Pourquoi dit-on « attendre 107 ans » ?

Pourquoi dit-on « attendre 107 ans » ?

Virginie Verglas Mis à jour le 27/07/2026 2 min

On raconte très souvent que cette expression serait née au Moyen Âge à Paris, en référence au nombre d’années nécessaires à la construction de la cathédrale Notre-Dame. L’histoire est jolie, mais elle ne résiste pas à l’examen.

Les travaux pharaoniques pour l’édification du monument commencèrent bien en 1163. Mais l’essentiel de l’édifice, chœur, nef, façade et tours, fut achevé vers 1250, soit près de quatre-vingt-dix ans plus tard, et le chantier complet ne s’acheva qu’au milieu du 14e siècle, après quelque cent quatre-vingts ans. Aucune de ces durées ne fait 107. Ce qui est certain, en revanche, c’est que des ouvriers passèrent toute leur vie sur le chantier et que plusieurs générations s’y succédèrent.

Les Parisiens durent donc faire œuvre de patience face à cette entreprise interminable, et l’on comprend que le rapprochement se soit imposé. Reste que la locution elle-même n’apparaît dans les relevés qu’au début du 20e siècle, ce qui laisse beaucoup de siècles inexpliqués. Les lexicographes y voient plutôt un nombre expressif : « attendre cent ans » disait déjà l’essentiel, les sept années supplémentaires venant de la valeur symbolique du chiffre sept et de la contamination par des tournures voisines, comme « attendre sept ans et un carême ».

A noter que dans l’ensemble des pays de l’Europe de l’Ouest, les XIe et XIIe siècles voient une croissance considérable des populations urbaines. Celle de Paris passe de 25 000 habitants en 1180 à 50 000 vers 1220, ce qui en fait une des plus grandes villes d’Europe. Dès lors les églises existantes deviennent trop petites pour accueillir tous les fidèles. Et l’on voit naitre un peu partout en France de nouveaux chantiers de construction d’églises.

Cette expression fait partie de nos expressions nées de l’Histoire. Dans la même famille : « c’est Byzance ! » et « de Charybde en Scylla ».

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2011. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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