Règles douloureuses, les meilleurs remèdes naturels pour les soulager
Les règles douloureuses, que les médecins appellent dysménorrhées, sont l’un des maux les plus répandus et l’un des plus banalisés. Cette page rassemble ce qui soulage vraiment au quotidien, avec les quantités et les précautions de chaque remède, et surtout ce qui ne doit jamais être mis sur le compte du cycle. Car une douleur de règles peut être simplement pénible, et elle peut être le signe d’autre chose.
Comprendre les douleurs de règles
Qu’est-ce que la dysménorrhée ?
L’Assurance maladie définit la dysménorrhée comme les douleurs abdominopelviennes qui précèdent ou accompagnent les règles. Elles durent le plus souvent un à trois jours, commencent avec les saignements, et reviennent à chaque cycle (Assurance maladie). On en distingue deux formes, et la différence entre les deux est le fil de toute cette page.
- La dysménorrhée primaire apparaît à l’adolescence, dans les mois qui suivent les premières règles. Elle est liée à un excès de sécrétion de prostaglandines par la muqueuse utérine, qui provoque des contractions anormales de l’utérus. Elle concerne 50 à 70 % des adolescentes, de façon permanente ou occasionnelle, et s’atténue ou disparaît spontanément au bout de quelques années dans la majorité des cas.
- La dysménorrhée secondaire survient plus tard, chez une femme dont les règles étaient jusque-là peu ou pas douloureuses. Une cause doit toujours être recherchée : endométriose, fibrome utérin, polype de l’endomètre, dispositif intra-utérin au cuivre, changement de contraception hormonale.
Les gestes de confort décrits plus bas s’adressent à la première. Face à la seconde, ils ne remplacent pas une consultation, et c’est pour cela que nous commençons par là. Une précision de vocabulaire, au passage : le syndrome prémenstruel précède les règles et s’arrête quand elles arrivent, la dysménorrhée est la douleur pendant les règles. Ce ne sont pas les mêmes troubles et ils n’appellent pas les mêmes gestes.
Les symptômes qui accompagnent les douleurs
Les douleurs menstruelles vont rarement seules. Selon les femmes et les cycles, on retrouve des crampes dans le bas-ventre, des douleurs dans le bas du dos, des nausées ou des vomissements, des diarrhées ou une constipation, des maux de tête, une fatigue intense, une irritabilité. Aucun de ces signes pris isolément ne dit quoi que ce soit de la cause : c’est leur intensité et leur évolution qui comptent.
Quand une douleur de règles n’est plus normale
C’est la section la plus importante de cette page, et elle passe avant les remèdes pour une raison simple : un remède qui soulage une douleur peut aussi retarder un diagnostic.
Consultez votre médecin si vos douleurs ne sont pas soulagées par les médicaments anti-inflammatoires, si elles apparaissent à l’âge adulte alors que vos règles étaient jusque-là peu douloureuses, si elles s’aggravent anormalement, si elles durent plusieurs jours avant et après les règles, ou si elles ont un retentissement important sur votre vie quotidienne, absences scolaires ou professionnelles comprises (Assurance maladie).
Consultez également en cas de fièvre, de pertes vaginales anormales, de saignements entre les règles, de règles anormalement abondantes, de douleurs pendant les rapports sexuels, ou de troubles digestifs évoquant un intestin irritable. Ces signes figurent dans la même liste.
L’endométriose, la maladie qu’on ne cherche pas assez
L’endométriose est la présence, en dehors de l’utérus, de fragments de muqueuse utérine. Elle touche près de 10 % des femmes en âge d’avoir des enfants, soit entre 1,5 et 2,5 millions de femmes en France, et l’Assurance maladie écrit que « les femmes sont confrontées à un retard diagnostique quasi systématique, qui est d’au moins 8 ans » (Assurance maladie).
