Les bienfaits de la propolis, le trésor de la ruche
La propolis est la résine que les abeilles récoltent sur les bourgeons des arbres pour calfeutrer et protéger leur ruche. Nos grands-mères en gardaient un flacon pour l’hiver : quelques pulvérisations quand la gorge commençait à gratter, un bain de bouche pour les gencives, une goutte sur le bouton de fièvre. C’est un usage traditionnel, et un petit rituel de saison que nous avons repris cet automne, sept matins de suite.
La propolis, c’est quoi ?
Le mot désigne une « substance résineuse rougeâtre que les abeilles récoltent essentiellement sur les bourgeons des arbres et des arbustes », d’après le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française. Elle fait partie des produits que les abeilles récoltent, avec le pollen et le nectar ; le miel et la gelée royale sont ceux qu’elles fabriquent.
Les abeilles prélèvent la résine sur les bourgeons, en particulier ceux des peupliers et des conifères (Vidal), la rapportent à la ruche et la mélangent à leur cire et à leur salive. Elles s’en servent pour boucher les fissures, consolider les rayons et tapisser l’intérieur de la ruche d’une fine enveloppe qui la protège du froid. Son nom vient du grec, où pro signifie « pour la défense de » et polis « la cité » : la propolis défend la ville des abeilles.
Sa composition change d’un rucher à l’autre, selon les arbres visités. En général, elle contient 50 % de résine, 30 % de cire, 10 % d’huiles essentielles, 5 % de pollen et 5 % d’autres substances, parmi lesquelles des flavonoïdes et des acides phénoliques (Silva-Carvalho et al., 2015).
Pourquoi nos grands-mères l’aimaient
La propolis accompagne les hommes depuis l’Antiquité. Les Égyptiens dessinaient sur leurs vases des abeilles occupées à la récolter, et ils l’employaient contre bien des maux, jusque dans l’embaumement des morts. On dit qu’Hippocrate s’en servait pour soigner les plaies. Vers l’an 50, le médecin grec Dioscoride en décrit les usages dans son grand traité, le De materia medica (Kuropatnicki et al., 2013). Pendant la Seconde Guerre mondiale, des médecins y recouraient de nouveau pour panser les plaies, d’après la synthèse de Silva-Carvalho.
Dans les familles, elle est restée un remède de la saison froide, celui qu’on sortait aux premiers frimas, à côté du miel et des tisanes.
À quoi sert la propolis ?
- La gorge qui gratte : à l’entrée de l’hiver, on la prenait en spray, au fond de la gorge, dès les premiers picotements, à côté des tisanes et des gargarismes de nos remèdes de grand-mère contre le mal de gorge.
- Les gencives : en bain de bouche, préparé comme l’indique la notice.
- L’aphte : un petit morceau de propolis maintenu contre l’aphte, un geste que détaille notre page sur les remèdes naturels contre l’aphte.
- Le bouton de fièvre : une goutte de teinture sans alcool, posée au coton-tige, comme dans nos remèdes pour le bouton de fièvre.
- Les petites écorchures : en pommade, sur une peau propre.
- L’hiver : en solution buvable, en cure courte au début de la saison froide, avec les habitudes de nos conseils pour traverser l’hiver.
C’est un usage traditionnel.
Comment bien choisir sa propolis ?
On la trouve en sprays pour la bouche et la gorge, en solutions buvables et en sirops, en gargarismes, en teintures et en pommades. Le spray va à la gorge, la pommade à la peau, la solution buvable se prend comme un complément alimentaire.
La propolis brune est celle de nos régions, récoltée surtout sur les peupliers. La propolis verte vient du Brésil, et sa composition diffère (Silva-Carvalho, 2015). Certaines préparations associent les deux, comme le shot que nous avons pris.
Sur l’étiquette, trois points à regarder :
- L’alcool : la teinture mère et l’extrait hydroalcoolique en contiennent ; si vous l’évitez, prenez une forme marquée « sans alcool ».
- Le miel et le pollen : souvent associés à la propolis, ce sont d’autres produits de la ruche, eux aussi allergisants.
- Les huiles essentielles : certaines gommes et certains sprays pour la gorge en ajoutent, avec leurs propres précautions. Nous leur préférons une propolis qui n’en contient pas.
Comment la prendre ?
En petite cure, au début de l’hiver ou quand la gorge commence à gratter, en suivant la dose et la durée indiquées sur l’emballage. Le shot que nous avons testé se prend le matin, à jeun, et un seul produit à la propolis à la fois suffit.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienCe que nous avons testé
Collaboration commerciale : produit offert, liens affiliés. La solution Propolis Express nous a été offerte par HerbalGem (groupe Inula).

