Pourquoi dit-on « danser devant le buffet » ?
Danser devant le buffet, signifie « ne rien avoir à manger ».
Les premiers relevés de cette expression datent du début du 19e siècle : on la trouve dans les dictionnaires d’argot dès 1828, puis chez Littré en 1863 et chez Zola. Le buffet dont il s’agit ici est le meuble qui se trouve dans les cuisines. Quand il est vide on ne peut pas s’alimenter. Dans une telle situation on peut concevoir qu’on ait envie de pleurer devant le buffet, ou encore que l’on se sente mal, mais pourquoi donc danser ?
On l’explique le plus souvent par un calembour. Le verbe ‘fringaler’ aurait signifié ‘danser’, comme mélange de ‘fringuer’, ‘sauter, gambader’, et de ‘galer’, synonyme de ‘se réjouir’. Or une ‘fringale’, c’est une grande faim ! Dès lors, avoir faim devant un buffet vide, ce serait se mettre à fringaler, c’est-à-dire à danser.
Le rapprochement est plaisant, mais les dictionnaires ne le suivent pas jusqu’au bout : ils font venir ‘fringale’ d’une altération de ‘faim-valle’, un mal qui frappait les chevaux, l’influence de ‘fringuer’ n’étant qu’une influence seconde.
De cette famille de mots, il nous reste en tout cas l’adjectif « fringant », ainsi que le verbe « fringuer » et les « fringues » d’aujourd’hui.
Cette expression fait partie de nos expressions de la maison et de l’argent. Dans la même famille : « Une mine de papier mâché » et « se tenir droit dans ses bottes ».