Les expressions françaises de la maison, de la table et de l’argent
C’est le fonds le plus large, et le plus proche de nous : ce qu’on mange, ce qu’on porte, la famille et l’argent. Pendre la crémaillère renvoie à la tige de fer qui tenait la marmite dans la cheminée ; joindre les deux bouts, à un budget qu’on ferme ou qu’on ne ferme pas.
Voici cinquante-neuf expressions de la vie de tous les jours, rangées par domaine. Beaucoup décrivent des objets que plus personne n’a chez soi, ce qui explique qu’on ne les comprenne plus.
La table et la cuisine
- « à la bonne franquette » : sans façons, en toute simplicité.
- « boire à tire-larigot » : boire sans retenue. Une célèbre légende normande l’attribue à une cloche de Rouen, mais les lexicographes penchent pour une tout autre origine.
- « danser devant le buffet » : n’avoir rien à manger.
- « être soupe au lait » : s’emporter en un instant.
- « manger les pissenlits par la racine » : être mort et enterré.
- « pot-pourri » : un mélange de choses disparates.
- « le pot aux roses » : le secret que l’on finit par découvrir.
- « en rang d’oignons » : alignés sur une même ligne.
- « pendre la crémaillère » : consiste à inviter des amis quand on s’installe dans une nouvelle maison ou un nouvel appartement.
La maison et les objets
- « Ça sent le sapin » : la fin est proche.
- « Une mine de papier mâché » : un teint pâle et fatigué.
- « du dernier cri » : les dictionnaires ne relèvent cette expression qu’à la fin du 19e siècle, mais son image vient des crieurs publics du Moyen-âge.
- « de l’eau dans le gaz » : le désaccord couve.
- « être dans de beaux draps » : se trouver dans une situation fâcheuse.
- « être dans les clous » : respecter les limites imposées.
- « Jeter le bébé avec l’eau du bain » : tout rejeter, y compris ce qui était bon.
- « le torchon brûle » : la brouille est ouverte entre deux personnes.
- « Le pot de terre contre le pot de fer » : un affrontement perdu d’avance.
- « rester en carafe » : être laissé en plan.
- « un soleil de plomb » : une chaleur extérieure écrasante.
- « n’y voir que du feu » : être berné sans s’apercevoir de rien.
- « voir midi à sa porte » : juger de tout selon son seul intérêt.
- « une vie de bâton de chaise » : une vie agitée et désordonnée.
La famille, l’amour et le voisinage
- « avoir un Jules » : avoir un amoureux.
- « cadet » : l’enfant né après l’aîné.
- « cousin germain » : les enfants dont les parents sont frères ou sœurs.
- « conter fleurette » : tenter de séduire par les mots.
- « faire du gringue » : consiste à draguer quelqu’un, chercher à le séduire.
- « faire la cour » : a d’abord eu une signification en lien avec la flatterie.
- « porter des cornes » : avoir été trompé par sa femme ou son mari.
- « un nom à coucher dehors » : un patronyme très compliqué qu’il est difficile de garder en mémoire avec exactitude.
- « un mauvais coucheur » : une personne désagréable, difficile à vivre et dont la sociabilité est limitée.
- « un gros bonnet » : quelqu’un d’importance, socialement ou financièrement.
- « coller aux basques » : suivre quelqu’un de très près, ne pas le lâcher et devenir de ce fait un poids pour celui qui subit cette proximité…
- « s’attirer des bricoles » : c’est-à-dire des ennuis, dont la gravité pousse souvent leur auteur devant les tribunaux.
- « se faire du mouron » : se faire beaucoup de souci.
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienL’argent et le commerce
- « cracher au bassinet » : payer à contrecœur.
- « dernier carat » : la toute dernière limite.
- « joindre les deux bouts » : boucler son budget, difficilement.
- « Avoir maille à partir » : avoir un différend avec quelqu’un.
- « payer les violons » : payer pour les autres.
- « payer en monnaie de singe » : payer en promesses, donc ne pas payer.
- « Payer rubis sur l’ongle » : payer comptant, jusqu’au dernier centime.
- « pour des prunes » : pour rien, en pure perte.
- « que dalle » : rien du tout.
- « toucher le pactole » : toucher une somme considérable.
- « treize à la douzaine » : en très grand nombre.
- « trois francs six sous » : une somme d’argent ridicule.
- « Un chèque en bois » : un chèque sans provision.
- « une note salée » : une addition d’un montant excessif.
Le temps qui passe et le reste
- « à la six quatre deux » : à la va-vite, bâclé.
- « les absents ont toujours tort » : qui n’est pas là ne peut pas se défendre.
- « belle lurette » : il y a bien longtemps.
- « se tenir droit dans ses bottes » : remise au goût du jour par Alain Juppé en 1995 cette expression n’a pas d’origine totalement attestée.
- « en catimini » : en cachette, discrètement.
- « être baba » : rester stupéfait.
- « par monts et par vaux » : partout, en tous lieux.
- « tomber des nues » : être stupéfait par ce qu’on n’attendait pas.
- « tout de go » : directement, sans préambule ni précaution.
Toutes nos expressions
Ce dossier fait partie de notre collection sur les expressions françaises. Vous pouvez aussi parcourir les expressions venues des animaux, celles qui parlent du corps, celles nées de l’Histoire, celles venues des jeux et du spectacle, celles héritées des croyances, celles des métiers d’autrefois et celles de la maison et de l’argent.