Huit ans, c’est le temps pendant lequel une femme s’entend dire que c’est normal. Voici ce qui doit alerter, tel que la même source le décrit (Assurance maladie) :
- des douleurs dans le bas du ventre, souvent fortes et peu calmées par le paracétamol et les anti-inflammatoires ;
- des douleurs profondes pendant les rapports sexuels, ce que les médecins appellent une dyspareunie ;
- des douleurs à la défécation, avec une gêne à l’évacuation des selles, parfois des traces de sang ;
- des douleurs ou une gêne à la miction ;
- des ballonnements, des troubles du transit, un gonflement soudain du ventre ;
- une fatigue chronique ;
- une difficulté à concevoir, l’endométriose étant parfois découverte lors d’un bilan d’infertilité.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique, l’échographie endovaginale et, quand celle-ci n’est pas concluante, l’IRM. Notre page sur l’endométriose et ses symptômes détaille la maladie et ses prises en charge.
Un geste très concret prépare la consultation : notez sur deux ou trois cycles les dates, l’intensité de la douleur, ce que vous avez pris et si cela a agi. Un carnet vaut mieux qu’un souvenir.
Les remèdes naturels contre les douleurs de règles
Ce qui suit relève du confort et de la tradition. Rien n’y remplace ce qui précède.
La chaleur sur le bas-ventre
C’est le geste le plus simple et l’un des rares que l’Assurance maladie cite elle-même parmi les mesures à prendre, avec le massage du ventre et une activité douce comme la marche ou la natation.
Appliquez une bouillotte chaude, mais non brûlante, sur le bas-ventre pendant 20 à 30 minutes. Enveloppez toujours la bouillotte dans un tissu, la peau du ventre brûle vite et une brûlure à basse température ne se sent pas venir. L’application se renouvelle plusieurs fois par jour. Les bouillottes aux noyaux de cerises ou aux graines de lin donnent une chaleur plus douce et plus diffuse.
En déplacement, les patchs chauffants autocollants vendus en pharmacie rendent le même service. Un bain chaud fait tout aussi bien l’affaire à la maison, et les autres usages de la bouillotte valent d’être connus.
Le gingembre
Le gingembre (Zingiber officinale) est l’un des remèdes les plus employés de la période, et sa préparation ne demande rien.
- Ingrédients : 1/2 cuillère à café (2 g) de gingembre frais râpé, ou 1/4 de cuillère à café de gingembre sec en poudre, et 250 ml d’eau.
- Préparation : pelez et râpez finement le gingembre, versez l’eau frémissante dessus, couvrez et laissez infuser 10 minutes. Un peu de miel et quelques gouttes de citron adoucissent le goût.
- Fréquence : jusqu’à 3 tasses par jour pendant les règles, de préférence entre les repas. Limitez l’usage à 7 jours.
Déconseillé en cas de traitement anticoagulant ou antiplaquettaire, de calculs biliaires, d’ulcère gastrique ou de reflux gastro-œsophagien. Cessez la prise 7 jours avant toute intervention chirurgicale. Pendant la grossesse, ne dépassez pas 1 g par jour. Les autres usages du gingembre suivent les mêmes précautions.
Le fenouil
Les graines de fenouil sont un classique du répertoire, d’autant qu’elles s’adressent aussi à la digestion, souvent perturbée pendant les règles.
Versez 150 ml d’eau frémissante sur 2 g de graines, soit une cuillère à café, couvrez et laissez infuser 10 minutes avant de filtrer. Buvez 2 à 3 tasses par jour, une trentaine de minutes avant les repas, dès l’apparition des douleurs. Le geste qui change le résultat : écrasez légèrement les graines juste avant de les infuser.
Contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement, chez l’enfant de moins de 12 ans, en cas d’allergie connue aux Apiacées (fenouil, anis, carotte, céleri) et en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant du sein, de l’utérus ou de l’ovaire.