Nous avons pris Propolis Express, de HerbalGem, un shot de 10 ml chaque matin pendant sept jours. C’est un complément alimentaire bio, vendu par boîte de sept shots, le temps d’une cure courte. Chacun associe de la propolis verte et de la propolis brune à du sirop de sureau au miel, de la sève de bouleau, des macérâts glycérinés de bourgeons de cassis et de jeunes pousses d’églantier et du jus d’argousier, avec 2,5 % d’alcool et sans aucune huile essentielle.
Le goût est agréable, un peu sucré, et le shot s’ouvre facilement. On le secoue bien avant de le boire, de préférence à jeun le matin comme le conseille la boîte, et un léger dépôt au fond est normal.
Nous l’avons pris sept matins de suite, et il est vite devenu un petit rituel. Pendant toute la cure, nous nous sommes senties en forme, avec une bonne vitalité. Quelle part revient à la propolis, et quelle part au plaisir du rituel ou à un effet placebo, nous ne saurions le dire : c’est notre ressenti, sur une semaine. La cure se réserve aux adultes, à partir de 18 ans.
Avant d’en prendre
La propolis est un produit de la ruche, et elle ne convient pas à tout le monde.
- Allergie et asthme, à tout âge : évitez-la si vous êtes allergique aux produits de la ruche, aux piqûres d’abeille ou aux pollens, si vous êtes asthmatique ou si vous avez un terrain allergique. L’Anses rappelle que la consommation de produits de la ruche « doit être évitée par les personnes ayant de l’asthme ou un terrain atopique et en particulier par les personnes allergiques aux pollens » (Anses, avis 2017-SA-0215). Sur la peau, elle peut donner un eczéma de contact : si la peau rougit ou démange, on arrête.
- Grossesse et allaitement : on s’en abstient.
- Chez l’enfant : jamais avant 1 an, et pas sans l’avis du médecin ensuite.
- Sous anticoagulant : demandez l’avis de votre médecin avant d’en prendre.
- La durée : on suit l’emballage, sans cumuler deux produits à la propolis, et pas de prises prolongées ou répétées dans l’année sans l’avis d’un professionnel de santé, comme le conseille l’Anses.
- Le shot que nous avons testé est réservé aux adultes (pas avant 18 ans) et déconseillé sous anticoagulant ; il l’est aussi en cas d’insuffisance cardiaque ou rénale, d’allergie aux dérivés salicylés, d’intolérance aux anti-inflammatoires non stéroïdiens ou de traitement anti-diurétique : lisez la boîte avant le premier shot.
Quand consulter ?
- Lèvres, langue ou gorge qui gonflent, gêne pour respirer après une prise : appelez le 15, ou le 112.
- Rougeur, démangeaisons ou eczéma après une application, qui persistent une fois le produit arrêté : montrez-les à votre médecin.
- Mal de gorge avec de la fièvre, gêne pour avaler, ou qui ne passe pas : consultez votre médecin.
- Aphte, bouton de fièvre ou gencive qui saigne et qui traîne : parlez-en à votre médecin ou à votre dentiste.
Questions fréquentes
La propolis a-t-elle des effets secondaires ?
Le plus connu est l’allergie, dans la bouche ou sur la peau. Des cas plus rares ont été rapportés, comme une atteinte des reins, une inflammation des lèvres après un spray, ou une hausse des enzymes du foie chez une personne qui prenait plus de dix bonbons à la propolis par jour (Memorial Sloan Kettering Cancer Center). Ces cas restent isolés, et ils rappellent de s’en tenir à la dose de la notice.
Peut-on prendre de la propolis enceinte ou quand on allaite ?
Non, on s’en abstient pendant toute la grossesse et l’allaitement, comme le recommande aussi le Vidal. Beaucoup de teintures et de solutions contiennent en plus de l’alcool, et Santé publique France écrit que, « par principe de précaution, il est recommandé de ne pas boire d’alcool pendant toute la durée de la grossesse » (Santé publique France).
Existe-t-il une propolis sans alcool ?
Oui, des sprays, des solutions et des teintures portent la mention « sans alcool ». En son absence, les mots « teinture », « teinture mère » ou « extrait hydroalcoolique » signalent en général de l’alcool. Le shot que nous avons testé en contient 2,5 %.
Combien de temps dure une cure de propolis ?
Le temps indiqué sur l’emballage, souvent quelques jours : la boîte que nous avons prise compte sept shots, un par matin. Pour la renouveler plusieurs fois dans l’année, demandez d’abord conseil à un professionnel de santé.
Sources
- Anses, avis 2017-SA-0215, 23 mai 2018.
- Office québécois de la langue française, fiche « propolis » du Grand dictionnaire terminologique.
- Vidal, Propolis.
- Silva-Carvalho et al., synthèse sur la propolis, eCAM, 2015.
- Kuropatnicki et al., synthèse sur l’histoire de la propolis, eCAM, 2013.
- Santé publique France, Grossesse et alcool : évolution des connaissances et perceptions des Français entre 2004 et 2020.
- Memorial Sloan Kettering Cancer Center, Propolis, 2022.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.