à ne pas laisser passer. Hors choc, une mobilité dentaire chez l’adulte figure parmi les manifestations de la parodontite, ce stade où l’inflammation a gagné le ligament et l’os qui tiennent la dent, avec un déchaussement et des espaces qui s’ouvrent entre les dents. Contrairement à la gingivite, cette atteinte n’est pas réversible : plus le rendez-vous est proche, plus il reste à sauver.

Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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