Pourquoi dit-on « à la bonne franquette » ?
Passer une soirée « à la bonne franquette » signifie sans complications, sans chichi ni manières inutiles. Si une invitation se passe « à la bonne franquette » alors les petits plats ne sont pas mis dans les grands !
Dès le milieu du 17e siècle on trouve l’expression « à la franquette ». Le mot « franquette » est un dérivé de « franc » formé avec le suffixe diminutif « -ette », sur un modèle normanno-picard. La locution est utilisée à cette époque pour dire « en toute franchise ». Un siècle plus tard, en 1741 chez Favart, apparaît « à la bonne franquette », qui prend dès lors le sens de « en toute simplicité ».
Mais il faut ajouter que Jean Maillet souligne que jusqu’à la fin du 18e siècle, le peuple disait « parler à la franquette » ou « agir à la franquette » pour exprimer l’absence de manières et façons.
On entend aussi dire qu’avant le mot « franquette » on utilisait celui de « flanquette », « agir à la flanquette » signifiant « agir franchement », le « L » ayant par la suite été roulé en « R ». Les dictionnaires ne retiennent pas cette filiation : ils enregistrent bien une variante « à la bonne flanquette », mais comme une altération régionale et tardive, non comme la forme d’origine.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « à la six quatre deux » et « les absents ont toujours tort ».