Syndrome prémenstruel (SPM) : symptômes et ce qui soulage
Les seins tendent, le ventre gonfle, l’humeur se retourne pour un rien : chez beaucoup de femmes, les jours qui précèdent les règles ne ressemblent à aucun autre moment du cycle. C’est le syndrome prémenstruel, et il s’arrête quand les règles arrivent. Voici ce qu’il recouvre, comment le distinguer d’une forme sévère qui relève d’une prise en charge, ce qui aide au quotidien, et à partir de quand une douleur de règles n’est plus normale.
Le syndrome prémenstruel, ce qu’il recouvre
L’Assurance maladie le décrit simplement : dans les jours qui précèdent les règles, certaines femmes ressentent à chaque cycle une tension dans les seins, un ballonnement de l’abdomen, une nervosité, des troubles de l’humeur, et ces manifestations disparaissent lorsque les règles commencent (Assurance maladie). Sa page consacrée aux douleurs de règles y ajoute des œdèmes des extrémités, une irritabilité ou une anxiété et des maux de tête.
Deux repères tiennent tout le reste : le moment et la fin. Les signes arrivent dans la seconde moitié du cycle, ils repartent avec les règles. Selon le Vidal, les tensions des seins de ces jours-là sont « le plus souvent dues à la rétention d’eau qui accompagne la chute des taux sanguins d’hormones sexuelles après l’ovulation » (Vidal). Un symptôme qui ne suit pas ce rythme, une gêne qui dure tout le mois, un gonflement qui ne cède jamais, n’appartient pas au syndrome prémenstruel : il se montre au médecin.
Autre confusion fréquente, et elle change tout : le syndrome prémenstruel n’est pas la même chose que les règles douloureuses. Le premier précède les règles, les secondes surviennent avec elles et appellent d’autres gestes, que nous détaillons dans notre page sur les douleurs de règles et leurs remèdes naturels.
Syndrome prémenstruel ou trouble dysphorique prémenstruel ?
Chez la plupart des femmes, ces quelques jours sont désagréables et se traversent. Chez d’autres, l’humeur ne baisse pas, elle s’effondre : à chaque cycle, au point de désorganiser le travail, le couple ou la vie de famille, puis tout se rétablit quand les règles arrivent. Les médecins parlent alors de trouble dysphorique prémenstruel, la forme sévère du syndrome.
Ce n’est pas un défaut de caractère et ce n’est pas une question de volonté. Ce n’est pas non plus quelque chose qui se règle avec une infusion ou un complément. La conduite à tenir est écrite noir sur blanc par l’Assurance maladie : « si ces troubles sont importants, parlez-en à votre médecin : des traitements sont possibles ». Le Vidal indique de son côté qu’un bilan complet s’impose en cas de syndrome prémenstruel sévère (Vidal).
Un geste très concret prépare cette consultation : notez vos symptômes et leurs dates sur deux ou trois cycles. Un carnet vaut mieux qu’un souvenir, et votre médecin verra tout de suite si les signes suivent le cycle ou non.
Ce qui soulage au quotidien
Ce sont des gestes de confort, à commencer dans la seconde moitié du cycle, quand les signes reviennent toujours aux mêmes jours.
Le magnésium associé à la vitamine B6
C’est une association répandue en cette période : le Vidal écrit que la prise de compléments riches en calcium, magnésium et vitamine B6 « est parfois recommandée » contre le syndrome prémenstruel (Vidal, syndrome prémenstruel). L’habitude est de les prendre pendant la seconde moitié du cycle, les deux semaines environ qui précèdent les règles. Pour éviter l’effet laxatif du magnésium, le Vidal conseille d’en prendre « moins de 350 mg à la fois, pendant un repas » (Vidal, magnésium).
Les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale doivent éviter les compléments riches en magnésium, écrit le Vidal, qui demande aussi de ne pas le prendre en même temps que les antibiotiques de la famille des cyclines et des quinolones, ni que certains médicaments contre l’ostéoporose.
Ce n’est pas la même chose que la cure de chlorure de magnésium contre le stress, qui a ses propres règles.
Le gattilier, une plante qui porte une référence européenne
Le gattilier (Vitex agnus-castus) n’est pas une tisane de cuisine : c’est une préparation de phytothérapie. L’Agence européenne des médicaments reconnaît un usage bien établi à un extrait sec précis de ses fruits contre le syndrome prémenstruel, et un usage traditionnel aux autres préparations pour soulager les petits troubles des jours qui précèdent les règles (EMA). Cette reconnaissance vient avec de vraies limites, écrites dans la même monographie :
- pas avant 18 ans, pas pendant la grossesse, pas pendant l’allaitement ;
- avis médical indispensable en cas de cancer sensible aux œstrogènes, actuel ou passé, de trouble de l’hypophyse, ou si vous prenez des œstrogènes, des antiœstrogènes ou un traitement agissant sur la dopamine ;
- si les symptômes s’aggravent, ou s’ils persistent après 3 mois d’utilisation suivie, on consulte.
La dose dépend de la préparation, elle est écrite sur la boîte, et le pharmacien est la bonne personne à qui la demander.
