Bouton de fièvre : remèdes de grand-mère et quand consulter
Comment soigner un bouton de fièvre ?
Le bouton de fièvre pique, il tire, et il tombe toujours au mauvais moment. Une chose est à savoir avant tout le reste : il guérit seul, la poussée met une dizaine de jours à se refermer, et aucun remède de grand-mère ne raccourcit ce délai. Ce qu’ils peuvent faire, en revanche, c’est rendre ces quelques jours moins pénibles et éviter que le virus se promène ailleurs. C’est déjà beaucoup.
Voici, en un coup d’œil, le geste qui correspond à votre situation.
| Votre situation | Le geste conseillé |
|---|---|
| Ça picote, le bouton n’est pas sorti | Le froid : un glaçon dans un linge, 5 à 10 minutes |
| Le bouquet de vésicules est sorti | Le miel ou la propolis, en couche fine, au coton-tige |
| La peau tire et démange | Une infusion de mélisse refroidie, au coton |
| Une croûte s’est formée | Le bicarbonate en pâte, puis on rince, et on ne gratte pas |
| La croûte est tombée, la peau est neuve | Le gel d’aloe vera, pour éviter une marque |
| Un œil devient rouge ou sensible à la lumière | Consultation le jour même |
Reconnaître un bouton de fièvre
L’herpès labial est une maladie virale de la peau, récidivante, due au virus Herpes simplex de type 1. Il est extrêmement répandu : environ 90 % des adultes hébergent ce virus à l’état latent, et 20 % seulement font des poussées à répétition (ameli.fr, Reconnaître un herpès labial). La première rencontre a lieu le plus souvent dans la petite enfance, entre 6 mois et 4 ans, et elle passe généralement inaperçue. Le virus reste ensuite dans l’organisme pour la vie et se réveille par intermittence.
Avant l’éruption viennent les signes avant-coureurs, et ce sont eux qu’il faut apprendre à reconnaître : une chaleur, un picotement, une sensation de brûlure et de tension sur une petite zone du contour de la lèvre, qui rougit. Ils précèdent le bouton de 6 heures à 2 jours. Puis apparaît le bouquet de vésicules remplies de liquide.
Ces vésicules sèchent en une dizaine de jours, et la cicatrisation complète demande 2 à 3 semaines. Elle se fait sans laisser de trace, à condition que les croûtes n’aient pas été arrachées (ameli.fr, Herpès de la lèvre : consultation, traitement et évolution).
Les poussées reviennent volontiers à l’occasion d’une infection avec fièvre, d’une exposition au soleil ou au froid, des règles, du stress, de la fatigue ou d’un traumatisme. Si le soleil est votre déclencheur, protégez vos lèvres comme le reste : nos conseils pour soulager et prévenir un coup de soleil valent aussi pour cette zone-là.
À ne pas confondre avec l’aphte, qui siège à l’intérieur de la bouche et n’est pas contagieux : si votre lésion est en bouche et non sur la lèvre, ce sont nos remèdes contre l’aphte qu’il vous faut.
Avant de commencer
Quatre précautions valent pour tous les gestes qui suivent.
- Lavez-vous les mains avant et après chaque application, soigneusement et au savon. C’est la consigne de l’Assurance maladie, et elle vaut autant pour ne pas transmettre le virus que pour ne pas vous le porter ailleurs.
- Un coton-tige neuf à chaque fois. Jamais deux fois le même, jamais celui qui a déjà touché la lésion replongé dans le pot.
- Agissez au picotement. C’est là que la crise se joue, pas quand le bouquet est installé.
- Rien qui pique sur la lésion. L’Assurance maladie déconseille de désinfecter un bouton de fièvre à l’alcool ou avec des produits de toilette alcoolisés, qui irritent et entretiennent l’herpès (ameli.fr, Que faire et quand consulter). Cette seule règle range dehors tout ce qui brûle.
5 remèdes de grand-mère pour passer la crise
La glace, dès les premiers picotements
Enveloppez 1 ou 2 glaçons dans un linge propre et fin, un mouchoir en tissu par exemple, et appliquez sur la zone qui picote 5 à 10 minutes au maximum. Laissez ensuite passer 10 minutes avant de recommencer, le temps que la circulation se rétablisse. 4 à 5 fois par jour pendant les 48 premières heures. Jamais de glaçon à même la peau : le froid direct et prolongé abîme les tissus. À éviter si vous souffrez d’un syndrome de Raynaud ou d’un trouble de la sensibilité de la peau.
Ce qu’on en sait. Rien n’établit que le froid empêche le bouton de sortir. C’est en revanche le geste que nos grands-mères faisaient en premier, il apaise la brûlure sur le moment, et il ne présente aucun risque appliqué ainsi.
Le miel, et la propolis
Badigeonnez le bouton d’une couche fine de miel au coton-tige, laissez agir 15 à 20 minutes, puis rincez délicatement à l’eau tiède et séchez en tamponnant. 3 à 4 fois par jour. La tradition retient surtout le miel de thym et le miel de Manuka, mais un miel de qualité fait l’affaire.
