Antibiotique naturel ? Les alliés d’hiver de grand-mère
Les alliés naturels de l’hiver, plante par plante
L’hiver approche, c’est le moment de reprendre les bonnes habitudes de saison. Équilibrez votre assiette avec des produits de saison, des épices et des herbes aromatiques : thym, serpolet, gingembre, cannelle.
Un mot sur l’expression « antibiotique naturel », qu’on lit partout. Aucune de ces plantes n’en est un : un antibiotique tue des bactéries, se prescrit sur un diagnostic, et ne fait rien contre un virus. Ce qui suit relève de l’alimentation d’hiver et du confort, pas du traitement d’une infection. L’assiette n’est qu’un levier parmi ceux qui aident à renforcer son système immunitaire.
Épices et légumes orange, les couleurs de l’hiver
Gingembre, cannelle, poivre noir et noix de muscade sont les épices que la tradition dit « réchauffantes » : ce sont elles qui parfument les plats et les boissons d’hiver. À la même table, les légumes de saison de couleur orangée (potiron, patate douce, courge) font les soupes et les gratins de la saison froide.
Les herbes aromatiques, le réflexe de l’hiver
Thym, origan et serpolet sont les herbes que nos grands-mères mettaient partout dès les premiers froids, en infusion comme en cuisine. Le thym en tête : voir les propriétés du thym. Le thym est d’ailleurs reconnu par l’Agence européenne du médicament comme médicament traditionnel à base de plantes pour la toux grasse liée au rhume, sur la base de son ancienneté d’emploi et non d’essais cliniques (EMA, Thymi herba). Ces herbes n’empêchent pas d’attraper un rhume, une grippe, une bronchite ou une sinusite, mais elles adoucissent la saison.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLe plein de vitamine C avec les agrumes
Clémentine, citron, orange, pamplemousse et kiwi sont nos amis pour faire le plein de vitamine C, dont l’allégation « contribue au fonctionnement normal du système immunitaire » figure au registre européen des allégations de santé autorisées, après évaluation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (règlement UE 432/2012).
→ Privilégiez les fruits frais entiers.
Miel, propolis et gelée royale, les produits de la ruche
Les produits de la ruche accompagnent les maux de l’hiver depuis la nuit des temps : la propolis (mélange de cire, de résine et de sécrétions salivaires des abeilles), le miel et la gelée royale. Le miel, en particulier, a un effet apaisant sur la gorge et sur la toux du soir, ce que rappelle l’Assurance Maladie elle-même (ameli.fr). À réserver aux plus d’un an : l’Anses déconseille formellement le miel aux nourrissons, à cause du risque de botulisme infantile (Anses). Attention également en cas d’allergie aux produits de la ruche. Et si vous êtes asthmatique, de terrain allergique (atopique) ou allergique aux pollens, passez-vous-en, miel compris : l’Anses écrit que la consommation d’aliments ou de compléments alimentaires contenant des produits de la ruche « doit être évitée par les personnes ayant de l’asthme ou un terrain atopique et en particulier par les personnes allergiques aux pollens » (Anses, avis de 2018 sur les produits de la ruche).
→ Pour une cure de propolis ou de gelée royale, en gouttes, ampoules ou gélules, suivez la dose de la boîte.
L’huile essentielle de ravintsara, le geste du matin
Cette huile essentielle, tirée du camphrier de Madagascar, est le rituel d’hiver de beaucoup de familles. Elle ne fait pas barrage aux virus qui circulent dans les transports : contre la contagion, ce sont le lavage des mains et l’aération des pièces qui font le travail.
Avant d’en utiliser : par prudence, pas avant 7 ans, et pas pendant les trois premiers mois de grossesse. Au-delà, chez l’enfant comme chez la femme enceinte ou allaitante, elle ne s’emploie que sur avis médical. Nous l’écartons aussi, par prudence, en cas d’asthme ou d’épilepsie.
→ Elle ne s’applique jamais pure sur la peau : diluez 2 gouttes dans 1 cuillerée à café d’huile végétale, et massez l’intérieur des poignets, une à deux fois par jour, quelques jours et pas tout l’hiver. Une goutte sur un mouchoir, à respirer le matin, suffit aussi.
Et on ne l’avale jamais, ni dans une cuillère de miel, ni sur un sucre : la voie orale relève d’une prescription. Relisez les règles d’utilisation des huiles essentielles avant d’en poser sur la peau.
À compléter avec nos conseils pour booster ses défenses immunitaires.
Quand consulter ?
Ces habitudes accompagnent la saison, elles ne soignent pas une infection. Chez l’adulte, l’Assurance Maladie demande de consulter rapidement un médecin en cas « de maux de tête intenses ; de vomissements ; de température élevée (> à 38.5° C) ; de difficultés à respirer ou à avaler ; de fortes douleurs à une oreille […] », ou en cas « d’aggravation brutale de vos symptômes ou si ceux-ci ne régressent pas en 15 à 20 jours » (ameli.fr, Rhinopharyngite ou rhume de l’adulte). Chez l’enfant, les critères sont différents : c’est son médecin qui juge. Notre conseil : si la respiration devient très difficile, même au repos, ou si la personne n’arrive plus à parler, n’attendez pas le rendez-vous et appelez le 15.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.