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Thyroïde : symptômes chez la femme, hypo ou hyper ?

Thyroïde : symptômes chez la femme, hypo ou hyper ?

Virginie Verglas Mis à jour le 15/09/2026 6 min

La thyroïde peut se dérégler dans deux sens. Quand elle ralentit, c’est l’hypothyroïdie : fatigue, frilosité, prise de poids. Quand elle s’emballe, c’est l’hyperthyroïdie : perte de poids rapide, chaleur mal supportée, palpitations. Les deux touchent bien plus les femmes que les hommes, et c’est une simple prise de sang qui les distingue. Voici comment reconnaître l’une et l’autre, et quand consulter.

Hypo ou hyper : les signes qui s’opposent

Beaucoup de signes de la thyroïde fonctionnent en miroir. Ce tableau reprend ceux que retient l’Assurance Maladie pour l’hypothyroïdie et pour l’hyperthyroïdie.

Thyroïde au ralenti (hypothyroïdie)Thyroïde qui s’emballe (hyperthyroïdie)
TempératureFrilositéChaleur mal supportée, transpiration abondante, soif
PoidsPrise de poids malgré une perte d’appétitPerte de poids souvent rapide, avec un appétit conservé
TransitConstipationDiarrhée, nausées
CœurRythme plus lentPalpitations, pouls rapide et parfois irrégulier
Sommeil, humeurFatigue, envie de dormir dans la journéeInsomnies, fatigue, irritabilité
MusclesCrampesForce diminuée, tremblements fins des mains
RèglesIrrégulièresIrrégulières, voire absentes

Certains signes n’appartiennent qu’à l’un des deux. Du côté de l’hypothyroïdie : des paupières qui paraissent enflées le matin, une voix rauque, des difficultés de concentration ; le détail est sur notre page consacrée aux symptômes de l’hypothyroïdie. Du côté de l’hyperthyroïdie, dans la maladie de Basedow : des yeux qui saillent hors des orbites, avec un regard fixe, ce qu’on appelle l’exophtalmie.

Une constipation passagère a bien d’autres causes et se soulage d’abord par les remèdes de grand-mère pour le transit : c’est quand elle s’ajoute à d’autres signes de la même colonne qu’elle fait penser à la thyroïde.

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées ?

C’est vrai des deux troubles. L’hyperthyroïdie est « 5 à 10 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme », et la maladie de Basedow est « la première cause d’hyperthyroïdie de la femme jeune » (ameli.fr, comprendre l’hyperthyroïdie). Du côté de l’hypothyroïdie, la thyroïdite auto-immune est elle aussi 5 à 10 fois plus fréquente chez les femmes entre 30 et 50 ans (ameli.fr, comprendre l’hypothyroïdie).

Trois moments de la vie d’une femme comptent particulièrement :

  • la grossesse, où les besoins en hormones thyroïdiennes augmentent, surtout pendant le premier trimestre (ameli.fr, hypothyroïdie et grossesse) ;
  • après l’accouchement, puisqu’une thyroïdite apparaît après 5 % des grossesses, et qu’elle « passe souvent inaperçue, les symptômes qu’elle occasionne étant attribués aux conséquences de la grossesse (fatigue, manque de sommeil) » (ameli.fr, comprendre l’hypothyroïdie) ;
  • après 60 ans, où un goitre à plusieurs nodules, ou un nodule isolé, qui fabriquent trop d’hormones deviennent les causes les plus fréquentes d’hyperthyroïdie ; ils touchent les femmes dans 80 à 90 % des cas (ameli.fr, comprendre l’hyperthyroïdie).

Les hommes ne sont pas épargnés pour autant, et les signes sont les mêmes. Chez eux, l’Assurance Maladie range aussi l’impuissance parmi les complications d’une hyperthyroïdie non traitée.