La cannelle de Ceylan
Privilégiez toujours la cannelle de Ceylan (Cinnamomum verum) plutôt que la cannelle Cassia : elle contient beaucoup moins de coumarine, une molécule mal tolérée à dose élevée. Nous détaillons ailleurs comment distinguer les deux cannelles, et la différence se voit à l’œil.
Portez 150 ml d’eau à ébullition, retirez du feu, ajoutez 1 cuillère à café (environ 2 g) d’écorce de cannelle moulue, couvrez et laissez infuser 5 à 10 minutes, puis filtrez. Une à deux tasses par jour pendant les règles, de préférence après les repas. C’est la préparation que détaille notre remède à la cannelle contre les règles douloureuses, pas à pas.
Déconseillée en cas de règles très abondantes et si vous prenez des anticoagulants.
Le magnésium, en préventif
Le magnésium participe au fonctionnement musculaire et nerveux, et beaucoup de femmes le prennent en amont des règles. Nous n’avons pas trouvé de référence établissant son effet sur les crampes menstruelles, et nous n’en parlons donc pas autrement que comme d’une habitude répandue, exactement comme pour la cure de magnésium contre le stress.
Le bisglycinate de magnésium est la forme la mieux tolérée sur le plan digestif, loin devant l’oxyde. Il se prend quelques jours avant les règles, ou de façon plus régulière selon les conseils de votre médecin ou de votre pharmacien.
À éviter en cas d’insuffisance rénale.
Le framboisier
Les feuilles de framboisier (Rubus idaeus) sont employées de longue date en phytothérapie pour le confort menstruel, ce qui leur a valu le surnom d’herbe des femmes.
Versez 250 ml d’eau frémissante sur 1 cuillère à soupe (environ 3 g) de feuilles séchées, couvrez, laissez infuser 10 à 15 minutes et filtrez. Deux tasses par jour, le matin et l’après-midi, en commençant une semaine avant les règles. C’est un remède qui se juge sur plusieurs cycles, pas sur une tasse. Son goût se marie bien avec un peu de miel ou de menthe fraîche.
Déconseillé pendant la grossesse, sauf préparation à l’accouchement sur avis médical.
Les autres plantes du répertoire
Trois plantes reviennent traditionnellement dans les tisanes de cette période. Nous n’avons trouvé aucune référence institutionnelle établissant leur effet sur les douleurs menstruelles, et nous les donnons donc pour ce qu’elles sont : un usage transmis.
- L’achillée millefeuille : 2 à 3 tasses d’infusion par jour pendant les règles.
- La sauge officinale : 2 cuillères à café de feuilles séchées infusées 10 minutes, 2 tasses par jour. À éviter pendant la grossesse et l’allaitement, et en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant.
- La valériane officinale, plutôt pour le sommeil et la détente : 1 à 2 gélules dosées à 200 mg matin et soir, ou 30 gouttes de teinture mère 3 fois par jour. Elle peut renforcer la somnolence causée par d’autres traitements : demandez l’avis de votre pharmacien.
Les huiles essentielles, en massage dilué
Les huiles essentielles s’emploient ici en massage sur le bas-ventre, toujours diluées dans une huile végétale, jamais pures.
| Huile essentielle | Usage traditionnel | Dilution et fréquence |
|---|---|---|
| Estragon | Antispasmodique | 1 goutte dans 9 gouttes d’huile végétale, 2 fois par jour |
| Sauge sclarée | Antispasmodique | 1 goutte dans 9 gouttes d’huile végétale, 2 fois par jour |
| Gaulthérie | Antalgique local | 1 goutte dans 9 gouttes d’huile végétale, 2 fois par jour. À écarter si vous êtes allergique à l’aspirine |
Contre-indiquées chez la femme enceinte ou allaitante et chez l’enfant de moins de 6 ans. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien si vous suivez un traitement, en particulier un anticoagulant. Nos règles d’utilisation des huiles essentielles valent ici comme ailleurs.
