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Constipation du nourrisson : les gestes de grand-mère

Constipation du nourrisson : les gestes de grand-mère

Virginie Verglas Publié le 15/09/2026 8 min

Avant de chercher un remède, il faut s’assurer qu’il y a bien quelque chose à traiter : chez un bébé nourri au sein, une selle tous les huit à quatorze jours peut être parfaitement normale. Quand la constipation est réelle, les gestes qui aident tiennent dans le quotidien : la préparation du biberon, le massage du ventre, l’eau et l’assiette. Nous indiquons aussi les gestes hérités qu’il ne faut surtout pas reproduire, et les signes qui demandent un avis médical sans attendre.

Un bébé qui espace ses selles n’est pas forcément constipé

C’est le point qui rassure le plus de parents, et il vient de l’Assurance maladie. Un bébé nourri exclusivement au sein a le plus souvent des selles fréquentes, parfois après chaque tétée, mais certains ne font qu’une selle tous les 8 à 14 jours, et il n’y a là rien d’anormal tant que ces selles restent molles et que l’enfant n’a pas mal au ventre : le lait maternel est absorbé presque en totalité et laisse peu de résidus à évacuer. Dans cette situation, écrit l’Assurance maladie, le nourrisson n’est pas constipé et il n’y a pas lieu de modifier son alimentation ni de lui donner un traitement (ameli.fr, reconnaître la constipation chez l’enfant).

Quant aux remèdes que nos grands-mères réservaient aux grands, l’huile à jeun, les pruneaux trempés, les plantes laxatives, ils sont rassemblés dans notre page sur la constipation chez l’adulte : aucun d’eux ne se transpose à un bébé, même en quantité réduite.

Reconnaître une vraie constipation

Selon l’Assurance maladie, un nourrisson émet en général au moins une selle non dure par jour, et une constipation peut être évoquée quand ce rythme s’allonge anormalement, quand les selles durcissent, ou quand l’évacuation devient difficile et douloureuse. Chez un bébé allaité, on l’a vu, le calendrier seul ne dit presque rien.

Ce qui doit attirer l’œil n’est donc pas le calendrier, mais la difficulté :

  • des selles dures et petites, ou au contraire très volumineuses ;
  • des selles tantôt liquides, tantôt dures : c’est la fausse diarrhée sur constipation ;
  • un bébé qui ressent le besoin sans parvenir à évacuer ;
  • un manque d’appétit, des douleurs de ventre, des crampes et des ballonnements.

Dans plus de 95 % des cas, il s’agit d’une constipation fonctionnelle : un simple ralentissement du transit, sans lésion ni maladie derrière.

Avant de commencer

  • Un petit corps ne se dose pas à l’estime : un remède d’adulte « réduit de moitié » n’est pas une posologie d’enfant. Les fibres qui gonflent au contact de l’eau, à commencer par le psyllium et les graines de lin, sont déconseillées aux enfants.
  • Ne modifiez pas seul l’alimentation d’un nourrisson. Avant d’agir sur la diversification, l’Assurance maladie demande de prendre conseil auprès de son médecin ou de son pédiatre.
  • Pas de tisane sans avis médical, y compris les plantes réputées douces : c’est la consigne d’ameli sur les boissons de l’enfant.

Vérifier la préparation du biberon avant tout le reste

C’est le premier geste, et parfois le seul à corriger. Le principe est une mesure de lait en poudre pour 30 ml d’eau, et l’erreur à ne pas commettre consiste à enrichir le biberon en ajoutant de la poudre : l’Assurance maladie la cite explicitement comme une source de constipation. Un excès de farine ou d’épaississant produit le même effet.

Si votre bébé est nourri au biberon, proposez-lui aussi régulièrement de l’eau, en particulier s’il a de la fièvre ou s’il fait très chaud. S’il est allaité, demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme avant de lui proposer de l’eau.

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Le massage du ventre et le pédalo

C’est le geste de grand-mère qui a le mieux traversé le temps, et c’est aussi celui que recommande l’Assurance maladie : bougez les jambes de votre bébé comme si vous le faisiez pédaler, et massez-lui le ventre délicatement, trois ou quatre fois par jour (ameli.fr, constipation de l’enfant : que faire).

Installez-le sur une surface stable, dans une pièce bien chauffée, à distance d’un repas. La paume à plat, décrivez des cercles lents autour du nombril, dans le sens des aiguilles d’une montre : on accompagne, on n’appuie pas. Puis ramenez doucement ses genoux vers son ventre, l’un après l’autre.

L’eau, puis l’assiette

L’eau d’abord, et elle suffit : c’est la seule boisson nécessaire à un enfant qui a soif. Les jus de fruits ne lui sont en aucun cas indispensables, et les sodas comme les sirops l’habituent à un goût sucré qui pourrait lui faire refuser l’eau ensuite.

L’assiette ensuite, et elle change avec l’âge.

  • Dès la diversification, les fruits et les légumes ont leur place, d’autant plus si le nourrisson est constipé : leurs fibres forment un résidu qui améliore le transit. À mettre en place après avis du médecin ou du pédiatre.
  • Après 1 an, un fruit ou un légume au moins trois fois par jour (raisins, dattes, prunes, figues, fenouil, courgettes), plus les céréales et le riz complets.

