Pourquoi dit-on « frais comme un gardon » ?
Celui qui est « frais comme un gardon » est en pleine forme. Cette métaphore date du XVIIème siècle : Antoine Oudin la relève dans ses « Curiositez françoises » en 1640, au sens de « qui se porte bien ». Une formule voisine, « plus sain qu’un guerdon », circulait déjà en 1545.
Son origine exacte n’est pas établie. L’explication la plus souvent avancée renvoie au domaine de la pêche : à une époque où ni le réfrigérateur ni le congélateur n’existaient, il fallait consommer les aliments peu de temps après les avoir achetés, chassés ou pêchés, et le gardon aurait eu la particularité de se conserver, une fois séché, bien plus longtemps que les autres poissons. Il serait ainsi devenu sur les marchés une référence pour vanter la fraicheur d’un produit.
Les dictionnaires, eux, ne confirment pas ce récit. Ils rappellent surtout que « frais » signifie ici vigoureux, plein d’allant, et que le gardon est un poisson vif, remarqué pour son œil rouge.
L’expression s’appliqua ensuite progressivement aux individus dont on voulait souligner l’état de forme physique.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des animaux. Dans la même famille : « froid de canard » et « Laisser le chat aller au fromage ».