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Hypnose et perte de poids, ce qu'on peut en attendre

Hypnose et perte de poids, ce qu’on peut en attendre

Virginie Verglas Mis à jour le 13/10/2026 6 min

L’hypnose aide surtout à moins manger sous le coup de l’envie, quand elle s’ajoute à un suivi diététique. Sur le poids lui-même, l’effet mesuré reste faible : le traitement du surpoids passe par l’alimentation et l’activité physique, et l’hypnose s’y ajoute pour travailler le grignotage, le stress et le rapport à la nourriture.

Ce que disent les études

En 2015, l’Inserm a passé en revue les recherches sur l’hypnose. Il lui reconnaît un intérêt dans l’anesthésie et le syndrome du côlon irritable, et juge les données insuffisantes pour d’autres usages, comme l’arrêt du tabac (Inserm, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose). Le poids ne figurait pas parmi les usages évalués.

Depuis, un essai mené à l’hôpital Bichat (AP-HP) a comparé deux groupes de personnes en situation d’obésité : l’un suivait un programme diététique, l’autre y ajoutait des séances d’hypnose et l’apprentissage de l’autohypnose. Au bout de huit semaines, le groupe hypnose mangeait de façon moins impulsive ; l’écart de poids entre les deux groupes restait faible (AP-HP, essai HYPNODIET).

Les méta-analyses plus anciennes, qui ajoutaient l’hypnose à une thérapie comportementale, ne s’accordent pas entre elles : l’une conclut à un gain net, une autre, après correction des calculs, à un gain faible au mieux (Allison et Faith, 1996).

Comment se passe une séance

L’hypnothérapeute Jean-Jacques Garet, spécialisé dans les questions de poids, nous avait décrit sa méthode. Pour lui, « c’est notre cerveau qui décide ou non d’imprimer les infos. L’hypnose n’est qu’un outil pour nous donner les clés du changement ».

En général, la séance commence par une détente guidée : le praticien fait porter l’attention sur la respiration, puis sur le relâchement du corps. Une fois la personne bien détendue, il passe à des images mentales. Dans sa méthode, il fait visualiser le rétrécissement de l’estomac, puis travaille sur les envies en apprenant à éloigner l’image de l’aliment qui tente. Il emploie aussi des questions qui font réfléchir sur sa propre vie, comme « Qui est l’acteur de votre vie ? ».

Qui doit d’abord en parler à son médecin

L’hypnose est déconseillée en cas de trouble psychotique, de bouffée délirante ou de paranoïa, selon le rapport de l’Inserm. Si vous suivez un traitement pour un trouble psychologique, demandez l’avis de votre médecin avant de commencer. En cas de crises de boulimie ou d’hyperphagie, le médecin passe en premier (voir « Quand consulter ? » plus bas).

Le titre d’hypnothérapeute n’est pas réglementé en France, et les formations sont très inégales, note l’Inserm. Selon lui, le risque de dérive est très limité quand l’hypnose est un outil complémentaire entre les mains d’un professionnel de santé déjà formé et qualifié. Méfiez-vous de toute offre qui promet un nombre de kilos en un nombre de séances.

L’exercice de l’image qui s’éloigne

Cet exercice reprend la visualisation que nous avait décrite Jean-Jacques Garet. Il se pratique seul, en une dizaine de minutes, chaque fois que l’envie de grignoter monte ou pour s’entraîner à froid.

Ce qu’il vous faut : un endroit calme, une chaise ou un fauteuil, dix minutes sans être dérangé.

  1. Asseyez-vous, les pieds au sol, et fermez les yeux. Respirez lentement, en laissant le ventre se gonfler à l’inspiration, pendant une dizaine de respirations. Si le souffle vous gêne, reprenez un rythme normal.
  2. Parcourez le corps des pieds à la tête en relâchant chaque zone : mâchoire, épaules, mains.
  3. Faites venir l’image de l’aliment qui vous tente le plus. « Visualisez un pain au chocolat, par exemple. Placez-le devant vous. A-t-il une couleur ? Où est-il placé ? »
  4. Puis : « vous allez l’éloigner mentalement de vous, lui faire changer de couleurs en l’imaginant en noir et blanc et le faire se déplacer tout en bas à gauche de cette image mentale que vous avez créée ».
  5. Restez quelques respirations avec cette image lointaine et pâle, puis rouvrez les yeux doucement.

Ce qu’on en attend : un temps de pause entre l’envie et le geste. Les premières fois, l’image revient vite ou l’esprit s’échappe : on revient au souffle, sans recommencer depuis le début. Pour apprendre les bases de la détente, notre page sur l’auto-hypnose pour se relaxer détaille la respiration et la descente des marches, et nos trois exercices de respiration se font n’importe où.

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Où l’on se trompe avec l’hypnose pour maigrir

  • Sauter des repas en comptant sur l’hypnose : dans l’essai de l’AP-HP, elle s’ajoutait à un programme diététique.
  • Attendre un résultat dès la première séance : dans l’essai de l’AP-HP, le programme s’étalait sur huit semaines.
  • Choisir un praticien sur sa promesse de kilos, sans regarder sa formation.
  • Pratiquer l’exercice en conduisant ou dans une situation qui demande de l’attention.

Quand consulter ?

Parlez-en à votre médecin traitant si vous avez des crises où vous mangez une grande quantité de nourriture en peu de temps avec un sentiment de perte de contrôle, si vous vous faites vomir, prenez des laxatifs ou jeûnez pour compenser, ou si votre poids occupe vos pensées au point de gâcher vos journées. La Haute Autorité de santé rappelle que la boulimie et l’hyperphagie boulimique « ne sont pas la conséquence d’un manque de volonté mais sont des troubles qui nécessitent des soins », et qu’il « n’est jamais trop tard pour consulter » (HAS, boulimie et hyperphagie boulimique). Chez l’adulte, c’est souvent le médecin traitant qui pose le diagnostic (ameli.fr). Les jeunes peuvent aussi appeler Fil santé jeunes, au 0800 235 236, gratuit et anonyme.

Avant de chercher à perdre du poids, parlez-en aussi à votre médecin traitant, « qui fixera avec vous vos objectifs de perte de poids » (ameli.fr, se préparer à perdre du poids). L’Assurance Maladie rappelle que le traitement du surpoids « comporte toujours des mesures diététiques et d’activité physique », et qu’un accompagnement psychologique est parfois utile (ameli.fr, obésité de l’adulte).

Si l’envie de manger vient surtout du stress, nos exercices pour arrêter de grignoter quand le stress s’en mêle peuvent compléter l’image qui s’éloigne.

Questions fréquentes

Peut-on maigrir avec l’hypnose en dormant ?

Rien ne le montre : les études citées plus haut portent sur des séances suivies éveillé, avec un praticien ou en autohypnose. Une séance faite au coucher sert à se détendre avant de dormir : notre séance d’hypnose pour dormir se pratique seul, dans son lit.

Qu’est-ce que l’anneau gastrique virtuel ?

C’est le nom donné à la visualisation d’un estomac plus petit, comme celle que décrivait Jean-Jacques Garet. Aucune intervention n’a lieu : le travail se fait en images, pendant la détente, avec l’idée d’avoir moins faim.

Combien de séances faut-il ?

Aucune des sources citées ici ne fixe un nombre de séances. Dans l’essai de l’AP-HP, les séances d’hypnose s’ajoutaient à un programme diététique suivi pendant huit semaines, et les participants apprenaient l’autohypnose pour continuer seuls.

Sources

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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