Jambes sans repos : remèdes de grand-mère et quand consulter
Impatiences dans les jambes : ce qu’elles sont vraiment
Ce besoin impérieux de bouger les jambes dès qu’on s’assoit ou qu’on se couche, ces picotements, ces fourmillements, ces impressions de décharge électrique le soir : c’est le syndrome des jambes sans repos, que l’on appelle aussi les impatiences. Les gestes qui suivent apaisent la soirée et aident à retrouver le sommeil. Mais ils ne remplacent pas la recherche de la cause, et sur ce sujet précis, c’est elle qui compte.
Il ne s’agit pas d’une simple gêne passagère. L’Assurance maladie décrit un trouble neurologique dont les sensations sont calmées par le mouvement des jambes, et estime que 6 à 7 % des Français en présentent des symptômes épisodiques, et 2 % un syndrome chronique. Deux éléments reviennent au premier plan de ses causes : l’insuffisance de fer et le manque de dopamine cérébrale.
Ne confondez pas avec les jambes lourdes. Les deux se ressemblent le soir, mais rien ne se traite pareil : la jambe lourde est une affaire de veines, elle réclame du froid et de la contention, et nous lui consacrons trois remèdes de grand-mère à part. L’impatience, elle, réclame du mouvement, et souvent de la chaleur.
Avant tout : la prise de sang que personne ne pense à demander
C’est le point le plus important de cette page. Devant des impatiences qui reviennent, le médecin prescrit une prise de sang afin de vérifier le taux de fer sanguin, et il traite les maladies associées quand il en trouve une. Un manque de fer se corrige : corriger la cause vaut mieux que masser le symptôme pendant des années. Demandez ce bilan, et gardez les remèdes ci-dessous pour les soirées en attendant.
Le massage des jambes à l’huile végétale
C’est le geste que nos grands-mères faisaient d’instinct, et l’Assurance maladie le range parmi les réflexes utiles au premier signe : bouger, s’étirer et masser les membres concernés.
Chaque soir, environ 30 minutes avant le coucher, versez 1 cuillère à soupe (15 ml) d’huile d’olive ou d’huile de macadamia dans le creux de vos mains pour la tiédir. Massez les jambes de bas en haut, par mouvements circulaires, pendant 5 à 10 minutes, en insistant sur les mollets et l’intérieur des cuisses. À répéter chaque soir.
L’astuce qui sauve les nuits : gardez une balle de tennis ou un petit rouleau de massage au pied du lit. En cas de crise nocturne, roulez-le sous la plante des pieds pendant 2 minutes, debout ou assis au bord du lit. Cela oblige à bouger, et le mouvement est précisément ce qui fait céder l’impatience.
Ce qu’on en sait, et une précaution : le massage soulage le moment présent, il ne traite aucune cause, et c’est déjà beaucoup pour une soirée. En revanche, on ne masse jamais une jambe isolément gonflée, dure, chaude et douloureuse : ce tableau-là n’est pas une impatience, il est décrit plus bas.
Les bains de jambes : le contraste chaud-froid et le sel d’Epsom
L’Assurance maladie cite les compresses froides ou chaudes et le bain chaud parmi les gestes qui apaisent une crise. Voici les deux versions que l’on se transmet à la maison.
L’alternance chaud-froid
Préparez deux bassines : l’une avec de l’eau chaude, entre 38 et 40 °C, l’autre avec de l’eau fraîche, entre 15 et 20 °C. Trempez les jambes 3 minutes dans la chaude, puis 1 minute dans la fraîche. Alternez 5 fois, et terminez toujours par l’eau fraîche.
Précautions : ce contraste est déconseillé en cas de varices très visibles ou de trouble circulatoire connu. Si vos chevilles gonflent aussi en fin de journée, la chaleur risque d’aggraver le gonflement plutôt que de le soulager : contentez-vous alors de la partie fraîche, et voyez plutôt nos remèdes contre les pieds gonflés.
Le bain de pieds au sel d’Epsom
Faites dissoudre 2 poignées de sel d’Epsom (environ 100 g) dans une bassine d’eau chaude à 38 °C, et trempez pieds et chevilles 15 à 20 minutes, le soir, 2 à 3 fois par semaine.
Ce qu’on en sait : le sel d’Epsom est du sulfate de magnésium, et rien n’établit qu’il traverse la peau pour agir sur les impatiences. Ce qui est reconnu, c’est le bain chaud lui-même. Le sel reste une tradition agréable, à prendre pour ce qu’elle est.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLes étirements du soir, contre un mur
L’activité physique régulière et les étirements avant d’aller dormir font partie des conseils d’hygiène de vie de l’Assurance maladie.
Face à un mur, posez les mains à hauteur d’épaules. Reculez un pied d’environ 60 cm, talon bien à plat au sol, et penchez-vous doucement vers le mur jusqu’à sentir l’étirement remonter dans le mollet. Tenez 30 secondes sans à-coups, en respirant. Changez de jambe, et faites 3 fois de chaque côté, juste avant le coucher, dans la foulée du massage.