La prise de sang qui fait la différence

Ce qui tranche, c’est la prise de sang demandée par le médecin traitant. Elle dose d’abord la TSH, l’hormone qui stimule la thyroïde, puis, si elle est anormale, la T4 L, l’hormone thyroïdienne elle-même. Selon l’Assurance Maladie, dans l’hypothyroïdie, « le taux de TSH est élevé et le taux de T4 L est anormalement bas » ; dans l’hyperthyroïdie, « le taux de TSH est anormalement bas ».

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L’iode, ni trop ni trop peu

L’iode sert à fabriquer les hormones thyroïdiennes, et en France, le sel iodé, les poissons et les fruits de mer en apportent assez : « une alimentation équilibrée garantit un apport suffisant d’iode », rappelle l’Assurance Maladie, qui ajoute qu’« une dose excessive peut entraîner un dysfonctionnement de cette glande ».

C’est pourquoi les algues et les compléments à base d’algues, qui concentrent l’iode, ne se prennent pas à la légère. L’Anses les déconseille aux personnes qui ont un trouble de la thyroïde, ainsi qu’aux femmes enceintes ou qui allaitent, sans avis médical (avis de l’Anses sur l’iode des algues, 2018).

Quand consulter ?

Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant si plusieurs signes d’une même colonne du tableau s’installent depuis des semaines, si votre cou vous paraît gonflé à sa base, ou si vos yeux semblent saillir. Après un accouchement, une grande fatigue qui ne passe pas se signale aussi : c’est justement le symptôme qu’on met sur le compte du manque de sommeil. Des oublis qui s’aggravent relèvent eux aussi de ce rendez-vous, avant de se tourner vers des plantes réputées pour la mémoire.

Consultez rapidement si des palpitations apparaissent, si vous vous essoufflez sans raison ou si votre pouls devient irrégulier : l’hyperthyroïdie peut provoquer des troubles du rythme cardiaque.

Appelez le 15 si une personne qui a une hyperthyroïdie présente de la fièvre, de fortes palpitations, une agitation, une faiblesse ou une confusion : ce sont les signes de la crise aiguë thyrotoxique, rare, dont l’Assurance Maladie précise que « la personne doit être hospitalisée en urgence ». Même réflexe devant une douleur dans la poitrine, un malaise ou un essoufflement brutal.

Au ralenti ou emballée, une thyroïde déréglée se reconnaît par une prise de sang, pas par une liste de signes. Si vous vous retrouvez dans une colonne du tableau, c’est au médecin qu’il faut la montrer.

FAQ

Où se trouve exactement la thyroïde ?

À la base du cou, en avant de la trachée, sous la pomme d’Adam. Elle a la forme d’un papillon, deux lobes reliés par un isthme, et elle n’est normalement pas palpable : une thyroïde qu’on sent sous les doigts est une raison d’en parler au médecin.

Peut-on passer de l’hyperthyroïdie à l’hypothyroïdie ?

Oui, dans plusieurs situations. La thyroïdite de Quervain, une inflammation qui suit une infection virale, commence par une phase d’hyperthyroïdie, suivie d’une phase d’hypothyroïdie, puis guérit spontanément en deux ou trois mois. Et le traitement d’une hyperthyroïdie, par une opération ou par iode radioactif, peut laisser place à une hypothyroïdie. Dans l’autre sens, un traitement de l’hypothyroïdie trop dosé peut conduire à un excès d’hormones, qui disparaît quand la dose est ajustée.

Une thyroïde au ralenti abîme-t-elle les cheveux et la peau ?

Oui, quand l’hypothyroïdie dure. L’Assurance Maladie décrit alors des cheveux « secs et cassants », des poils qui se raréfient, des sourcils qui « s’amincissent à leur extrémité », une peau « pâle, sèche » qui pèle et des ongles fragiles (ameli.fr, symptômes de l’hypothyroïdie). Comme les autres symptômes, ils disparaissent sous traitement.

Sources

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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