Pourquoi dit-on « une arme blanche » ?
Contrairement aux armes qui utilisent une explosion pour causer des dégâts (comme les revolvers ou les fusils), l’arme blanche nécessite l’action de l’homme. Elle englobe toutes les armes dont l’action est due à la force humaine et qui comportent une lame.
Mais les lames des couteaux ou des épées ne sont pas blanches. Elles ont la couleur de leur métal, brun, gris ou argenté.
Elles ne sont dites « blanches » que par opposition, à partir du 17e siècle, avec les armes à feu dites « bronzées », c’est-à-dire recouvertes d’un traitement de surface foncé destiné à les protéger de la rouille. Les lames, elles, ne pouvaient pas recevoir cet enduit sans que le tranchant en soit abîmé : elles restaient donc claires, en acier dit « blanc ». Le mot y a d’ailleurs son sens le plus ancien : dès le 11e siècle, dans la « Chanson de Roland », « blanc » veut dire « brillant, de la couleur de l’argent », ce qui était le cas des lames astiquées.
Cette expression fait partie de nos expressions nées de l’Histoire. Dans la même famille : « à la mode de Bretagne » et « Arlésienne ».