Ventre gonflé et ballonnements : remèdes de grand-mère
Un ventre qui tend, qui tire, et des gaz qui finissent par sortir : c’est fréquent, c’est sans gravité la plupart du temps, et ça se calme presque toujours en jouant sur deux leviers seulement, la fermentation dans l’intestin et l’air avalé pendant le repas. Voici les tisanes que nos grands-mères servaient pour dégonfler, avec les doses et les limites d’âge, ce qui dans l’assiette produit le plus de gaz, et les signes qui doivent vous amener à consulter.
Cette page ne parle que du ventre gonflé et des gaz. Si votre gêne est plutôt une lourdeur qui traîne après le repas, c’est la digestion difficile qu’il faut regarder : les plantes n’y sont pas les mêmes. Et si le ballonnement s’accompagne de douleurs abdominales que la selle soulage, avec un transit qui alterne diarrhée et constipation, ce n’est plus un simple ballonnement : voyez le côlon irritable, qui se diagnostique chez le médecin.
D’où vient le ventre gonflé ?
Ce qui fermente dans l’intestin
Une partie de ce que nous mangeons n’est pas absorbée dans l’intestin grêle et va fermenter plus loin, sous l’action des bactéries. Cette fermentation produit du gaz, et c’est normal. Elle devient gênante quand ces aliments s’accumulent au même repas. L’Assurance maladie liste ceux qui sont le plus souvent en cause : les aliments riches en lactose (lait, yaourts), le blé sous toutes ses formes, l’orge et le seigle, les asperges, les choux et brocolis, l’oignon et l’ail, les pommes, les poires et les cerises, ainsi que les édulcorants de synthèse et les polyols (Assurance maladie). Côté boissons, elle conseille de limiter les boissons gazeuses, l’alcool et celles qui contiennent de la caféine.
Il ne s’agit pas de tout supprimer, mais de repérer les deux ou trois qui vous concernent, et de ne pas les cumuler au même repas.
L’air qu’on avale
L’autre moitié du problème n’est pas dans l’assiette, elle est dans la façon de manger. Parler en mangeant, avaler vite, boire à la paille, mâcher du chewing-gum, fumer : tout cela fait entrer de l’air, qui ressort par le haut en renvois ou descend et distend le ventre. C’est l’aérophagie, et les renvois d’air et leurs causes méritent d’être regardés à part quand ils dominent le tableau.
Les tisanes qui soulagent les gaz
Deux de ces plantes ont une reconnaissance européenne pour les ballonnements et les flatulences, les deux autres sont des usages de tradition. Nous le disons plante par plante, parce que ce n’est pas le même niveau de garantie.
Le fenouil
C’est la référence. L’Agence européenne des médicaments retient le fruit de fenouil amer pour le traitement symptomatique des troubles gastro-intestinaux spasmodiques légers, ballonnements et flatulences compris, au titre de l’usage traditionnel.
La dose de la monographie est de 1,5 g de fruits dans 250 ml d’eau bouillante, en infusion de quinze minutes, 3 fois par jour au maximum, soit 4,5 g par jour. Chez l’enfant de 4 à 12 ans, on descend à 1 g dans 100 ml, et le fenouil n’est pas recommandé avant 4 ans. Pas plus de deux semaines de suite chez l’adulte et l’adolescent, et moins d’une semaine chez l’enfant de 4 à 12 ans, la monographie ne retenant chez lui qu’un usage court sur des symptômes passagers (EMA/HMPC, monographie révisée du 31 janvier 2024). La même source déconseille l’usage pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données suffisantes, et écarte le fenouil en cas d’allergie aux plantes de la famille des Apiacées (anis, carvi, céleri, coriandre, aneth) ou au pollen d’armoise.
Écrasez légèrement les graines avant de les infuser : entières, elles libèrent peu. En dépannage, mâcher lentement 1/2 c. à café de graines après le repas est le geste le plus court qui soit.
L’anis vert
L’anis vert est reconnu par la même agence pour les petits troubles digestifs, ballonnements et flatulences compris, également au titre de l’usage traditionnel. Deux limites l’accompagnent, et elles sont explicites : ces préparations sont réservées aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans, et ne se prennent pas plus de deux semaines (EMA, monographie du fruit d’anis).
Comptez 1 c. à café de graines, soit 2 g, dans 250 ml d’eau frémissante. Couvrez 10 minutes, filtrez, et buvez après le repas, 2 à 3 fois par jour. Le fenouil et l’anis se marient d’ailleurs très bien : la tisane de grand-mère au fenouil, au cumin et à l’anis réunit les trois dans un seul mélange à préparer d’avance.
Le cumin et l’aneth
Ces deux-là sont des usages de tradition, sans monographie européenne, et ils tiennent une place solide dans les cuisines qui servent beaucoup de légumineuses. Pour l’un comme pour l’autre : 1 c. à café de graines légèrement écrasées, soit 2 g, dans 250 ml d’eau frémissante, 10 minutes à couvert, jusqu’à 2 tasses par jour après les repas. Le cumin s’utilise aussi tout simplement dans les plats, avec le riz, les soupes et les lentilles, ce qui reste sa façon la plus ancienne d’agir sur le confort digestif.
