D’où vient l’expression « faire le pied de grue » ?
« Faire le pied de grue » consiste à attendre debout longuement et de façon immobile. La formule est marquée péjorativement. Celui qui fait le pied de grue a l’air un peu sot.
Avant le 17e siècle, on disait plutôt « faire de la grue », relevé avant 1544 ; « faire le pied de grue » apparaît en 1608 chez le poète Mathurin Régnier. L’expression fait donc référence à l’oiseau, la grue, de la famille des échassiers et réputé pour, malgré ses deux longues pattes, sa capacité à se tenir sur une seule d’entre elles. Cet animal est si à l’aise dans cette position qu’il peut même dormir ainsi.
De l’oiseau est né le verbe « gruer », et en argot la « grue » désigne dès 1415 une femme de mauvaise vie. On explique généralement ce sens par la prostituée qui attend sans fin le client, immobile dans la rue : elle semble faire au sens propre le « pied de grue » sur le trottoir.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des animaux. Dans la même famille : « frais comme un gardon » et « froid de canard ».