Pourquoi dit-on « poser un lapin » ?
« Poser un lapin » consiste à ne pas se rendre à un rendez-vous sans prévenir la personne qui vous attend.
On lit parfois que le lapin, symbole antique de fécondité, aurait donné à l’expression une couleur de privation. C’est une jolie histoire, qu’aucun dictionnaire ne reprend.
L’expression exacte remonte à la fin du 19e siècle : « poser un lapin » est relevé dès 1881 dans un dictionnaire d’argot, précédé en 1878-1 879 par « faire cadeau d’un lapin » à une fille. Elle avait alors un sens tout différent, et purement financier : ne pas rétribuer les faveurs d’une femme dite de « petite vertu ». Le « lapin » désignait donc le refus de payer, et le poseur de lapin celui qui laissait sans un sou la femme dont il avait profité.
Le sens que nous connaissons aujourd’hui s’est installé ensuite. On le rapproche du verbe « poser » employé familièrement au sens de « faire attendre quelqu’un », mais les dictionnaires ne datent pas ce glissement avec certitude.
Le glissement s’est fait progressivement dans le langage courant : d’une attente de paiement non honoré (la faveur sexuelle) vers une autre attente non satisfaite (la venue de la personne attendue).
Cette expression fait partie de nos expressions venues des animaux. Dans la même famille : « prendre la mouche » et « Reprendre du poil de la bête ».