D’où vient l’expression « c’est la bérézina ! » ?
S’exprimer « c’est la bérézina ! » consiste à souligner le caractère désagréable ou de déroute d’une situation. Tout semble alors perdu et l’échec parait inévitable.
Cette expression, née bien après la bataille à laquelle elle renvoie, s’est répandue au cours des deux derniers siècles.
La Bérézina est une rivière de Biélorussie, affluent du Dniepr. Sous Napoléon 1er, pendant la campagne de Russie, en novembre 1812, la Grande Armée lutta contre la faim et le froid. Cernées par les Russes, l’empereur ordonna la retraite et les Français arrivèrent finalement devant la Bérézina, large de plusieurs dizaines de mètres et bordée de rives marécageuses. L’eau était extrêmement froide, mais elle n’était pas glacée. Il fallut donc construire des ponts pour la traverser et espérer ainsi échapper aux Russes. Le temps pressait et les ponts furent brulés volontairement pour que les adversaires ne puissent pas les utiliser. Des milliers de traînards épuisés se retrouvèrent alors coincés du côté des Russes.
Cette expression fait partie de nos expressions nées de l’Histoire. Dans la même famille : « coincer la bulle » et « un coup de Jarnac ».