Quelle est l’origine de l’expression « boire à tire-larigot » ?
Une explication très répandue situe l’origine de cette expression en Normandie. Au 13e siècle, un archevêque du nom d’Eudes Rigaud aurait offert une cloche à la ville de Rouen. Celle-ci fut installée à la cathédrale et prit le nom de La Rigaud. Les dimensions et le calibre de l’objet étaient inédits pour l’époque. Aussi, sonner la cloche nécessitait un effort considérable. Un effort qui mettait ceux qui s’y épuisaient dans un état de fatigue similaire à ceux qui avaient bu beaucoup d’alcool.
Suivant la même idée ils devaient pour reprendre des forces boire énormément. Assoiffés par l’effort ils buvaient ‘à tire la Rigaud’. La Rigaud devenant progressivement larigot. Les lexicographes écartent cependant cette histoire : aucun texte ancien n’y fait allusion, et la locution n’apparaît que deux siècles et demi plus tard. Ils retiennent une explication qui diffère totalement. L’expression, attestée au début du 16e siècle, viendrait de l’association du verbe « tirer », c’est-à-dire aspirer un liquide, et du mot « larigot », tiré d’un vieux refrain et devenu ensuite le nom d’une petite flûte. « Boire à tire larigot » aurait alors désigné le fait de siffler le vin des bouteilles à la manière de ceux qui jouaient de l’instrument.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « Ça sent le sapin » et « cadet ».