Pourquoi dit-on « faire un bide » ?
Cette expression utilisée en cas d’échec vient du monde du théâtre. Elle repose sur le mot « bide », qui désigne le ventre.
Le mot est une abréviation familière de « bidon », le récipient de bois ou de fer servant à transporter l’eau ou le vin, sous l’influence de « bedon ». Ce dernier a d’abord nommé une sorte de tambour, chez Froissart, avant de désigner un gros ventre à partir de 1462. « Bide » au sens de ventre n’apparait, lui, qu’à la fin du 19e siècle.
On raconte que les comédiens hués quittaient la scène en rampant, « sur le bide », pour échapper aux regards, et que l’expression serait née de là. L’anecdote est jolie mais les dictionnaires ne la reprennent pas : ils se bornent à constater que le sens d’échec s’est fixé bien plus tard, au milieu du 20e siècle, quand « ramasser un bide » s’est répandu hors des théâtres.
Enfin, on peut rapprocher cette expression de celle connexe « faire un four », attestée dès le 17e siècle. On l’explique le plus souvent par le rapprochement entre l’obscurité du four et celle de la salle laissée sans lumière faute de spectateurs, mais d’autres y voient un sens argotique du verbe « éclairer », qui signifiait payer.
Cette expression fait partie de nos expressions venues des jeux et du spectacle. Dans la même famille : « faire un carton » et « faire un fiasco ».