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Malaise cardiaque : les gestes du témoin

Malaise cardiaque : les gestes du témoin

Virginie Verglas Mis à jour le 04/09/2026 4 min

Un seul réflexe : le 15

L’Assurance Maladie ne laisse aucune place au doute : « Vous êtes victime de douleurs évocatrices d’infarctus du myocarde ? Vous êtes témoin de ces symptômes ? Un seul réflexe à avoir : appelez le 15 ou le 112 ! » (ameli.fr, Reconnaître un infarctus (ou crise cardiaque) et agir au plus vite).

On n’emmène pas la personne aux urgences en voiture, et on ne la laisse pas y aller seule. Le 15 envoie une équipe qui commence le traitement sur place et prévient le service qui la recevra.

Si vous ou la personne avez des difficultés à entendre ou à parler, l’alerte se donne par SMS au 114, gratuit, 24 heures sur 24.

Reconnaître les signes

La douleur typique, telle que la décrit l’Assurance Maladie : elle « nait à l’arrière du sternum et agit comme un étau. Elle est intense, en barre et “serre” fortement la poitrine ; elle peut s’étendre dans les mâchoires, le bras gauche (ou les deux bras) et le dos ». Elle survient au repos comme à l’effort.

Elle s’accompagne souvent de pâleur, de malaise, de sueurs, d’essoufflement, de nausées, d’éructations et d’angoisse.

Et elle peut manquer complètement. « L’infarctus peut aussi survenir sans douleur. C’est souvent le cas chez la femme, les personnes âgées et les diabétiques. Il se manifeste alors par : un malaise ; un essoufflement soudain ; une fatigue inexpliquée ; des sensations inhabituelles dans le bras gauche. » C’est la raison pour laquelle ces infarctus-là sont pris en charge plus tard, et le détail est sur notre page des symptômes de l’infarctus chez la femme.

En attendant les secours, si la personne est consciente

  1. Installez-la assise ou demi-assise, jamais debout, et empêchez-la de marcher ou de faire le moindre effort.
  2. Desserrez ce qui serre : col, ceinture, cravate.
  3. Restez avec elle et parlez-lui. L’angoisse fait partie du tableau, et votre calme compte.
  4. Notez l’heure à laquelle la douleur a commencé, et gardez ses ordonnances sous la main pour le SAMU.

Ce qu’un témoin ne fait pas : donner un médicament. Ni aspirine, ni trinitrine, ni rien d’autre, même si la personne en a sur elle et même si elle vous le demande. On ne sait pas, à ce stade, de quoi il s’agit : plusieurs urgences donnent la même douleur dans la poitrine, et le traitement de l’une peut aggraver l’autre. C’est le médecin du 15 qui décide au téléphone, et il vous le dira s’il le juge nécessaire.

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Si la personne perd connaissance ET ne respire plus

C’est une autre situation, et elle appelle d’autres gestes. L’Assurance Maladie décrit l’arrêt cardiaque ainsi : « la victime perd connaissance, tombe et ne réagit pas quand on lui parle ou qu’on la stimule ; sa respiration est inexistante ou très irrégulière ».

Ce n’est que dans ce cas, quand elle ne respire plus ou respire très irrégulièrement, qu’on masse : « Appelez le 15. Dégagez les voies respiratoires et commencez à masser le cœur jusqu’à l’arrivée du Samu. Si d’autres personnes sont présentes, demandez-leur, si un défibrillateur est disponible à proximité, d’aller le chercher au plus vite et défibrillez en suivant les instructions fournies avec l’appareil. »

Le 15 vous guide au téléphone pendant le massage. Ne raccrochez pas, mettez le haut-parleur, et suivez ce qu’il vous dit plutôt que ce que vous avez lu. Les gestes qui sauvent s’apprennent en sept heures avec le PSC1, et c’est la formation la plus utile qui existe.

Aucun remède de grand-mère ne remplace l’appel

Il n’y a aucun remède de grand-mère contre un infarctus. Aucune plante, aucune tisane, aucun geste maison. Ce qui relève du quotidien, et qui compte sur des années, c’est autre chose : la tension suivie, le tabac arrêté, l’activité physique, et une alimentation qui ménage le cœur, réunis sur nos conseils pour prendre soin de son cœur. Les signes de l’AVC obéissent d’ailleurs à la même logique : reconnaître, et appeler.

FAQ

Et si je me trompe, si ce n’est pas le cœur ?

Ce n’est pas à vous d’en décider. Le 15 est fait pour ça, il vous posera les questions utiles, et un appel pour rien ne coûte rien. Une douleur thoracique qui n’a pas été prise au sérieux, si.

Faut-il faire tousser la personne ?

Non. La « toux qui sauve » circule beaucoup sur les réseaux, elle ne figure dans aucune recommandation de secourisme, et le temps passé à tousser est du temps sans massage cardiaque si le cœur s’arrête.

Combien de temps a-t-on ?

L’Assurance Maladie écrit que « le délai à ne pas dépasser entre le moment où le médecin pose le diagnostic par électrocardiogramme et le moment où les artères sont désobstruées doit être le plus court possible ». Autrement dit : chaque minute avant l’appel est une minute perdue sur ce délai-là.

Peut-on masser le cœur sans être formé ?

Oui, et il vaut mieux masser imparfaitement que ne rien faire. Le 15 vous guide au téléphone, en donnant le rythme. La seule erreur qui compte vraiment, c’est de ne pas commencer.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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