D’où vient l’expression « se faire de la bile » ?

D’où vient l’expression « se faire de la bile » ?

Virginie Verglas Mis à jour le 27/07/2026 1 min

« Se faire de la bile » consiste à s’inquiéter, se faire du souci. La bile est un liquide visqueux produit par le foie. C’est à la médecine de l’Antiquité que l’image remonte, mais l’expression française elle-même est bien plus tardive : le mot « bile » n’apparaît en français qu’en 1539, et Molière emploie « échauffer la bile » en 1660.

Selon la théorie des quatre humeurs, participant aux bases de la médecine antique, le corps produit deux types de bile : la bile jaune, attribuée au foie et associée à la colère, et la bile noire, ou atrabile, attribuée à la rate et correspondant à la tristesse et à la mélancolie. Aujourd’hui nous savons que seule la bile dite « jaune » existe. Mais à l’époque on attribue aux émotions négatives l’augmentation de la production de la bile noire.

La théorie des humeurs fut progressivement abandonnée aux 18e et 19e siècles mais l’expression a su traverser les siècles jusqu’à nous parvenir. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à faire référence à la sécrétion d’un liquide corporel. On peut par exemple citer « se faire un sang d’encre ».

Cette expression fait partie de nos expressions qui parlent du corps. Dans la même famille : « se mettre martel en tête » et « se mettre en quatre ».

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2011. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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