Infarctus chez la femme : les signes atypiques
Pourquoi les signes passent inaperçus
Parce qu’on ne les attend pas : les maladies cardiovasculaires restent perçues comme une affaire d’hommes, alors qu’elles sont la première cause de mortalité féminine.
Parce qu’ils ne ressemblent pas à ce que tout le monde a en tête. La douleur dans la poitrine qui serre et qui descend dans le bras gauche est le tableau que l’on connaît, et il peut manquer entièrement.
L’Assurance Maladie l’écrit sans détour : « L’infarctus peut aussi survenir sans douleur. C’est souvent le cas chez la femme, les personnes âgées et les diabétiques. » Il se manifeste alors par « un malaise ; un essoufflement soudain ; une fatigue inexpliquée ; des sensations inhabituelles dans le bras gauche » (ameli.fr, Reconnaître un infarctus (ou crise cardiaque) et agir au plus vite).
C’est cette absence de douleur qui fait perdre du temps. Un malaise et une grande fatigue se mettent facilement sur le compte du stress, de la fatigue ou de l’anxiété, par celle qui les ressent comme par son entourage.
Les signes, un par un
Un essoufflement qui est nouveau
Ce qui compte n’est pas de s’essouffler, c’est que cela soit nouveau. Deux étages qui deviennent difficiles alors qu’on en montait quatre sans y penser. Deux kilomètres qui coûtent ce que dix coûtaient. Un essoufflement au repos alerte davantage encore.
Écoutez aussi ce que dit l’entourage : « tu te traînes », « tu ne respirais pas comme ça avant ». C’est souvent lui qui remarque avant.
Une fatigue inexpliquée
Pas la fatigue d’une semaine chargée : une fatigue installée, qui ne cède pas au repos, et qui ne correspond à rien.
Des palpitations
La plupart sont bénignes. Celles qui surviennent à l’effort ne le sont pas, et des battements irréguliers non plus. Notez le contexte, il aide le médecin : après un repas, une émotion, un effort, au repos.
Un malaise, des nausées, des vertiges
Des troubles digestifs qui s’installent et une fatigue inhabituelle méritent une consultation.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLe seul geste, devant ces signes
Appelez le 15 ou le 112. C’est ce que l’Assurance Maladie appelle « un seul réflexe à avoir », et cela vaut que la douleur soit là ou non.
On n’attend pas de voir si ça passe, et on ne prend pas sa voiture. Le détail de ce qu’on fait en attendant les secours, et surtout de ce qu’un témoin ne fait pas, est sur notre page des gestes en cas de malaise cardiaque.
Le 114 par SMS si vous avez des difficultés à entendre ou à parler.
En dehors de l’urgence
Une douleur thoracique qui apparaît à l’effort se montre à un médecin, même si elle passe. Le tabac, la tension et le cholestérol se suivent, et le tabac même à petite dose pèse lourd sur le risque cardiovasculaire. Son association avec une contraception œstroprogestative demande une discussion avec son médecin, d’autant plus en avançant en âge : c’est à lui d’en juger, pas à une page. Nos conseils pour prendre soin de son cœur portent sur ce terrain-là, pas sur l’urgence.
FAQ
Une crise d’angoisse ou un infarctus, comment faire la différence ?
On ne la fait pas soi-même, et c’est exactement le piège : les deux se ressemblent, et beaucoup d’infarctus de femmes ont d’abord été pris pour de l’anxiété. C’est une raison d’appeler, pas une raison d’attendre.
Que dire au 15 quand on appelle ?
Ce que vous ressentez, depuis quand exactement, et si c’est nouveau. Donnez l’adresse complète avec l’étage et le code, et vos traitements en cours. Restez en ligne jusqu’à ce qu’on vous dise de raccrocher.
Les signes sont-ils différents chez l’homme ?
La douleur typique y est plus souvent présente, mais elle peut manquer aussi, notamment chez les personnes âgées et les personnes diabétiques. Les signes décrits ici valent pour tout le monde.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.