La badiane
La badiane, ou anis étoilé, ferme le repas dans bien des familles, et son parfum y est pour beaucoup. Nous préférons être francs : contrairement au fenouil et à l’anis vert, elle n’a aucune monographie européenne qui lui reconnaîtrait un usage digestif, et sa tasse d’après-repas est un geste de confort, pas un traitement. Une à deux étoiles par tasse, une tasse après le repas, et une précaution d’achat qui compte vraiment, détaillées dans notre page sur l’anis étoilé après le repas.
Le charbon végétal
C’est le remède le plus demandé sur ce sujet, et le plus souvent mal dosé. La quantité usuelle est de 1 à 2 g, soit environ 1/2 à 1 c. à café rase de poudre, dans un grand verre d’eau, et non les cuillères à soupe qu’on lit parfois. Il se prend à distance des repas et surtout des médicaments, deux heures au minimum : il absorbe les traitements aussi bien que les gaz, pilule contraceptive comprise. Son mode d’emploi complet et ses contre-indications sont détaillés à part, et ils méritent une lecture avant le premier verre.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLes gestes qui aident sur le moment
La respiration abdominale détend la paroi du ventre et aide les gaz à circuler. Allongez-vous sur le dos, genoux fléchis, une main sur le ventre et l’autre sur la poitrine. Inspirez par le nez en gonflant le ventre, expirez lentement par la bouche en le rentrant. Cinq à dix minutes, sans forcer : c’est la lenteur qui fait le travail, pas l’amplitude.
Bouger, même peu, vaut mieux que s’asseoir. Un quart d’heure de marche après le repas fait plus qu’une heure de canapé. Et pour les soirs où le ventre tire vraiment, les quatre remèdes de grand-mère contre les ballonnements ajoutent la bouillotte posée sur le ventre, qui calme les spasmes.
Côté fibres, allez-y progressivement. Augmenter d’un coup les légumes et les céréales complètes est le meilleur moyen de gonfler davantage : étalez l’augmentation sur plusieurs semaines, et buvez en proportion. Si le transit est ralenti en même temps, nos remèdes de grand-mère contre la constipation traitent les deux ensemble, car un ventre bloqué gonfle mécaniquement.
Quand consulter
Un ventre gonflé après un repas copieux se règle de lui-même.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de vomissements avec douleurs du ventre et impossibilité d’émettre des gaz : c’est le tableau d’une occlusion intestinale (Assurance maladie). Un ventre très dur, contracté et douloureux relève de la même urgence.
Prenez rendez-vous si vous voyez du sang rouge dans vos selles ou des selles noires, si ces symptômes digestifs sont les premiers que vous ayez, en particulier après 50 ans, si vos symptômes habituels se modifient, si vous perdez du poids sans le vouloir, si la gêne vous réveille la nuit, ou en cas de fièvre. Ce sont les repères que retient l’Assurance maladie.
Pour le reste, la marche à suivre tient en peu de choses : ralentir le repas, repérer les deux ou trois aliments qui vous font fermenter, et garder la tisane pour les jours de gêne.
FAQ
Combien de temps un ventre gonflé met-il à dégonfler ?
Quelques heures en général, le temps que les gaz circulent et sortent. Une nuit suffit presque toujours après un repas de fête. En revanche, un ventre qui reste gonflé plusieurs jours d’affilée, ou qui gonfle tous les jours pendant des semaines, ne se règle pas à la tisane : c’est un motif de consultation à part entière.
Faut-il supprimer les légumineuses ?
Non, et ce serait dommage. Le geste de nos grands-mères était le trempage : douze heures à l’eau froide, eau jetée, cuisson dans une eau neuve, souvent avec quelques graines de cumin ou une branche de sarriette. Réintroduisez-les par petites quantités, une ou deux fois par semaine, plutôt que de les bannir puis de les reprendre d’un coup.
Aérophagie et ballonnements, est-ce la même chose ?
Non. L’aérophagie, c’est de l’air avalé : il ressort surtout en renvois, et le ventre gonfle haut, sous les côtes. Les ballonnements de fermentation se forment plus bas, dans le côlon, et sortent par le bas. Les deux se combinent souvent, mais si vos renvois dominent, c’est la façon de manger qu’il faut reprendre avant les plantes.
Un ventre gonflé fait-il vraiment prendre du tour de taille ?
Sur le moment, oui : la distension est réelle, elle se voit et se mesure, et c’est ce qui rend la gêne si désagréable. Mais elle n’a rien à voir avec une prise de poids, et elle disparaît comme elle est venue. Méfiez-vous des méthodes vendues pour « dégonfler » durablement : ce qui dégonfle, c’est le repas suivant, pris plus lentement.
Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.