Pourquoi dit-on « conter fleurette » ?
L’expression quelque peu désuète « conter fleurette » signifie tenter de séduire par les mots, « faire la cour ». Plusieurs hypothèses existent quant à son origine.
Au 12e siècle, « florette » désignait une petite fleur. Certains y rattachent la pratique consistant à dire à voix haute les mots que l’on écrivait sur du papier où de petites fleurs étaient représentées, mais rien ne vient appuyer cette lecture.
C’est une autre piste que retiennent les dictionnaires : au 16e siècle, le verbe « fleureter » signifiait dire des balivernes, et « fleurette », baliverne et bagatelle. Le mot prend le sens de « propos galant » en 1636 chez Rotrou, et « conter fleurette » est relevé au milieu du 17e siècle. À l’époque comme de nos jours, les mots doux, sans être de purs mensonges, pouvaient justifier le recours à des vérités approximatives.
Une tradition locale évoque enfin Fleurette de Nérac, jeune Néracaise donnée pour l’une des premières maîtresses du futur roi Henri IV, alors prince de Béarn. Les lexicographes n’y voient qu’une légende : la date même de cette liaison varie selon les récits, et l’expression n’est attestée que bien plus tard.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « cousin germain » et « danser devant le buffet ».