La propolis se pratique de la même manière et prend volontiers le relais : 1 goutte de teinture sans alcool (ou d’extrait aqueux) déposée sur le bouton au coton-tige, jusqu’à 5 fois par jour. Certains l’alternent avec le miel, la propolis dans la journée et le miel le soir. Attention, elle colore légèrement la peau sur le moment, et elle est à écarter en cas d’allergie aux produits de la ruche ou d’asthme, comme le miel.
Ce qu’on en sait. Le miel est un pansement de nos campagnes depuis toujours, et la propolis le « ciment » que les abeilles emploient pour assainir la ruche. Nous n’avons pas trouvé de travaux établissant que l’un ou l’autre raccourcisse une poussée d’herpès, et nous préférons le dire. Ils ont pour eux d’être doux, de ne pas piquer et de garder la croûte souple.
L’aloe vera, quand la peau se referme
Prélevez le gel frais d’une feuille d’aloe conservée au réfrigérateur, ou utilisez un gel pur du commerce, sans additif. Appliquez-en une couche généreuse sur le bouton et le pourtour, plusieurs fois par jour. C’est le geste de la fin de poussée, celui qui accompagne la peau neuve une fois la croûte tombée. Nous l’employons dans la même logique après une brûlure légère, une fois la zone refroidie.
Ce qu’on en sait. L’aloe est apaisant et hydratant. Qu’il empêche une marque de s’installer relève en revanche de l’usage, pas de la démonstration : son mérite est de ne rien assécher au moment où la peau en a le plus besoin.
La mélisse
Faites infuser une cuillère à café de feuilles de mélisse dans une tasse d’eau bouillante, laissez refroidir complètement, filtrez, puis tamponnez la zone au coton, plusieurs fois par jour. Une crème ou un baume à la mélisse de pharmacie fait le même office.
Ce qu’on en sait. La mélisse est la plante que la tradition associe depuis le plus longtemps aux boutons de fièvre. Attention toutefois à ne pas confondre l’infusion et l’eau de mélisse des Carmes, qui est une préparation alcoolisée : celle-là n’a pas sa place sur une lèvre fissurée, pour la raison donnée plus haut.
Le bicarbonate de soude
Versez une pincée de bicarbonate alimentaire dans une petite coupelle propre, puis ajoutez l’eau goutte à goutte, 5 gouttes suffisent, en mélangeant à la cuillère jusqu’à obtenir une pâte épaisse comme du dentifrice. Trop liquide, on rajoute de la poudre ; trop épaisse, une goutte d’eau. Déposez-en une noisette sur le bouton au coton-tige neuf, laissez sécher 10 à 15 minutes (la pâte pâlit et se craquelle, c’est normal), puis retirez à l’eau tiède. 2 fois par jour, 3 jours au maximum, et vous hydratez ensuite au gel d’aloe vera.
Ce qu’on en sait. On a longtemps dit que le bicarbonate asséchait le bouton et stoppait sa croissance. Rien ne l’établit, et nous ne le répéterons pas. Le geste reste sans danger, à une condition de calendrier : on le réserve au tout début de la poussée ou au stade de la croûte. Une vésicule qui vient d’éclater est une plaie ouverte, on ne lui met pas une pâte dessus, et on ne la manipule pas deux fois par jour pour la rincer.
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C’est le point le plus important de cette page, et c’est celui qu’on oublie toujours.
Le liquide contenu dans les vésicules est chargé en virus, et vous êtes contagieux dès l’apparition des signes précurseurs et jusqu’à la formation des croûtes. Le virus se transmet par contact direct avec la lésion et par la salive. Il est fragile et ne survit pas longtemps dans le milieu extérieur, ce qui rend les règles simples à tenir (ameli.fr, Prévenir la survenue de l’herpès labial).
- N’embrassez personne pendant la poussée, et surtout pas un nourrisson, un jeune enfant ou une personne immunodéprimée. Chez eux, ce virus banal ne l’est plus.
- Ne partagez rien de ce qui touche votre bouche : serviette, verre, couverts, baume à lèvres, rouge à lèvres.
- Pas de sport de contact tant que la lésion n’est pas croûteuse.
- Pas de rapport bucco-génital : c’est ainsi que le virus de la lèvre se retrouve sur les organes génitaux.
- Si vous portez des lentilles, lavez-vous les mains avant de les manipuler et ne les humidifiez jamais avec votre salive.
Et surtout, ne portez pas le virus à vos yeux. Gratter la lésion puis se frotter un œil ou une paupière expose à une kératite herpétique, c’est-à-dire à une atteinte de la cornée, qui se manifeste par une douleur, une rougeur, une gêne à la lumière et parfois des vésicules sur la paupière. L’Assurance maladie parle d’un « risque important d’auto-contamination ». Un œil rouge et douloureux n’a pas toujours cette cause, il peut s’agir d’un simple orgelet, mais quand un bouton de fièvre est en cours, la question se tranche chez le médecin, le jour même.