Côté adulte, nous détaillons les aliments qui relancent le transit : ils ne se transposent pas tels quels à l’assiette d’un bébé.

Les erreurs à éviter

  • Jamais de thermomètre introduit pour déclencher la selle. L’Assurance maladie l’écrit noir sur blanc : le geste peut blesser l’enfant et provoquer des saignements par l’anus. C’est un geste hérité, et le premier à écarter.
  • Pas de laxatif sans avis médical. Chez l’enfant, les laxatifs irritants et ceux qui stimulent la motricité intestinale sont contre-indiqués en raison de leurs effets secondaires.
  • Pas de suppositoire ni de lavement de votre propre initiative. Quand un médecin prescrit un suppositoire à la glycérine, c’est en début de traitement et son administration doit rester rare : au long cours, ces produits empêchent l’enfant d’acquérir les réflexes d’une défécation spontanée (ameli.fr, le traitement de la constipation de l’enfant).
  • Jamais de miel avant 1 an, sous aucune forme : ni dans l’alimentation, ni sur un doigt, ni sur une tétine pour calmer un bébé agité. L’Anses est catégorique à cause du risque de botulisme infantile, et le symptôme le plus commun et le plus précoce de cette maladie est justement la constipation (Anses, pas de miel pour les enfants de moins d’un an).
  • Ne supprimez pas les produits laitiers de vous-même. Ils peuvent favoriser la constipation, mais l’enfant en a besoin pour ses os : la question se discute avec le médecin.
  • Le sucre et le jus de fruits ajoutés au biberon circulent encore beaucoup. Nous ne les indiquons pas : les recommandations publiques s’en tiennent à l’eau, au lait bien reconstitué et aux fruits et légumes de la diversification.

Quand consulter ?

Emmenez votre enfant aux urgences, ou appelez le 15 ou le 112, s’il est constipé et souffre beaucoup avec de fortes douleurs du ventre, s’il vomit sans cesse, ou si son ventre devient enflé, tendu et douloureux.

Chez un bébé de moins d’un an, gardez en tête le botulisme, une maladie rare dont la constipation est le premier signe. Une gêne pour respirer impose le 15 : l’Anses écrit que ces troubles respiratoires nécessitent « d’urgence une prise en charge médicalisée ». Si la constipation s’accompagne d’une faiblesse inhabituelle, d’une succion faible, d’un visage qui s’exprime moins ou d’une tête qu’il tient moins bien, montrez-le à un médecin sans attendre : ce sont les autres signes que l’Anses décrit (Anses, botulisme infantile).

Consultez dans la journée s’il urine souvent ou se plaint de douleurs en urinant (la stagnation des selles dans le rectum favorise les infections urinaires), s’il a du sang dans les selles, s’il a de la fièvre, des nausées ou une perte d’appétit, ou s’il ne prend pas de poids ou en perd.

Prenez rendez-vous dans les jours qui viennent si la constipation dure plusieurs jours malgré ces mesures, si votre enfant pleure au moment d’aller à la selle avec du sang sur le papier, ou s’il perd par moments le contrôle de ses selles. Chez le tout-petit, deux situations demandent une vigilance particulière : une constipation apparue dès la sortie de la maternité ou dans les semaines suivantes, avec un ventre ballonné, et un bébé constipé qui ne prend pas assez de poids. Une constipation présente dès les premières semaines de vie n’est pas une constipation ordinaire : elle peut révéler une maladie de Hirschsprung, une malformation du rectum ou de l’anus, une hypothyroïdie, une maladie neurologique ou une mucoviscidose. Un retard à émettre les toutes premières selles, le méconium, fait partie des signes que l’Assurance maladie cite pour la maladie de Hirschsprung.

Le travail du parent tient finalement en deux gestes : regarder la consistance des selles plutôt que le calendrier, et résister aux remèdes d’adulte qui s’invitent toujours dans la conversation.

FAQ

Mon bébé pousse, devient tout rouge et grogne : est-il constipé ?

Pas nécessairement. Ce qui définit la constipation, dans les repères de l’Assurance maladie, c’est la fréquence des selles et leur consistance, pas l’effort visible pour les évacuer : un nourrisson qui grimace mais produit des selles molles n’est pas constipé. Si les selles durcissent, ou si l’effort s’accompagne de pleurs et de sang sur le papier, la question se règle avec un médecin.

Un changement de lait infantile peut-il constiper mon bébé ?

Oui : une modification de la formule de lait maternisé figure parmi les causes de constipation passagère du nourrisson, au même titre qu’un excès de farine ou d’épaississant. Ce n’est pas une raison pour en changer à nouveau de votre propre chef : signalez le changement et sa date à votre médecin ou à votre pédiatre.

Un médicament peut-il constiper mon bébé ?

Oui, certains le peuvent : l’Assurance maladie cite les antispasmodiques parmi les médicaments qui peuvent aggraver la constipation de l’enfant (ameli.fr, reconnaître la constipation chez l’enfant). N’arrêtez pas un traitement de votre propre chef pour autant : c’est le médecin qui, si nécessaire, « modifie ou arrête un médicament qui aggrave la constipation » (ameli.fr, le traitement de la constipation de l’enfant).

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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