Pourquoi dit-on « un tire-au-flanc » ?
On peut dire d’une personne fainéante qu’elle est un « tire-au-flanc ». Elle cherche continuellement à échapper à l’effort et au travail. Cette expression est née dans l’armée, mais plus tard qu’on ne le dit souvent : elle n’est relevée qu’en 1887, à la fin du 19e siècle, pour désigner le soldat qui se dérobe au service. Le « flanc » n’y est pas celui d’un champ de bataille. Les dictionnaires renvoient à l’image du cheval qui tire de côté au lieu d’avancer, autrement dit qui se dérobe à l’effort. On lit parfois que les soldats auraient fui la première ligne pour les côtés du front, moins exposés : c’est une reconstruction, aucune source sérieuse ne la retient.
Progressivement c’est par cette expression que les autres combattants se mirent à nommer ceux qui adoptaient un comportement dénué d’héroïsme. Par la suite l’expression a gardé une connotation moqueuse tout en trouvant à s’appliquer à tous les domaines de la vie, notamment le travail et les corvées.
Cette expression fait partie de nos expressions nées de l’Histoire. Dans la même famille : « une arme blanche » et « à la mode de Bretagne ».