Le yoga et les étirements doux
Ces postures se pratiquent lentement, sans forcer, dix à quinze minutes.
- Balasana, la posture de l’enfant : à genoux, asseyez-vous sur les talons, penchez-vous en avant, front au sol, bras tendus. Respirez profondément 1 à 2 minutes. Elle relâche la zone lombaire et le bassin.
- Marjaryasana-Bitilasana, le chat-vache : à quatre pattes, alternez dos rond et dos creusé en suivant votre respiration, 10 cycles lents.
- Supta baddha konasana, le papillon couché : sur le dos, genoux pliés et plantes de pieds jointes, laissez les genoux s’ouvrir. Mains sur le ventre.
- Apanasana : sur le dos, ramenez les genoux vers la poitrine, entourez-les de vos bras et faites de petits cercles.
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienMieux vivre ses règles au quotidien
Ces habitudes ne suppriment pas une douleur, elles rendent la période plus facile à traverser.
- Une activité physique douce et régulière, toute l’année et pas seulement pendant les règles : marche, natation, vélo.
- Beaucoup d’eau, tiède plutôt que glacée.
- Une alimentation riche en oméga-3 : poissons gras, graines de lin, noix.
- Moins de café, d’alcool et de sel pendant ces quelques jours, si vous constatez qu’ils vous gênent.
- Du repos, et du sommeil : les nuits comptent autant que les journées.
- Un journal menstruel, pour repérer vos propres déclencheurs et vos propres cycles. C’est aussi ce qui rendra une consultation utile.
- L’arrêt du tabac, que l’Assurance maladie mentionne parmi les mesures à prendre.
Réponses aux questions fréquentes
Combien de temps peut-on prendre un anti-inflammatoire pendant les règles ?
L’Assurance maladie indique que le traitement est plus efficace pris le plus tôt possible, dès l’apparition des douleurs, et que deux à trois jours au maximum suffisent. Elle précise aussi qu’on ne combine jamais deux anti-inflammatoires.
Les douleurs de règles s’atténuent-elles avec le temps ?
Souvent, oui, lorsqu’elles existent depuis l’adolescence : la dysménorrhée primaire s’atténue ou disparaît spontanément au bout de quelques années dans la majorité des cas. Ce n’est pas vrai d’une douleur apparue à l’âge adulte, qui fait au contraire chercher une cause.
Un stérilet peut-il rendre les règles plus douloureuses ?
Oui. L’Assurance maladie cite le dispositif intra-utérin, notamment au cuivre, parmi les causes de dysménorrhée secondaire, au même titre qu’un changement de contraception hormonale. C’est une raison d’en parler à votre médecin, pas de renoncer à votre contraception.
Peut-on donner ces remèdes à une adolescente ?
La chaleur, le massage, le yoga et l’activité douce, oui, sans réserve. Le fenouil, non : il est contre-indiqué avant 12 ans. Les huiles essentielles ne s’utilisent pas avant 6 ans et demandent l’avis d’un pharmacien ensuite. Et des règles qui font manquer les cours ne se gèrent pas seules : elles se consultent.
Comment savoir si mes douleurs relèvent d’une endométriose ?
Vous ne pouvez pas le savoir seule, et c’est justement le problème que pose cette maladie. Les signes qui justifient d’en parler à un médecin sont réunis plus haut, et le diagnostic passe par un examen clinique, une échographie endovaginale et parfois une IRM.
Les conseils de nos grands-mères
Nos aïeules n’avaient ni bouillotte électrique ni bisglycinate, et elles avaient leurs gestes. On les transmet tels quels, pour ce qu’ils valent : une infusion de persil frais pour calmer les crampes, un cataplasme d’argile tiède sur le bas-ventre, un massage du ventre dans le sens des aiguilles d’une montre à l’huile d’amande douce. Les trois remèdes de grand-mère les plus courants tiennent d’ailleurs en une bouillotte et deux infusions.
Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.