Les graines de lin, moulues à la minute
Comptez 1 cuillère à soupe de graines de lin fraîchement moulues par jour, sur un yaourt, des céréales ou une salade, à partir d’une quinzaine de jours avant les règles. Le geste qui fait la différence est la mouture : moulin à café ou blender, juste avant de consommer.
Conservez la mouture au réfrigérateur, dans un bocal hermétique, et finissez-la sous 24 à 48 heures. Une odeur rance se jette, elle ne se mange pas.
Cinq minutes de respiration lente
La cohérence cardiaque ne coûte rien et se pratique n’importe où. Assise, le dos droit : inspirez par le nez en comptant jusqu’à 5, puis expirez par la bouche en comptant jusqu’à 5. Tenez 5 minutes, 3 fois par jour, matin, midi et soir. Une application gratuite aide à garder le rythme les premiers jours.
C’est aussi le geste que nous conseillons quand la tension de ces journées déborde sur les nuits, au même titre que les plantes du sommeil, avec leurs limites.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLes erreurs à éviter
- Ne pas attendre que ça passe quand une douleur de règles change de nature. Elle s’atténue souvent avec les années quand elle existe depuis l’adolescence, mais une douleur nouvelle chez l’adulte se fait examiner.
- Ne pas empiler les compléments. Magnésium, gattilier et plantes « pour les hormones » pris ensemble, on ne sait plus ce qui agit ni ce qui gêne.
- Ne pas traiter avec une infusion une humeur qui s’effondre. Une forme sévère demande un avis médical, pas une tisane de plus.
- Ne pas prendre le gattilier comme on prend une plante du jardin. On pense qu’il agit sur un axe hormonal et ses contre-indications sont réelles.
Quand consulter ?
Trois choses ne doivent jamais être mises sur le compte du syndrome prémenstruel.
Une douleur de règles qui a changé de nature. L’Assurance maladie liste les situations qui demandent un avis : des douleurs qui ne sont pas soulagées par les anti-inflammatoires, qui apparaissent à l’âge adulte alors que vos règles étaient jusque-là peu douloureuses, qui s’aggravent anormalement, qui durent plusieurs jours avant et après les règles, ou qui ont un retentissement important sur votre vie quotidienne, absentéisme scolaire ou professionnel compris (Assurance maladie).
L’endométriose, et c’est la raison pour laquelle cette liste compte. Elle provoque « des douleurs plus ou moins fortes dans le bas du ventre, en particulier pendant les règles ou lors des rapports sexuels », et elle passe parfois inaperçue (Assurance maladie). Fatigue, ballonnements et troubles digestifs l’accompagnent souvent, c’est-à-dire exactement ce qu’on met volontiers sur le dos du cycle. Son diagnostic repose sur l’examen clinique, l’échographie et l’IRM.
Une tension des seins qui ne suit plus le cycle. Si elle dure tout le mois, elle se montre au médecin. Et chez les femmes de 40 ans et plus, le Vidal rappelle qu’une douleur des seins « peut avoir des causes plus graves » et que « l’examen clinique doit être minutieux » (Vidal).
Consultez sans attendre en cas de fièvre, de pertes vaginales anormales, de saignements entre les règles, de règles anormalement abondantes ou de douleurs pendant les rapports sexuels : ces signes figurent dans la même liste et ne relèvent pas d’un inconfort de cycle.
Le syndrome prémenstruel n’est ni imaginaire ni une fatalité. La façon de s’en occuper commence par le regarder de près : quels signes, quels jours, quelle intensité. C’est ce relevé, bien plus qu’un remède, qui vous dira si quelques gestes suffisent ou si le sujet mérite une consultation.
FAQ
L’huile d’onagre soulage-t-elle les seins douloureux avant les règles ?
C’est un usage répandu, en capsules prises pendant les repas et commencées environ deux semaines avant les règles. Nous n’avons trouvé aucune preuve de son effet : le centre américain de référence sur les médecines complémentaires juge les données insuffisantes pour dire si elle aide dans le syndrome prémenstruel (NCCIH, notre traduction). Si vous prenez un traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant.
Syndrome prémenstruel ou début de grossesse : comment faire la différence ?
Les premiers jours, les deux se ressemblent : l’Assurance maladie cite parmi les petits signes d’une grossesse les nausées, les ballonnements et une poitrine gonflée. Le premier repère est l’absence de règles à la date prévue, qui n’est pourtant « pas un signe de grossesse suffisant », car le stress, le sport ou les voyages peuvent aussi les retarder. « Un test de grossesse puis une échographie le confirmeront », écrit l’Assurance maladie (ameli.fr, les premiers signes de grossesse). Et si vous pensez être enceinte, le gattilier et les compléments de cette page attendent l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme.
Peut-on prendre du gattilier avec une contraception hormonale ?
C’est une question à poser à son médecin avant, pas après. La monographie européenne indique que des interactions avec les œstrogènes, les antiœstrogènes et les traitements agissant sur la dopamine ne peuvent pas être exclues.
Une adolescente peut-elle avoir un syndrome prémenstruel ?
Oui, et l’Assurance maladie le décrit d’ailleurs dans sa page d’information sur les règles de la jeune fille. En revanche le gattilier ne la concerne pas : la monographie européenne indique que son usage n’est pas recommandé avant 18 ans, faute de données suffisantes. Les gestes de confort, eux, restent valables.
Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.