Les erreurs à éviter
- Ne posez ni citron, ni ail, ni oignon sur la lésion. Ces trois remèdes ont longtemps circulé contre le bouton de fièvre. Le jus de citron est acide, l’ail et l’oignon crus s’appliquent en frottant : sur une vésicule ouverte, on irrite une plaie et on étale le liquide qui contient le virus.
- Jamais d’huile essentielle pure sur un bouton de fièvre, arbre à thé compris. Une huile essentielle se dilue toujours, ne s’applique pas sur une lésion ouverte, et le bord de la lèvre est une muqueuse. En cas d’accident, voici les bons réflexes en cas de surdosage d’huile essentielle.
- Ne percez pas le bouton et n’arrachez pas la croûte, même quand elle tire : c’est elle qui protège la peau en reconstruction dessous.
- Ne désinfectez pas à l’alcool ni avec un produit de toilette alcoolisé.
- Ne posez sur la lésion ni maquillage couvrant, ni crème à la cortisone, ni crème antibiotique. L’Assurance maladie écarte les trois : les deux dernières n’ont aucun effet sur un virus et peuvent aggraver la poussée.
Quand consulter
Un bouton de fièvre ordinaire ne relève pas d’un appel d’urgence. Les repères qui suivent sont ceux de l’Assurance maladie (ameli.fr, Que faire et quand consulter).
Consultez le jour même si :
- un œil devient douloureux, rouge ou sensible à la lumière ;
- la poussée s’accompagne d’une fièvre élevée ou d’une douleur intense ;
- vous êtes immunodéprimé.
Prenez rendez-vous dans les jours qui viennent si :
- vous avez un doute sur la nature de la lésion ;
- la poussée est plus sévère que d’habitude, ou le bouton s’étend ;
- le bouton n’a pas cicatrisé au bout de 10 jours ;
- les poussées sont fréquentes, c’est-à-dire au moins six fois par an. Un traitement de fond existe pour ce cas précis, votre médecin vous dira s’il vous concerne.
Trois situations, enfin, ne se gèrent jamais à la maison, même quand l’éruption paraît discrète, et nous ne proposons aucun remède pour elles : celle d’un nourrisson, celle d’une personne dont la peau est déjà fragilisée par un eczéma étendu, et celle d’une personne immunodéprimée. Si vous êtes enceinte, signalez simplement vos poussées lors du suivi de grossesse.
Un bouton de fièvre qui ne guérit pas n’est pas forcément un bouton de fièvre : c’est la raison d’être de cette liste.
FAQ
Les crèmes antivirales de la pharmacie servent-elles à quelque chose ?
Oui, avec une condition de timing. Ces crèmes contiennent de l’aciclovir dosé à 5 % ou du docosanol dosé à 10 %, et elles ne bloquent la multiplication du virus que si l’application commence dès les signes avant-coureurs, pas quand le bouton est sorti. La crème anesthésiante, elle, atténue seulement les symptômes. Votre pharmacien vous dira laquelle correspond à votre cas.
Mon bouton de fièvre est gonflé, est-ce inquiétant ?
Un gonflement de la lèvre accompagne souvent la poussée et n’a rien d’anormal en soi. Ce qui doit vous décider à consulter, c’est un gonflement qui s’étend nettement au-delà du bouton, une douleur intense, de la fièvre, ou une lésion qui ne cicatrise pas au dixième jour.
Faut-il éviter le chocolat et les noix pendant une poussée ?
C’est un conseil qui circule beaucoup, fondé sur l’idée que certains aliments riches en arginine favoriseraient le virus et que d’autres, riches en lysine, le freineraient. Nous n’avons trouvé aucune source institutionnelle qui l’établisse, et nous ne conseillons donc pas de régime d’éviction. Si vous constatez chez vous une répétition, notez-la, mais ne vous privez pas sur la foi d’une règle non démontrée.
Faut-il changer sa brosse à dents après un bouton de fièvre ?
Le virus est fragile et ne survit pas longtemps hors du corps : l’enjeu de la brosse à dents est donc faible, et la remplacer une fois la croûte tombée relève surtout du confort. Le baume à lèvres, lui, se remplace sans hésiter, parce qu’il est passé sur la lésion elle-même, et il ne se prête jamais à personne.
Comment éviter que le bouton revienne à chaque exposition au soleil ?
En traitant le soleil comme le déclencheur qu’il est. L’Assurance maladie recommande d’identifier les circonstances qui provoquent vos récidives et de les éviter autant que possible, et cite pour le soleil l’usage d’un écran solaire à haute protection. Pour qui fait un bouton à chaque séjour en montagne ou à la mer, un stick à lèvres à indice élevé, appliqué et renouvelé, est le geste le plus rentable de cette page. Le froid vif appelle la même vigilance.
Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.