La tisane de valériane, et ses limites
La valériane est la plante du soir par excellence, et son usage est réellement encadré : l’Agence européenne du médicament reconnaît la racine de valériane en usage traditionnel pour soulager une tension nerveuse légère et favoriser le sommeil. C’est donc le sommeil qu’elle vise, pas les impatiences elles-mêmes.
En infusion : 1 cuillère à café de racine séchée pour 250 ml d’eau frémissante, 10 minutes à couvert, 1 tasse le soir, 30 minutes à 1 heure avant le coucher.
Précautions, et elles sont sérieuses : la valériane est réservée aux plus de 12 ans, déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, et elle interdit de conduire ou d’utiliser une machine tant qu’on la prend. Si rien ne s’améliore après 2 semaines, la monographie européenne demande de consulter. Les autres plantes du soir, leurs indications réelles et leurs âges limites sont détaillés dans notre page sur les plantes qui aident à trouver le sommeil.
Ce qui accentue les impatiences, et qu’on peut retirer
C’est le levier le plus simple, et souvent le plus payant. L’Assurance maladie recommande de réduire les boissons qui accentuent les symptômes, thé, café, boissons énergisantes et alcool, d’arrêter le tabac, d’éviter les repas copieux en fin de journée, de se coucher à heures fixes dans une chambre calme, de laisser les écrans en dehors du lit et de renoncer à la sieste.
Côté assiette, visez de vraies sources de fer : lentilles, épinards, viande rouge maigre, associés à un aliment riche en vitamine C au même repas, qui en facilite l’absorption. Le stress figure lui aussi parmi les facteurs cités.
Une réserve sur les compléments : ne vous supplémentez ni en fer ni en magnésium de votre propre chef. Le fer se dose avant de se prendre, et l’insuffisance rénale figure parmi les maladies associées à ce syndrome, or c’est justement l’une des situations où le magnésium demande un avis médical, comme nous l’expliquons à propos de la cure de chlorure de magnésium.
Quand consulter
Des impatiences occasionnelles sont fréquentes et ne réclament pas de consultation. Ce sont les situations suivantes qui en demandent une.
Appelez le 15 ou le 112 (le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes) si une douleur de jambe s’accompagne d’une respiration difficile, d’une douleur brutale dans la poitrine, d’une accélération anormale du rythme cardiaque, d’un malaise ou de crachats contenant du sang. Ces signes évoquent une embolie pulmonaire.
Consultez rapidement, sans attendre le rendez-vous suivant, si une seule jambe devient douloureuse, dure et gonflée, parfois jusqu’à la cuisse, avec une peau plus chaude ou de couleur bleuâtre. Il peut s’agir d’une phlébite, et ce n’est pas un syndrome des jambes sans repos.
Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant si les symptômes se répètent de plus en plus souvent, s’ils perturbent votre sommeil et votre concentration dans la journée, ou s’ils retentissent sur votre humeur. Parlez-en aussi sans tarder en cas de grossesse, d’insuffisance rénale, de diabète, d’hypothyroïdie, ou si vous prenez un traitement au long cours : ce sont des causes identifiées, et elles se traitent.
FAQ
Jambes sans repos ou crampes nocturnes : comment faire la différence ?
L’impatience est une sensation désagréable accompagnée d’un besoin de bouger : elle s’installe au repos et cède dès qu’on marche. La crampe est une contraction musculaire brutale et très localisée, qui dure quelques dizaines de secondes et cède à l’étirement du muscle. Les deux peuvent survenir la même nuit, mais elles ne se soulagent pas de la même façon.
Que faire quand les impatiences arrivent pendant la grossesse ?
La grossesse fait partie des situations associées à ce syndrome : parlez-en à la sage-femme ou au médecin qui la suit, ne serait-ce que pour faire le point sur le fer. En attendant, seuls les gestes mécaniques restent de mise, marcher, s’étirer, se faire masser les mollets. La tisane de valériane est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, et aucune plante ne se prend sans avis dans cette période.
Un médicament peut-il déclencher des impatiences ?
Oui, et l’Assurance maladie cite notamment des neuroleptiques et des antidépresseurs parmi les causes de formes secondaires. La conduite à tenir est toujours la même : notez la date à laquelle les symptômes ont commencé, comparez-la à celle du début du traitement, et apportez cette information à votre médecin. C’est lui qui décide d’un changement, jamais vous.
Mon enfant se plaint de ses jambes le soir, est-ce la même chose ?
Une plainte qui revient chez un enfant se montre au médecin plutôt qu’elle ne se traite à la maison, ne serait-ce que pour vérifier le fer. Et les remèdes de cette page ne lui conviennent pas tous : la valériane est réservée aux plus de 12 ans. Restent le massage doux des mollets et le bain tiède du soir.
Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.